Coupure de 300 postes : la direction fait porter aux employés les conséquences de ses échecs

C’est un aveu d’échec que nous a servi notre directrice générale hier matin. Le plan 100 millions $ et ses comités d’optimisation n’ont pas été capables de livrer la marchandise et de générer les économies promises.

Selon plusieurs personnes qui y ont participé, les véritables innovations porteuses, qui dérangeaient et remettaient beaucoup d’habitudes en cause, étaient écartées au profit d’idées symboliques et d’économies de bouts de chandelle.

Parallèlement, les décisions irresponsables d’un gouvernement en fin de régime à Québec ont aggravé la situation budgétaire de la STM.

Donc après avoir, pendant des années, enchaîné les réorganisations confuses, ajouté des couches de gestion en vantant le modèle « matriciel » et continué à confier une partie de notre travail aux firmes de consultants, la direction de la STM déplore aujourd’hui se retrouver dans une « situation financière sans précédent ».

 

300 postes

C’est dans ce contexte que cette direction nous annonce n’avoir d’autre choix que de nous faire porter les conséquences de ses échecs en coupant dans son personnel. Combien chez les professionnel.le.s? Combien de postes vacants? Combien de permanent.e.s se retrouveront en relocalisation? Combien de temporaires perdront leur emploi? Nous ne le savons pas. Il ne semble y avoir aucun plan clair. On plonge tout le monde dans l’angoisse et on verra ensuite. Une STM plus humaine.

 

Un mécanisme de relocalisation qui fonctionne

Avec cette annonce, la STM fait à nouveau la démonstration que les mécanismes de relocalisation prévus à la convention collective fonctionnent. Si des professionnel.le.s voient leur poste aboli, ils seront priorisés sur les prochains affichages et se retrouveront un nouveau poste. Ce fut le cas de tous nos collègues qui se sont retrouvés dans cette situation à la suite des coupures de 2023 et 2024, ainsi qu’en 2016 lors de « l’excellence opérationnelle ».

Même dans une situation « sans précédent », notre convention collective offre déjà toute la flexibilité nécessaire à la STM pour prendre ces décisions « difficiles » et « agir aujourd’hui pour préparer demain ».

La direction de la STM fait ainsi la démonstration concrète que sa demande de négo de retirer la garantie de non-mise à pied de notre convention collective est injustifiée, inutile et contre-productive.

 

Le rythme de la négo

Nous tenons à rectifier les faits à la suite de la déclaration de Marie-Claude Léonard au micro du 98,5 hier à l’effet que notre comité de négociation ne serait pas suffisamment disponible pour faire avancer la négociation.

Il faudrait peut-être que la partie patronale commence par accepter les dates que nous proposons. Pour le début novembre, c’est la partie patronale qui avait moins de disponibilités à nous offrir. Pour décembre, nous avons proposé neuf dates, dont seulement trois ont été retenues pour le moment.

Nous comprenons que Mme Léonard aimerait que les négos avancent plus vite, mais elle a décidé de confier deux des quatre tables de négociation, la nôtre et celle du SCFP 2850, à la même porte-parole patronale! Cette personne ne peut pas se dédoubler, donc si la cadence accélère sur une table, ça ralentit l’autre. Si la direction de la STM veut que ses négociations avancent, elle devrait peut-être y consacrer suffisamment de ressources.

De toutes façons, nos principaux enjeux de négociation ne sont pas une question de nombre de rencontres, mais de volonté de régler.

La STM propose toujours le retrait de notre sécurité d’emploi et 11,5% d’augmentation de salaire sur 5 ans. Si elle se présente à la table de négociation avec de vraies propositions qui sont propices à un règlement, nous pourrions y arriver très vite.

 

SEPB 610

Élections municipales 2025 : qu’ont dit les candidat.e.s sur nos négos?

La campagne électorale municipale tire à sa fin et les bureaux de vote par anticipation seront ouverts ce dimanche 26 octobre à Montréal.

