À défaut d’une entente, le Front commun déclenchera la grève générale illimitée en début d’année 2024

Les syndicats composant le Front commun (CSN, CSQ, FTQ et APTS) ont réuni leurs délégations respectives le 19 décembre 2023 afin de faire le point
sur l’état de la négociation et sur la suite des choses.

Devant le constat qu’aucune hypothèse d’entente n’était atteinte au moment des instances, les quelques 1500 personnes y assistant ont réitéré deux éléments importants.

Premièrement, que les équipes de négociation ne ménageront aucun effort au cours des prochains jours pour tenter de conclure une entente satisfaisante.
L’objectif du Front commun demeure d’obtenir une hypothèse de règlement avant 2024. Une entente d’ici cette date est toujours possible.

Deuxièmement, les délégué-es ont réitéré unanimement que si aucune entente ne survient d’ici la fin de l’année, le Front commun déclenchera rapidement
la grève générale illimitée (GGI) au moment opportun en début d’année 2024.

L’état des pourparlers

Bien que les discussions à la table centrale continuent d’avancer, les questions des salaires, des assurances, des disparités régionales et des ouvriers spécialisés ne sont toujours pas réglées.

Plusieurs messages contradictoires ont circulé dans les médias. À cet effet, nous tenons à préciser que nous avons signalé à la partie patronale que nous étions ouverts à discuter d’une convention collective pouvant aller jusqu’à une durée de cinq ans, pour autant que celle-ci réponde à nos demandes d’enrichissement et de rattrapage. Par ailleurs, nous n’avons pas chiffré ces demandes, nous avons plutôt indiqué au gouvernement que notre ouverture était liée à deux conditions, soit :

  1. Qu’elle garantisse la protection du pouvoir d’achat;
  2. Qu’elle amène un enrichissement. Celui-ci n’a pas été chiffré afin de laisser un espace de négociation à la table.

Sur les assurances et les ouvriers spécialisés, les discussions se poursuivent. Le Front commun a été excessivement clair avec ses vis-à-vis à la table : pour conclure une entente à la table centrale, il devra y avoir des avancées sur ces éléments de même qu’en ce qui concerne les conditions de travail aux différentes tables sectorielles.

Depuis plusieurs jours, le Front commun propose des solutions afin de répondre aux enjeux du gouvernement. Il sera important que le gouvernement trouve également des solutions pour répondre aux priorités des travailleuses et des travailleurs. Devant l’état actuel des réseaux, l’heure n’est pas statu quo, encore moins aux attaques.

En terminant, le Front commun a invité ses membres à profiter du temps des fêtes pour tenter de faire le plein d’énergie. Si nous devions nous retrouver en contexte de négociation en début d’année prochaine, les 420 000 travailleuses et travailleurs du Front commun seront mis à contribution. L’implication de chacune et de chacun est primordiale.

Les 420 000 travailleuses et travailleurs du Front commun entament une grève de 7 jours

Plus de 2 500 travailleuses et travailleurs du Front commun ont marqué le déclenchement de la plus longue grève du secteur public des 50 dernières années en accueillant les députés en cette dernière journée de la session parlementaire régulière à Québec. C’était aussi l’occasion de rappeler haut et fort leurs revendications et que, même si les fêtes approchent à grands pas, pas question de mettre la pédale douce sur la mobilisation tant que des offres qui répondent à leurs besoins ne seront pas sur la table.

« Si le gouvernement cherche à profiter de la conjoncture actuelle et à nous coincer pour briser notre mouvement, les jours qui viennent lui donneront une idée de ce qui pourrait l’attendre s’il poursuit son entêtement. Notre mouvement ne s’essouffle pas, au contraire. Les dernières semaines ont été galvanisantes, et la population appuie clairement les travailleuses et les travailleurs de nos réseaux. La dernière offre était insuffisante, on continue de négocier et on ne lâche pas! », ont lancé les porte-paroles du Front commun, François Enault, premier vice-président de la CSN, Éric Gingras, président de la CSQ, Magali Picard, présidente de la FTQ, et Robert Comeau, président de l’APTS, en point de presse vendredi matin.