La personne qui dirigera la Ville de Montréal au lendemain du 2 novembre aura une très grande influence sur la vision, les orientations et les priorités de la STM dans les mois et années à venir.

Comme représentants des 800 professionnel.le.s de la STM, dont près de la moitié résident à Montréal, nous avons entrepris depuis plusieurs mois des démarches pour faire connaître notre point de vue et nos priorités de négociation aux personnes qui aspirent à diriger la Ville.

Voici un bref compte-rendu de nos démarches et des récentes déclarations des trois principales personnes candidates.

 

Soraya Martinez Ferrada

Nous avons rencontré Mme Martinez Ferrada en juin dernier, à sa demande. Elle souhaitait comprendre pourquoi les négociations s’enlisaient et quels enjeux achoppaient. Nous avons beaucoup discuté avec elle et son équipe des priorités de dépenses de la direction, de l’ajout de couches de gestion et de l’intérêt de la Ville et des Montréalais.e.s de voir la STM maintenir la sécurité d’emploi de ses professionnel.le.s pour conserver son expertise interne.

Au cours des dernières semaines, la candidate a déclaré à propos des négociations à la STM :

L’administration actuelle « a laissé aller la négociation avec les syndicats. » « Une administration a le devoir de négocier de façon respectueuse et rapide. Moi, je m’engage au jour 1 à le faire avec l’ensemble des employés. » (La Presse, 29 septembre)

« Si on peut avoir plus d’employés avec de bonnes conditions de travail et qu’on peut renforcer le travail à l’interne, sortir le travail qui s’en va au privé et renforcer une bonne gestion des dépenses à la STM, je pense qu’on est capable de négocier. » (Débat des candidat.e.s à la mairie, LCN, 7 octobre)

 

Luc Rabouin

Le chef de Projet Montréal est le seul candidat à ne pas avoir donné suite à nos demandes de rencontre, malgré des contacts avec son équipe et plusieurs relances.

En septembre, il s’est engagé à réduire de 100 000$ le salaire annuel de la directrice générale de la STM en déclarant : « Je sais que les employés sont choqués parce qu’on leur demande de faire des efforts, mais ils ne sentent pas que la direction fait des efforts, parce qu’elle a des hauts salaires. Je comprends leur sentiment d’injustice. » (La Presse, 29 septembre)

Luc Rabouin s’est peu prononcé sur les négociations à la STM, mais a déclaré au débat de LCN le 7 octobre : « Pour respecter la capacité de payer des Montréalais, on n’est pas en mesure d’offrir 20% d’augmentation sur 5 ans. »

 

Craig Sauvé

Nous avons eu quelques rencontres et plusieurs échanges avec Craig Sauvé depuis le mois d’août. Il était présent à notre rassemblement devant la Place Bonaventure le 3 septembre dernier.

Il se dit généralement favorable à nos revendications et montre un préjugé favorable au personnel syndiqué.

S’il est élu maire, il a déclaré vouloir s’asseoir avec les syndicats de la STM pour discuter de comment le rapatriement à l’interne de mandats présentement confiés en sous-traitance pourrait permettre de générer des économies. (The Gazette, 27 septembre)

 

Il est encore temps de rappeler aux personnes candidates que Sous-traiter, c’est sur-payer, en visitant le www.finidesurpayer.ca

Pour savoir où et quand voter : https://elections.montreal.ca/fr/ou-voter/

 

SEPB 610

La négo entre en phase de médiation

Après un an de négociation, autant la STM que le SEPB 610 ont décidé de demander l’intervention d’une personne médiatrice pour tenter de dénouer l’impasse, principalement sur le sujet de la sécurité d’emploi et les aspects monétaires.

Le comité de négociation syndical a fait cette demande dans l’espoir qu’une personne externe contribuera à faire évoluer la position de l’employeur sur la place fondamentale que doit conserver l’expertise professionnelle interne à la STM.

Une personne médiatrice est nommée par l’État et a pour rôle de « favoriser la conclusion du meilleur accord possible entre les parties, dans le respect des intérêts de chacune. » Elle n’a pas le pouvoir d’imposer un projet d’entente aux parties.

Une première journée de médiation a lieu aujourd’hui et quatre autres sont prévues dans les quatre prochaines semaines, en plus de quatre autres journées de préparation que le comité de négociation syndical se garde à l’agenda.

Pour la durée de la médiation, la table de négo déménage du NSS vers les bureaux du ministère du Travail. Vous croiserez donc moins souvent votre comité de négo à la Place Bonaventure.

Nous demeurons déterminés à parvenir à un accord fondé sur la valorisation de l’expertise des 800 professionnel.le.s de la STM.

Une assemblée générale courue et riche en discussions

Merci à tous et à toutes pour votre participation massive à l’assemblée générale du mardi 7 octobre dernier. Près de 400 professionnel.le.s y ont participé, soit plus de 50% des membres en règle! Un taux de participation absolument exceptionnel. Merci!

Des discussions très riches s’y sont tenues et des opinions différentes ont tour à tour été exprimées. Un tel débat civilisé et constructif est en soi une réussite démocratique qui se doit d’être soulignée et dont le mérite revient à chacun.e d’entre vous.

Vos commentaires, vos opinions, vos suggestions alimentent concrètement nos réflexions et orientent nos priorités et notre stratégie.

 

L’idée d’un mandat de grève

Pour la première fois de son histoire, le SEPB 610 envisage sérieusement de se doter d’un mandat de grève. L’assemblée de mardi dernier a servi à ouvrir la discussion sur ce sujet. Nous continuons à espérer que le ton change à la table de négociation, que la médiation permette de nous rapprocher d’une entente, mais nous ne pouvons pas exclure qu’on doive vous solliciter prochainement pour nous doter d’un mandat de grève.

En rappel : un tel vote doit absolument se tenir dans une assemblée générale spéciale dûement convoquée à cette fin. Le délai minimal de convocation est de 48 heures, mais nous nous engageons à convoquer une telle assemblée le plus à l’avance possible.

Une proposition détaillée du comité de négociation précéderait une période de discussion, puis un vote secret. Tous les membres en règle ont le droit de participer à l’assemblée et de voter. Aucune procuration n’est possible.

Ligne de piquetage? On ne traverse pas

Au cours des deux prochaines semaines, nos collègues de l’entretien exerceront leur droit de grève. Il est fort possible qu’ils organisent des lignes de piquetage devant certains lieux de travail de la STM, dont le secteur Complexe Crémazie / Tour GR / Plateau Youville.

En rappel, on réitère que le SEPB 610 est solidaire des revendications du Syndicat du transport de Montréal, qui représente nos collègues de l’entretien. Nous demandons donc à nouveau à l’ensemble des 800 professionnel.le.s syndiqué.e.s de ne franchir aucune ligne de piquetage tenue par nos collègues, devant quelque lieu de travail de la STM que ce soit.

On reprend ici les propos que nous avions diffusés à l’occasion de leur grève de juin dernier.

 

Aucun gestionnaire ne peut vous imposer de franchir une ligne de piquetage.

Du 22 septembre au 3 octobre, nous vous encourageons fortement à privilégier le télétravail.

 

Que faire si :

Mon gestionnaire m’impose de venir au travail

Les journées en présentiel sans besoin opérationnel valable (ex : participer à une réunion d’équipe qui pourrait se tenir par Teams) ne devraient pas être imposées pendant la grève. Rappelez à votre gestionnaire que vous ne traverserez pas de ligne de piquetage. Référez-vous à votre délégué syndical ou contactez le comité exécutif pour être appuyé et convaincre votre gestionnaire de ne pas imposer de présentiel pendant la grève.

 

Je me présente au travail et je fais face à une ligne de piquetage

Les grévistes ne vous empêcheront pas physiquement de passer, mais nous vous demandons, par solidarité, de les saluer et de rebrousser chemin. Contactez votre gestionnaire, informez-le que vous êtes dans l’impossibilité de vous présenter sur les lieux de travail. Proposez de retourner en télétravail ou de vous rendre dans un autre lieu de travail.