« Personne ne souhaite faire la grève, c’est un moyen, pas une fin en soi. Mais plus encore, personne ne souhaite que nos réseaux continuent de se détériorer de la sorte. La situation est intenable, et, cette fois, tout le monde comprend bien que l’amélioration passe en grande partie par cette négociation. Notre détermination est grande, celle des membres l’est plus encore. Notre monde mérite mieux, le Québec mérite mieux. Et c’est aussi ce que signale la population au gouvernement. C’est le temps de faire le choix politique qui s’impose : des conditions de travail et de pratique qui permettent enfin de revaloriser tout le travail investi par celles et ceux qui éduquent, soutiennent, accompagnent et prennent soin. »

L’objectif du Front commun demeure d’en arriver à un règlement avant les fêtes, et le mandat voté par les membres permettait d’utiliser des séquences de grève selon les besoins de la négociation. C’est donc une ultime séquence de journées de grève qui s’amorce aujourd’hui, et il s’agit aussi du dernier avertissement. Rappelons que le Front commun détient un mandat très fort, adopté à plus de 95 %, de déclencher une grève générale illimitée au moment jugé opportun.

Pour le Front commun, il est clair que le gouvernement porte une importante part de responsabilité face au recours à la grève. Son refus de proposer des offres à la hauteur des besoins urgents des travailleuses et des travailleurs crée le blocage actuel aux tables de négociations.

« C’est quand même fou d’en arriver là après plus d’un an de négociation! Et on est toujours devant les mêmes vieilles stratégies gouvernementales : d’abord, ne pas montrer de véritable volonté de négocier, puis le faire sur la place publique à coup de déclarations vaines, attendre que la mobilisation soit à son comble et que les moyens de pression éclatent pour tout précipiter en quelques semaines. Cette fois, notre monde en a eu assez et ils ne sont pas les seuls! Les solutions existent, et c’est le temps de prendre les enjeux qui secouent nos réseaux à bras le corps. Là, ça suffit! »

Rappelons que le gouvernement a présenté une nouvelle offre au Front commun mercredi après-midi, laquelle a été jugée insuffisante à sa face même. Mais le Front commun rappelle que tout est en place pour faire atterrir la négociation. Les équipes sont entièrement disponibles, et les instances respectives sont même prévues dans la semaine du 18 décembre afin de faire le point sur la négociation. L’objectif demeure un règlement satisfaisant pour l’ensemble des travailleuses et des travailleurs de nos réseaux. Et ce ne sera possible que si les conditions de travail ET le salaire sont à la hauteur de leurs attentes!

Pas d’entente possible sans une garantie de la protection du pouvoir d’achat et un enrichissement permettant un rattrapage salarial

« Il n’y aura pas d’entente sans la protection du pouvoir d’achat et sans un enrichissement permettant un rattrapage pour nos membres. Nous ne laisserons personne s’appauvrir et ça, le gouvernement de la CAQ doit le comprendre ». C’est en ces termes que les porte-paroles du Front commun ont répondu à l’offre de table centrale déposée hier par le gouvernement.

Pour François Enault, premier vice-président de la CSN, Éric Gingras président de la CSQ, Magali Picard présidente de la FTQ et Robert Comeau, président de l’APTS, le gouvernement a finalement déposé hier – un an après le début des discussions – une première offre salariale qui permettra de négocier de manière plus sérieuse. Toutefois, il semble toujours aussi déconnecté de la réalité vécue par les travailleuses et les travailleurs des services publics, en offrant 12,7% sur cinq ans. « Pas 16,7% comme il l’affirme publiquement, mais bel et bien 12,7%, tel qu’écrit noir sur blanc dans le dépôt ».

Appauvrir les femmes

Rappelons que selon les chiffres du ministère du Travail, les conventions collectives signées en 2022 incluent une augmentation moyenne de 9 % pour la première année. Que propose le gouvernement aux travailleuses et aux travailleurs des réseaux publics pour la première année? Un maigre 4,3 %, alors que l’inflation de 2022 a été de 6,7 %.