Contactez-nous également. Nous ferons en sorte que vous ne subirez aucune représaille pour avoir exercé ce mot d’ordre syndical de respecter les lignes de piquetage de nos collègues.

Nos collègues des autres syndicats sont solidaires de nos propres revendications dans cette négo. La collaboration intersyndicale est l’une de nos grandes forces pour obtenir une bonne convention collective. C’est la moindre des choses de faire notre part en respectant les lignes de piquetage dressées par nos collègues. Merci de votre solidarité!

Les professionnel.le.s dans la rue!

Quel succès! Nous étions 500 personnes sur la rue de La Gauchetière mercredi midi devant la Place Bonaventure pour réclamer, une fois pour toutes, une convention collective à la hauteur de notre expertise.

La mobilisation d’abord organisée par le SEPB 610 et le SCFP 2850 a bénéficié de l’appui de tous les autres syndicats de la STM : chauffeurs, personnel d’entretien, constables et commis divisionnaires étaient avec nous pour dire non à des offres salariales dérisoires et oui à la sécurité d’emploi pour le personnel de la STM!

La mobilisation des professionnel.le.s a été exceptionnelle. Nous avons rempli le 6e étage de la Place Bonaventure, nous sommes descendus dans la rue, nous avons démontré notre appui à notre comité de négociation. Merci à tous et à toutes qui étaient présents! Vous avez fait la différence.

Il est maintenant temps que la direction de la STM change de discours et trouve des solutions avec nous, en misant sur son expertise interne.

Nous ne lâcherons pas. La direction de la STM essaie de nous pousser à accepter rapidement leurs demandes de recul. Nous répondrons par d’autres mobilisations. La STM possède une expertise interne unique, qui représente son atout le plus précieux. Nous ne laisserons pas cette administration saboter ce que d’autres ont eu le courage de bâtir et de léguer aux Montréalais.

 

Voyez plusieurs autres photos de l’événement sur la page Facebook du SEPB-Québec dans cette publication et celle-ci.

 

Un immense merci aux organisations qui sont venues nous appuyer :

 

Couverture médiatique

Radio-Canada, Le 15-18, à 1:03 dans cet extrait

La Presse Canadienne

CityNews

Radio-Canada

CTV

 

SEPB 610

Mobilisations syndicales: vos droits en temps de négo

Votre gestionnaire a commencé à vous donner des directives en lien avec les mobilisations syndicales? Bonne nouvelle! Ça signifie que nos actions ont de l’écho et dérangent. Ce n’est surtout pas le temps de reculer.

Même si la gestion continue d’avoir le droit d’émettre des directives, en période de négo ou pas, ce qu’on a entendu cette semaine nous incite à rappeler amicalement l’article 12 du Code du travail qui prévoit notamment qu’aucun employeur, ni aucune personne agissant en son nom, ne cherchera d’aucune manière à entraver les activités d’une association de salariés.

Voici quelques exemples de « directives » que des professionnel.le.s ont reçues dans les dernières semaines.

 

➡️ Vous n’avez pas le droit de vous parler entre vous de la négo sur Teams

Faux. La politique de gestion PG 5.02 – Utilisation des actifs informatiques de la STM indique : « L’envoi et la réception de courriels personnels à même la boîte courriel de la Société est permis de façon raisonnable et dans la mesure où elle ne gêne pas l’accomplissement des tâches de l’utilisateur. »

La politique datant de 2018, avant l’avènement de Teams à la STM, il est raisonnable d’étendre l’interprétation de ce principe à l’utilisation de Teams.

La STM a également signé en 2018 une entente avec le syndicat nous autorisant à « utiliser le courriel de la Société pour communiquer et informer ses membres. » Depuis, nous utilisons quotidiennement Teams pour faire des rencontres et même tenir nos assemblées générales.

Dans un contexte de télétravail, une discussion Teams est l’équivalent d’une discussion face à face. Les salariés ont le droit de se parler d’enjeux syndicaux sur les lieux du travail, tant que ce n’est pas sur les heures de travail. Il est important de ne pas entretenir de longues discussions pendant nos heures de travail et de privilégier nos temps de pause pour le faire.

Finalement, dans une cause portant sur des enjeux semblables chez nos collègues ingénieurs au gouvernement du Québec, la Cour d’appel a confirmé en 2019 le droit des salariés d’écrire une longue signature courriel syndicale, en période de négo.

Extrait :

[105] Mettant en balance le droit à la liberté d’expression, exercé de façon raisonnable, dans un contexte de négociation et le droit de propriété, sans démonstration d’un quelconque préjudice ou même de quelque répercussion négative, on ne peut que conclure au caractère déraisonnable de la restriction imposée.

[106] En conséquence, l’interdiction par le Gouvernement faite aux ingénieurs de transmettre le message syndical en cause constitue de l’ingérence au sens de l’article 12 du Code du travail.

 

➡️ Votre journée en présentiel du 3 septembre ne compte pas comme une vraie journée de présentiel

Faux. La lettre d’entente sur le télétravail qui est toujours en vigueur prévoit qu’un employé en télétravail sera « en télétravail pour un minimum de (3) trois jours par semaine en télétravail ».

Différentes sources définissent le télétravail comme l’exercice de sa prestation de travail à domicile ou à tout le moins dans un lieu autre que l’établissement de l’employeur. Votre présence à la Place Bonaventure n’est pas du télétravail.

Et puisque la semaine prochaine ne compte que quatre jours ouvrables, le mercredi 3 septembre peut être votre seule journée de présentiel de la semaine.

 

➡️ L’utilisation d’une visibilité syndicale (fond d’écran Teams, signature courriel) ne doit pas se faire lors de vos échanges avec des partenaires externes à la STM.

Faux. Le même jugement de la Cour d’appel cité plus haut peut être invoqué ici. La liberté d’expression des salariés en période de négociation prime.

 

➡️ Notre journée de présentiel à la Tour GR est toujours le mercredi. Nous la maintenons comme d’habitude ce mercredi 3 septembre et vous ne pouvez pas aller à la Place Bonaventure.

Ici, surtout s’il y a toujours une rencontre d’équipe en présentiel le mercredi, c’est vrai que la gestion est dans son droit de demander que l’habitude soit maintenue.

Par contre, que risque un groupe d’employés qui se présenterait plutôt à la Place Bonaventure? On peut penser à une mesure disciplinaire, sous la forme d’une lettre au dossier. Une telle lettre, en vertu de notre convention, devient nulle et sans effet automatiquement après 12 mois.

Cette décision appartient à chaque employé concerné.

 

➡️ Je convoque spécialement une journée de présentiel à la Tour GR le mercredi 3 septembre.

Sans justificatif raisonnable, une telle directive inhabituelle de la gestion pourrait s’apparenter à une tentative d’entrave aux activités syndicales, au sens de l’article 12 du Code du travail.

Si c’est le cas dans votre secteur, merci de nous en faire part.

 

📣 On se voit le 3 septembre!

 

SEPB 610

Info-Négo estival

La 20e séance de négo avec l’employeur, la dernière avant la pause estivale, a eu lieu le 9 juillet dernier. Plusieurs textes ont été échangés entre les parties, certaines choses avancent, mais l’employeur reste campé sur sa volonté de s’attaquer à notre sécurité d’emploi.

Comme on l’expliquait dans notre dernière infolettre, cette demande patronale viendrait complètement chambouler un des piliers de notre organisation du travail et s’attaque directement au modèle d’une STM forte, indépendante et fondée sur la solidité de son expertise interne, le tout au profit des firmes privées en ingénierie, en informatique, en communications et autres.