« Est-ce que les médecins spécialistes, est-ce que les policiers de la SQ, est-ce que les juges accepteraient de s’appauvrir? La réponse est NON. Comment le gouvernement de la CAQ peut-il sérieusement proposer cela aux femmes des services publics? »

Aucun rattrapage

En plus de l’appauvrissement qui est sur la table, la nouvelle offre ne permet toujours pas un rattrapage. « Les travailleuses et les travailleurs continueront de subir un retard important par rapport aux autres salarié-es du Québec, tant sur les salaires que sur la rémunération globale, même quand on considère le régime de retraite. Il s’agit d’un enjeu primordial si le gouvernement souhaite remettre les services publics sur les rails en attirant et en retenant la main-d’œuvre nécessaire, au lieu de quoi, les travailleuses et les travailleurs actuels seront nombreux à choisir de fuir les réseaux. » Le plus récent rapport de l’Institut de la statistique du Québec indique d’ailleurs que ce retard dans la rémunération globale est de 7,4 % par rapport aux autres salariés du Québec.

La retraite

Rare point positif de cette nouvelle offre : le recul du gouvernement à propos de ses attaques sur le régime de retraite. « Enfin, le gouvernement s’est rendu à l’évidence : les travailleuses et les travailleurs n’avaient pas à être pénalisés par la bonification du Régime des rentes du Québec. En ayant réglé cette question, nous pourrons enfin parler des salaires, des assurances, des ouvriers spécialisés et des disparités régionales, des enjeux importants pour lesquels le statut quo est impensable ».

Statistiques pour mieux comprendre les enjeux de cette négociation

  • Moyenne salariale des employées et employés du secteur public membres du Front commun : 43 916 $ ;
  • Retard salarial : 16,6 % ;
  • Retard de rémunération globale : 7,4 % ;
  • Proportion de femmes parmi les membres du Front commun : 78 %.

Le rattrapage salarial est urgent

« Les données de l’Institut de la statistique du Québec (ISQ) sont sans équivoque : il faut combler l’écart salarial entre les travailleuses et les travailleurs des services publics et les autres salariés du Québec. Il faut que le gouvernement de la CAQ offre un rattrapage, sinon la pénurie de main-d’œuvre s’aggravera davantage », déclarent les porte-paroles du Front commun François Enault, 1er vice-président de la CSN, Éric Gingras, président de la CSQ, Magali Picard présidente de la FTQ et Robert Comeau, président de l’APTS.

Sur le plan de la rémunération globale (qui inclut les avantages sociaux), le retard avec les autres personnes salariées du Québec est de 7,4 %. L’écart se creuse encore davantage lorsqu’il est question des salaires seulement, alors que le retard est de 16,6 %. Ces données dévoilées dans le rapport Rémunération des salariés – État et évolution comparés de l’ISQ viennent confirmer l’importance du rattrapage exigé dans le cadre des négociations. « Nous revendiquons le maintien de notre pouvoir d’achat mais nous devons aussi bénéficier d’un enrichissement. On ne peut être plus clairs : il en va de la survie des services publics », précisent les porte-paroles, tout en soulignant que le gouvernement manque d’ambition en tant d’employeur.

« Dans le contexte actuel, il faut que nos réseaux soient attractifs. L’objectif de la négociation est d’attirer et de retenir le personnel. Comme on sait que notre monde quitte pour d’autres secteurs aux conditions plus avantageuses – au municipal, au fédéral et dans les grandes entreprises syndiquées notamment – on s’attend du gouvernement qu’il se comporte comme un employeur de choix et s’inspire des meilleurs. »

Rappelons que le Front commun revendique d’une part un mécanisme permanent d’indexation et, de l’autre, un enrichissement permettant un rattrapage général. Ainsi, pour l’année 2023, il revendique100 $ par semaine ou l’IPC+2 % (selon la formule la plus avantageuse), pour 2024 l’IPC +3% et, finalement, l’IPC+4 % pour 2025.

Comme d’habitude certains écarts sont notables, notamment dans des catégories aux conditions comparables comme l’administration municipale (36 %), les entreprises publiques (19,6 %), le secteur universitaire (17,9 %) et l’administration fédérale (17,2 %).

Chez les ouvriers spécialisés (menuisiers, électriciens, plombiers et autres), le retard est encore très important, soit 35 %.