On a encore beaucoup de pain sur la planche avant de penser s’approcher d’une entente. Beaucoup de travail nous attend à l’automne à la table de négo, en campagnes d’information, en mobilisation. Nous serons d’attaque dès le début septembre!

 

SEPB 610

Une date à retenir : le 3 septembre

C’est le mercredi 3 septembre que votre comité de négo reprendra les discussions avec l’employeur. Pour l’occasion, on se mobilise! On vous convie tous et toutes à faire une journée de présentiel, tous en même temps le mercredi 3 septembre, au NSS (Place Bonaventure, 6e étage) pour appuyer notre comité de négo!

Profitons de l’une de nos journées de présentiel pour démontrer notre solidarité avec notre comité de négo et signaler à la direction que nous tenons à améliorer nos conditions de travail.

Nos collègues du SCFP 2850 seront eux aussi en présentiel la même journée au NSS. Il y aura de l’action!

Marquez tout de suite à votre agenda la date du 3 septembre. Plus de détails dans notre prochaine infolettre.

 

En attendant le 3 septembre…

Le combat pour de meilleures conditions de travail ne doit jamais prendre de vacances! C’est pourquoi nous vous invitons à poursuivre le grand mouvement de visibilité syndicale que vous avez entamé ces derniers mois. Ça ne prend que quelques minutes et ça fait toute la différence!

Utilisez nos fonds d’écran Teams et la pastille « SEPB 610 en négo » (en fichiers joints de la version courriel de cette infolettre), et montrez que vous appuyez votre comité de négo en ajoutant un message à cette fin dans votre statut.

Et si vous ne l’avez pas encore, demandez à votre délégué syndical votre macaron « SEPB 610 en négo ». Il est surprenant de constater à quel point ce petit objet peut susciter des discussions… et des appuis!

 

Ensemble, nous sommes les pros.

 

SEPB 610

Mises à pied de professionnels : la STM dépose la procédure qu’elle souhaite voir dans la prochaine convention

🎯 La fin de la garantie de non-mise à pied et d’une réelle sécurité d’emploi : une STM plus humaine?

Mercredi dernier, votre comité de négociation a reçu la proposition de l’employeur en ce qui concerne la sécurité d’emploi. Et accrochez-vous, ça frappe fort.

En bref, leur objectif est clair. Dans la prochaine convention, la STM souhaite pouvoir procéder à des mises à pied de professionnels permanents.

Ils veulent avoir la possibilité de cibler des équipes pour y couper un certain nombre de postes, au gré des enveloppes de financement, des modes et des priorités politiques du moment. Le tout en considérant l’ancienneté seulement au sein de l’équipe (la section), et non l’ancienneté comme professionnel STM. Donc, tout le monde serait à risque.

Oui, même vous.

 

📌 Ce que propose l’employeur

Dans le cadre de la nouvelle convention collective, l’employeur propose :

  • De retirer la garantie de non-mise à pied qui existe depuis la création de notre syndicat
  • De retirer tout mécanisme de relocalisation pour les permanents de moins de 24 mois d’ancienneté syndicale
  • De rendre tout le monde à risque de perdre son emploi, sans égard à leur ancienneté comme professionnel
  • Et de bonifier leur offre salariale à la condition qu’on accepte ce recul impensable

 

Prenons le temps de bien comprendre la mécanique que nous propose la STM.

✂️ La coupure

Prenons le cas fictif d’Éric, analyste principal (groupe 12) à la STM depuis 10 ans. Sa section de six analystes et deux analystes principaux est ciblée pour des coupures. La direction invoque une réduction du volume d’activités. Les trois analystes les moins anciens de la section sont coupés, tout comme Éric, qui a deux ans moins d’ancienneté syndicale que son collègue analyste principal.

Parmi les trois analystes coupés se trouve Geneviève, embauchée comme permanente à la STM il y a 18 mois. Puisqu’elle n’a pas encore atteint 24 mois d’ancienneté, elle ne bénéficie d’aucune sécurité d’emploi. Elle se retrouve sur le champ au chômage.

Éric et ses deux autres collègues analystes se retrouvent en relocalisation.

 

♻️ La relocalisation

Éric et les autres professionnels en relocalisation continuent tous à travailler à la STM, sans avoir de poste fixe. Un sursis qu’on leur accorde pendant maximum un an. Ils sont automatiquement considérés prioritairement sur tous les affichages de postes de professionnels sur lesquels ils se qualifient.

Quelques mois plus tard, la dotation informe Éric qu’il s’est qualifié sur un poste d’analyste (groupe 11). Puisqu’accepter ce poste impliquerait une diminution de classe salariale, Éric refuse. Il souhaite retrouver un poste d’analyste principal.

Son ex-collègue Khalid, avec 3 ans d’ancienneté syndicale, est le moins ancien des employés en relocalisation qui se qualifient sur ce poste. S’il refusait, il se retrouverait automatiquement au chômage et la STM garderait son nom sur une liste de rappel. Khalid accepte le poste à contrecœur, même s’il ne maîtrise pas ce secteur d’activités aussi bien que son ancien.

Malheureusement pour Éric, douze mois se sont écoulés depuis la coupure de son poste, et il n’a encore trouvé aucun poste qui lui convenait et sur lequel il se qualifiait. Éric se retrouve automatiquement au chômage et sur la liste de rappel.

 

☎️ La liste de rappel

Maintenant au chômage, Éric se cherche un nouvel emploi, mais le contexte économique est très difficile. Pendant 24 mois, il a encore la possibilité de postuler sur les postes affichés à l’interne à la STM. Sa candidature sera traitée dans le bassin 1, avec celles de tous les autres professionnels mis à pied et en relocalisation.

Si après 24 mois, Éric n’a toujours pas trouvé de nouveau poste à la STM, il perd son lien d’emploi, ses 11 ans d’ancienneté et son droit de postuler sur des postes à l’interne. C’est la fin définitive de sa carrière à la STM.

On n’exagère pas. Ce sont exactement les effets que pourrait avoir le texte que l’employeur nous a déposé mercredi dernier.

 

💰 « Vendre » la sécurité d’emploi : une fausse bonne idée

L’employeur propose de bonifier son offre salariale pour monnayer ce recul. Mais attention :

⚠️ Leur offre salariale actuelle n’est qu’une première offre : une négo salariale ne se règle jamais sur une première offre

  • La STM avoue à la table de négo et dans les médias qu’ils disposent d’une enveloppe plus grande que celle déjà déposée pour régler les négos!
  • Les conventions collectives qui se signent au Québec ces mois-ci, incluant celles dans d’autres sociétés de transport, atteignent presque le double du 11,5% qui nous est actuellement offert.
  • Notre directrice générale a bénéficié d’une hausse de 6,5% de sa rémunération sur un an.

 

🚨 Ce que la STM vous offre :

  • Bonifier leur offre salariale. De combien? Mystère. Ils attendent qu’on cède avant de dévoiler leur jeu.
  • Une hausse du stress et de l’insécurité : Sans protection, chaque employé devient plus vulnérable, même les plus anciens.
  • Nous faire accepter des reculs impensables avant de nous déposer une offre salariale digne de ce nom.

Ce que vous perdriez :

  • La possibilité de planifier votre avenir professionnel avec confiance
  • La stabilité de votre emploi et des équipes de travail
  • Un pouvoir syndical contre l’arbitraire : Sans notre garantie de non-mise à pied, il sera plus difficile de contester ou de défendre efficacement une perte d’emploi injuste ou des décisions arbitraires et inéquitables.
  • Notre principal levier de négociation pour faire des gains sur nos conditions de travail

 

On peut obtenir des augmentations comparables au marché sans vendre nos protections

  • Refuser la perte de sécurité d’emploi n’exclut pas de continuer à négocier nos priorités :
  • Des augmentations de salaire dignes de notre expertise et du marché
  • Une flexibilité dans l’aménagement de notre temps de travail
  • Des congés supplémentaires
  • Un encadrement de la sous-traitance

 

👉 En étant mobilisés et en négociant intelligemment, on peut gagner sans sacrifier nos fondations.