Statistiques pour mieux comprendre les enjeux de cette négociation

  • Moyenne salariale des employés et employées du secteur public du Front commun : 43 916 $;
  • Retard salarial : 16,6 %;
  • Retard de rémunération globale : 7,4 %;
  • Pourcentage de femmes représentées par le Front commun : 78 %.

Négociation du secteur public : sept journées de grève à venir en front commun

Le Front commun annonce une nouvelle séquence de sept jours de grève qui se tiendra du 8 au 14 décembre 2023 inclusivement. Cette ultime séquence avant de déclencher la grève générale illimitée a pour objectif d’en arriver à une entente avant les fêtes.

Avec 420 000 membres en grève pendant sept jours dans les secteurs de la santé et des services sociaux, de l’éducation et des cégeps, cette séquence serait officiellement la plus longue grève du secteur public depuis 50 ans.

Une mobilisation qui porte ses fruits

La mobilisation historique des 21, 22 et 23 novembre derniers aura donné des résultats importants. Non seulement nous constatons un changement récent de ton sur la place publique du côté du gouvernement, mais cette séquence aura déstabilisé le premier ministre et ses député-es. La rencontre d’urgence du mercredi 22 novembre, entre François Legault et l’ensemble des députés de la CAQ sans son cabinet politique, n’est pas étrangère à la pression que nous avons exercée.

Le lendemain, M. Legault annonçait dans les médias être ouvert à mettre plus d’argent sur la table. Les porte-paroles du Front commun lui ont alors rappelé, à juste titre, que les offres sérieuses se font à la table de négociation et que c’est à cet endroit que nous pourrons en discuter. Or, la citation a le mérite d’illustrer clairement ce que le Front commun avance depuis longtemps : de l’argent, il y en a. Si le gouvernement a dû reculer sur la ligne qu’il tient depuis maintenant un an, c’est grâce à la pression de votre mobilisation. Ce n’est donc pas le temps de lâcher, il faut continuer.

Conciliation

La demande de conciliation a elle aussi provoqué du mouvement. L’arrivée du conciliateur a notamment eu pour effet d’ajouter deux nouvelles journées de négociation la semaine dernière, soit le 22 et le 23 novembre ainsi que plusieurs séances cette semaine, entre autres les 26, 27 et 29 novembre. Les parties ont entrepris d’exposer chacune leur point de vue et de clarifier leurs positions. Bien qu’aucun élément ne soit officiellement réglé, ces discussions franches ont permis d’arrêter de tourner en rond et ont obligé le gouvernement à répondre clairement à nos demandes. Les équipes de négociations accueillent favorablement ce changement à la table, mais elles ont maintenant besoin de votre appui pour que les choses progressent vers une entente concrète. Il faut maintenir la pression et poursuivre la mobilisation.

 

CO28 à Dubaï: maintenir la pression pour lutter contre les changements climatiques

La Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ), fidèle à son engagement envers les enjeux environnementaux, portera la voix des travailleuses et travailleurs dans le cadre de la COP 28 lors des négociations de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques qui se déroulera du 30 novembre au 12 décembre à Dubaï. La délégation de la FTQ sera entre autres composée de la présidente, Magali Picard, et du secrétaire général, Denis Bolduc, ainsi que de déléguées et délégués œuvrant dans différents secteurs de l’économie (commerce, alimentation, transport collectif, énergie, foresterie, transformation industrielle) et provenant de différents affiliés (SEPB, TUAC, SCFP, Unifor). À noter que la FTQ participe à ces conférences depuis le tout début en 2015.

« Il faut maintenir la pression sur nos politiciens, même à l’étranger, pour s’assurer qu’ils assument leurs responsabilités et respectent leurs engagements. Par exemple, les énergies renouvelables doivent rester sous contrôle public alors que le gouvernement du Québec prône un déploiement de certaines énergies en laissant la voie libre au privé. Et souhaitons-nous vraiment permettre au Canada de poursuivre l’expansion de ses énergies fossiles en utilisant des technologies de captation de carbone qui sont inefficaces ? La réponse est non ! », soutient la présidente de la FTQ, Magali Picard.

« Si le choix du pays hôte peut sembler paradoxal par rapport aux objectifs de la conférence, la FTQ reconnaît le principe d’alternance des continents de l’ONU dans la sélection des pays organisateurs. Les défis actuels sont trop importants pour pratiquer la politique de la chaise vide. En tant que centrale syndicale, nous estimons avoir un rôle essentiel à jouer auprès de nos membres », explique le secrétaire général de la FTQ, Denis Bolduc.

Transition juste

Le concept de transition juste est utilisé à l’échelle internationale et vise à protéger la main-d’œuvre touchée par la transformation vers une économie verte. La FTQ s’assurera que le Programme de travail sur la transition juste, qui sera négocié, s’inscrira dans les principes de l’Organisation internationale du travail, c’est-à-dire par un dialogue social, la protection sociale, le droit du travail et le travail décent.

« La transition juste est un terme souvent galvaudé et noyé à travers différents concepts comme la transition verte, la transition énergétique, la transition socio-économique ou la transition environnementale. Même le gouvernement canadien a préféré utiliser le terme emplois durables pour favoriser la création d’emplois dans son dernier projet de loi », explique le directeur du service de l’environnement et de la transition juste de la FTQ, Patrick Rondeau.

Parmi les pistes de solutions explorées : organiser des comités paritaires axés sur l’environnement et le développement durable dans les milieux de travail, intégrer les enjeux de transition aux formations syndicales de base, négocier des articles de convention collective liés à ces enjeux (ex. : congé d’éducation payé).

La transition touche plusieurs emplois et régions et ne se déploie pas de la même façon ni à la même vitesse partout au Québec. La délégation de la FTQ surveillera et interviendra notamment sur ces enjeux : valorisation du transport collectif, carboneutralité des entreprises, décarbonation des procédés industriels, électrification des transports, protection des écosystèmes et de la biodiversité.

Projet de loi anti-briseurs de grève au fédéral: enfin!

La Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ) applaudit le gouvernement Trudeau pour le dépôt du projet de loi anti-briseurs de grève (C-58) et demande aux autres formations politiques de faire preuve de solidarité envers les travailleuses et travailleurs du pays en faisant en sorte que ce projet de loi soit bonifié là où il doit l’être et qu’il soit adopté rapidement.

« Enfin ! C’est ce que nous avons envie de dire. Il faut saluer le courage du gouvernement Trudeau qui a résisté aux lobbys patronaux et reconnu tout le travail de longue haleine effectué par le NPD, sans oublier les organisations syndicales, dont les affiliés de la FTQ, qui ont sans cesse fait pression, au fil des ans, pour que soit déposé par les gouvernements en place un projet de loi protégeant les travailleuses et travailleurs. Trop souvent, des employeurs sans scrupules sous compétence fédérale ont profité de l’absence d’une loi anti-briseurs de grève pour poursuivre leurs opérations lors de conflits de travail en embauchant des  »scabs ». Ce projet de loi correspond à nos attentes », déclare la présidente de la FTQ, Magali Picard.

Ce projet de loi fait également en sorte d’interdire l’embauche de personnel de remplacement en télétravail, ce qui est une grande victoire. « Nous allons prendre le temps de bien étudier ce projet de loi, car le diable se cache dans les détails comme nous disons souvent, mais chose certaine, c’est que la lecture que le gouvernement fédéral fait du monde du travail correspond à la réalité d’aujourd’hui. Nous attendons maintenant que le gouvernement du Québec actualise la loi anti-briseurs de grève à cette nouvelle réalité, loi qui doit aussi s’adresser aux travailleuses et travailleurs de la construction qui se font voler leurs emplois lors de conflits, grèves ou lock-out », conclut le secrétaire général, Denis Bolduc.

Négociation dans le secteur public: le Front commun sera en grève les 21, 22 et 23 novembre prochains

Alors que 420 000 travailleuses et travailleurs sont en grève partout au Québec depuis minuit, le Front commun annonce ce matin que la prochaine séquence de grève se déroulera du 21 au 23 novembre prochains, à moins de parvenir à une entente d’ici là.