 

Le vrai risque à long terme, c’est une STM vidée de son expertise

Dans l’avenir, sans sécurité d’emploi pour les professionnels, la direction pourrait choisir de s’orienter vers une sous-traitance quasi complète dès la phase de conception des projets. Le gouvernement a récemment donné à la STM plus de latitude dans ses modes de sous-traitance en favorisant les approches dites « collaboratives », de type design-build, où un consortium de firmes se voit confier l’ensemble d’un projet, de la conception à la mise en œuvre. Dans un tel modèle, les équipes professionnelles de la STM pourraient être réduites au minimum et leur rôle se limiterait à superviser les contrats avec les firmes sous-traitantes.

 

😰 Vers un climat de travail encore plus stressant et toxique

  • La sécurité d’emploi offre aux professionnels de la prévisibilité dans la planification de leur carrière.
  • De plus, une organisation du travail où chacun est à risque d’être mis à pied cause un stress permanent, en plus de donner aux gestionnaires des leviers de pression et des outils de manipulation anxiogènes.
  • « Si tu n’es pas content de ton poste, si tu te plains que je refuse tes vacances, si tu dénonces que je ne paye pas ton temps supplémentaire, je peux te remplacer facilement. J’en connais plusieurs qui voudraient ta job.» C’est le genre de situation couramment observée dans de grandes entreprises du secteur privé.

 

🙄 Nous pousser vers la grève pour mieux nous discréditer : une diversion dans laquelle on refuse d’embarquer

  • Depuis qu’ils sont syndiqués, les professionnels de la STM n’ont jamais fait la grève.
  • La grève est un moyen, et non une fin. Nous avons toujours privilégié des relations de travail structurées et saines. Des positions bien documentées, justes, fermes quand il le faut et respectueuses de nos interlocuteurs.
  • Dans cette négo, on dirait presque l’employeur s’organise pour que nous allions en grève plus tôt que tard. Comme si la STM souhaitait qu’on prenne une décision rapide, sur un coup de tête. Ils n’attendent que ça. Pour que le jour venu, ils sortent dans les médias pour nous discréditer, pour diaboliser notre sécurité d’emploi. Nos « jobs garanties à vie pendant 30 ans », c’est ça qui met la STM en faillite, diront-ils. La CAQ sera morte de rire.
  • Leur stratégie dans cette négo est-elle de tourner le dos à la négociation raisonnée qu’ils ont pratiquée avec nous pendant 30 ans? Monter l’opinion publique contre nous?
  • Notre réponse : nous ne tomberons pas dans leur piège, nous ne jouerons pas à ce jeu.

 

💬 Notre message est clair

❌ Nous refusons de troquer une condition de travail essentielle contre les augmentations qui nous sont dues.

✅ Nous continuons à négocier sérieusement, comme des professionnels, et à nous mobiliser pour une bonne convention collective, raisonnable et digne de notre expertise.

🤝 Le syndicat vous représente. Votre force, c’est votre solidarité.

 

🗣️ Vous avez votre mot à dire

👉 Utilisez nos fonds d’écran Teams, portez votre macaron (demandez-le à votre délégué), écrivez un mot de soutien au comité de négo comme message de statut sur Teams.

💡 Parlez à vos délégués et à vos collègues, organisez des cafés ou des dîners sur ce sujet pendant vos journées en présentiel, invitez-y un membre du comité de négo!

⚔️ Tenez-vous prêts. Nous ne céderons pas, mais nous aurons besoin de l’appui et du travail de chacun d’entre vous.

Ensemble, nous sommes les pros.

 

Votre comité de négociation,
Chantal Dubuc
Pierre-Louis Fortin-Legris, conseiller syndical
Marc Glogowski
Émanuelle Leclerc
Benoit Tessier