« Nous annonçons aujourd’hui le moment de la deuxième séquence de grève qui se tiendra sur trois journées complètes. Notre message ce matin est clair : nos équipes de négociation sont entièrement disponibles pour les deux prochaines semaines. L’objectif, c’est d’arriver à un règlement qui sera gagnant-gagnant, pour les travailleuses et les travailleurs, ainsi que pour les services à la population. Personne ne souhaite une autre séquence de grève, mais nous serons prêts s’il le faut », ont lancé les porte-paroles du Front commun, François Enault, premier vice-président de la CSN, Éric Gingras, président de la CSQ, Magali Picard, présidente de la FTQ et Robert Comeau, président de l’APTS.

« Cela dit, il faut bien comprendre que ce mouvement est une démonstration de la détermination de nos membres, qui ont voté à 95 % en faveur de la grève et qui sont prêts à aller jusqu’au bout, jusqu’à la grève générale illimitée, si le gouvernement ne comprend pas le message », ont tenu à préciser les porte-paroles.

Rappelons que le 29 octobre dernier, le Conseil du trésor a déposé une offre contenant une bonification dérisoire de seulement 1,3 %. L’offre salariale, qui est passée de 9 % sur cinq ans à 10,3 % pour la même période, ne réglerait en rien les problèmes causés par l’immense retard que subissent les 420 000 travailleuses et travailleurs regroupés en Front commun. Au contraire, elle les appauvrirait.

« Après que 100 000 personnes soient venues appuyer le Front commun dans les rues le 23 septembre, après un mandat de grève générale illimitée adopté à 95 % après un dépôt insultant dimanche dernier, le gouvernement nous pousse aujourd’hui à exercer la grève. Il récolte ce qu’il a semé, rien de moins. À l’heure actuelle, nous avons élagué nos demandes à l’ensemble des tables sectorielles. Mais une chose est certaine, les attentes des travailleuses et des travailleurs sont grandes. Laisser notre monde s’appauvrir, c’est non négociable ! », ont tonné les porte-paroles.

Rappelons aussi que le gouvernement a choisi de donner aux parlementaires 30 % d’enrichissement et de rattrapage, auxquels viendront s’additionner d’autres augmentations annuelles, et qu’il a offert 21 % sur cinq ans aux policiers de la Sûreté du Québec, offre qui a été refusée. L’entente salariale à convenir avec le Front commun devra obtenir le même niveau de considération.

 

Publicité choc pour contrer la violence dans les écoles

Le Syndicat des employées et employés professionnels-les et de bureau (SEPB-Québec-FTQ) qui représente près de 9500 employé.es de soutien dans les écoles de la grande région de Montréal a réalisé une publicité choc destinée aux réseaux sociaux afin de contrer la violence dans les écoles.

Certes, il existe un problème criant de violence dans les écoles régulières, mais il ne faut pas oublier les écoles spécialisées (ou classes spécialisées dans certains cas) où les agressions physiques et verbales sont monnaie courante. Dans ces établissements, le taux d’absentéisme et les réclamations à la CNESST sont très élevés. Il s’agit souvent de blessures sérieuses (fractures, commotions cérébrales, contusion, etc) et de détresse psychologique.

« La première chose que l’on doit préciser, c’est que cette sortie publique ne vise en aucun cas les enfants ayant des besoins particuliers. Ce que nous voulons en fait, c’est avoir les moyens de mieux les aider », explique Jean-François Labonté, président du Conseil national du soutien scolaire (CNSS), l’entité du SEPB qui coordonne les quatre sections locales (576, 577, 578 et 579) représentant le soutien scolaire.

Publicité vidéo francophone

Publicité vidéo anglophone

Une problématique qu’on doit régler

Les écoles spécialisées accueillent des enfants dont les besoins sont trop importants pour recevoir un enseignement en classe régulière.

« On ne parle pas uniquement d’enfants de 6 ou 7 ans. Il s’agit souvent d’adolescents. Il n’est pas rare que nos éducatrices spécialisées doivent faire face à des jeunes de 6 pieds et 220 livres qui se désorganisent et qui deviennent violents. Nous manquons cruellement de personnel et de moyens pour gérer ce genre de situation et nous semblons bien loin dans les priorités du gouvernement Legault », ajoute M. Labonté.

Nous ne trouvons rien de bien concret pour les écoles spécialisées dans la dernière annonce du ministre de l’Éducation, Bernard Drainville. L’enveloppe de 30 millions de dollars est destinée principalement à la prévention dans les écoles régulières. Pourtant, nous proposons des solutions aux tables de négociation, telles que d’allouer plus d’heures au personnel afin de mieux planifier les journées et de leur permettre de participer aux réunions « post-intervention ». Cela permet de mieux comprendre un événement et d’améliorer les prochaines interventions. Nous demandons également une prime pour le personnel qui travaille auprès des élèves ayant des troubles graves du comportement (prime TGC) afin de favoriser la rétention du personnel.

Négociation dans le secteur public: le Front commun sera en grève le 6 novembre

Le 6 novembre prochain, les 420 000 travailleuses et travailleurs représentés par le Front commun exerceront une première séquence de grève, d’une journée. En éducation, dans la santé et les services sociaux ainsi qu’en enseignement supérieur, partout au Québec et d’une seule voix, ils enverront un premier coup de semonce pour forcer le gouvernement à faire une offre substantielle au Front commun.

C’est par les médias sociaux que le Front commun a appris cette semaine l’intention du gouvernement de déposer une nouvelle offre ce dimanche, 29 octobre. « Nous attendrons de prendre connaissance du dépôt gouvernemental avant de commenter. Mais nous dirons tout de même ceci : pour se sortir du pétrin dans lequel il s’est lui-même placé, le gouvernement n’a qu’une chose à faire : revenir avec une offre substantielle et cesser ses attaques, notamment sur la question de la retraite. Une nouvelle offre insuffisante accompagnée d’une énième opération médiatique serait reçue comme une claque en plein visage par les femmes et les hommes qui font fonctionner les services publics. La hauteur des mandats de grève octroyés par les membres témoigne de la hauteur des attentes dans nos réseaux quant à l’issue de cette négociation », ont déclaré les représentants du Front commun, François Enault, premier vice-président de la CSN, Éric Gingras, président de la CSQ, Magali Picard, présidente de la FTQ, et Robert Comeau, président de l’APTS, en conférence de presse, ce matin, à Montréal.

« Nous avions été clairs sur notre intention d’exercer le mandat et la stratégie de grève votés par les travailleuses et les travailleurs que nous représentons pour arriver à une entente satisfaisante. Au-delà des échanges croisés sur l’élagage aux tables sectorielles, la réalité, c’est que rien ne bouge à la table centrale et sur les questions salariales ».

Depuis de nombreux mois, le Front commun est sur toutes les tribunes pour rappeler au gouvernement que ses offres ne passent pas et que de proposer aux travailleuses et aux travailleurs de maintenir le statu quo constitue la recette parfaite pour mettre le feu aux poudres. Compte tenu de l’état dans lequel se trouvent nos réseaux publics, maintenir une offre salariale insultante, des attaques au régime de retraite et réclamer à tout vent plus de flexibilité relève de l’aberration. Si le gouvernement veut être un employeur de choix, il faut que ça se traduise aux tables de négociation.

« Après un an de négociations, des dizaines de rencontres aux tables, beaucoup d’échanges à travers les médias, des actions de mobilisation et de visibilité partout au Québec, une manifestation monstre qui a rassemblé 100 000 personnes dans les rues de Montréal, et maintenant des mandats à 95 % en faveur d’une grève pouvant aller jusqu’à la grève générale illimitée, il faut croire que le gouvernement attend une première journée de grève pour bouger, si désolant cela soit-il. Mais que ce soit clair : il est responsable de l’annonce que nous faisons aujourd’hui », ont ajouté les leaders syndicaux.

« Nous sommes conscients des impacts considérables qu’une grève engendre sur le quotidien des Québécoises et des Québécois. Mais nous savons que la population n’a plus envie de vivre avec des services publics carencés et continuellement en pénurie de main-d’œuvre. Nous espérons donc sincèrement que ce sera assez pour faire bouger le gouvernement de manière sérieuse et limiter les désagréments. Mais si le message n’était pas entendu, une deuxième séquence pourrait être exercée, laquelle constituerait le plus grand mouvement de grève qu’ait connu le secteur public depuis 50 ans. »

Dans l’éventualité du déclenchement d’une grève le 6 novembre prochain, le Front commun précise que les services essentiels seront assurés.