Congé des fêtes: un urgent besoin de cohérence pour les écoles et les services de garde scolaires

En réaction au scénario hypothétique de prolongement du congé des fêtes pour les écoles québécoises, la Centrale des syndicats du Québec (CSQ), la Confédération des syndicats nationaux (CSN) et la Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ), au terme d’une rencontre avec le cabinet du ministre de l’Éducation, ont réclamé de toute urgence de la cohérence dans le déploiement des mesures sanitaires visant à protéger la population.

Les centrales syndicales appellent le gouvernement à faire preuve de bon sens dans la mise en place des mesures sanitaires. Elles mentionnent que, si l’objectif du gouvernement est de limiter la propagation du virus avant et après Noël, fermer les écoles à moitié serait une grave erreur puisque les groupes de services de garde scolaires n’ont jamais été en mesure de respecter la distanciation physique ni le concept de bulle-classe. Dans ce contexte, où la priorité du gouvernement est de limiter la propagation du coronavirus pour la période des fêtes, les centrales jugent donc que le maintien des services de garde scolaires serait inacceptable puisqu’il viendrait directement nuire au respect du concept de bulle-classe et de la règle visant la réduction des contacts sociaux.

D’une même voix, les centrales déplorent aussi l’absence totale de sensibilité du gouvernement quant à la réalité quotidienne vécue sur le terrain par les milliers d’éducatrices et d’éducateurs en services de garde solaires. Après l’introduction de trois journées pédagogiques, qui ont mené à une augmentation directe de la charge de travail des services de garde scolaires, la CSQ, la CSN et la FTQ regrettent que ces derniers doivent continuer de se démener pour être considérés dans les processus décisionnels. Elles se désolent qu’une fois de plus, le gouvernement s’est avancé publiquement avec des ballons d’essai qui condamnent le personnel et les parents à l’incertitude, et ce, à l’aube des fêtes. Les organisations syndicales réitèrent au gouvernement l’importance de prendre le temps de faire les choses correctement. Cela aurait dû, d’abord, débuter avec une validation préalable auprès des acteurs concernés, à savoir les travailleuses et les travailleurs de l’éducation.

Citations

« Le personnel de soutien en a plus qu’assez du manque de considération de la part du ministre de l’Éducation. On invite le gouvernement à ne pas se mettre la tête dans le sable : fermer les écoles tout en maintenant ouverts les services de garde serait aussi efficace qu’un produit homéopathique. Il ne faut pas avoir fréquenté une salle de classe souvent dans sa vie pour penser que l’ouverture des services de garde ne viendrait pas compromettre les efforts de la Santé publique. » – Sonia Ethier, présidente de la CSQ

« Depuis le début de la crise, le gouvernement pense qu’on peut régler tous les problèmes en les renvoyant dans la cour des services de garde. Ça relève malheureusement de la pensée magique. Les services de garde ne sont pas des lieux de quarantaine. Les scénarios envisagés par le gouvernement n’ont rien de cohérent. » – Jacques Létourneau, président de la CSN

« Le personnel des services de garde est déjà épuisé et au bout du rouleau. Le gouvernement doit d’abord prioriser la santé, la sécurité des enfants, de leur famille et du personnel de l’éducation. La décision de prolonger le congé des fêtes tout en maintenant les services de garde serait irresponsable et incohérente. » – Denis Bolduc, secrétaire général de la FTQ

 

Le 12 novembre, une pause en hommage aux travailleurs et travailleuses de première ligne

La Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ) et ses syndicats affiliés en négociation pour le renouvellement de leur convention collective de travail dans le secteur public invitent les militantes et militants, les travailleurs et travailleuses, ainsi que la population à prendre leur pause le jeudi 12 novembre prochain, à 10 heures, pendant 15 minutes, pour rendre hommage aux travailleuses et travailleurs de première ligne qui luttent contre la pandémie.

« Depuis mars dernier, au Québec, nous sommes tous mobilisés dans la lutte contre la COVID-19, particulièrement en santé et en éducation. Dans ces secteurs, à ce jour, au moins 18 000 personnes ont été contaminées, principalement en santé; 11 sont décédées. Nous ne pouvons rester indifférents à leur sacrifice. Il faut également saluer ceux et celles qui, dans tous les milieux de travail, se sont dévoués, bien souvent au risque de leur santé, pour prendre soin de notre population. C’est ensemble et solidaire que nous combattons la pandémie ! », déclare le président de la FTQ, Daniel Boyer.

« C’est dans cet esprit que nous invitons les travailleurs et travailleuses ainsi que la population à prendre leur pause pour saluer le sacrifice des personnes décédées des suites de la COVID-19 ou ayant contracté le virus. Cette pause, tout en assurant la continuité des services, est aussi l’occasion d’envoyer un message de remerciement aux personnes travaillant en éducation, en santé ou dans les services sociaux ou encore d’exprimer nos remerciements à tout le personnel de première ligne sur les réseaux sociaux », ajoute le secrétaire général de la FTQ, Denis Bolduc.

Reconnaitre le dévouement et le travail des hommes et des femmes du secteur public, c’est aussi, entre autres, leur donner de bonnes conditions d’exercice d’emploi et bonifier leur rémunération. Les travailleurs et travailleuses ont répondu à l’appel du premier ministre pour lutter contre la pandémie. « Malheureusement, il n’y a pas encore de règlement alors que nous avons proposé des solutions concrètes pour améliorer les services publics. Québec se prépare à investir 14 milliards de dollars dans le béton. On ne laisse pas les infrastructures se dégrader, alors pourquoi on laisse les services publics s’effondrer ? », conclut les leaders syndicaux.

Vidéo: grande manifestation du secteur public à Montréal

Plusieurs dizaines de manifestants ont envahi la rue Sherbrooke à Montréal afin de dénoncer la lenteur, voir même l’absence de négociation dans le secteur public.

Les employé-es de soutien scolaire et du secteur de la santé affiliés à la FTQ s’étaient donné rendez-vous devant les bureaux montréalais du premier ministre François Legault afin de dénoncer le manque de considération du gouvernement envers les travailleuses et travailleurs du secteur public.

                                                           

En ce jour de l’halloween, la thématique du monde des licornes était tout à fait à propos, puisque ce gouvernement ne semble pas connaître la réalité quotidienne de ses employé-es et il semble vivre dans un monde imaginaire où tout est parfait dans le secteur public.

Voyez l’entrevue du directeur exécutif du SEPB-Québec, Pierrick Choinière-Lapointe une heure avant la manifestation sur les ondes de LCN.

Également le reportage au bulletin de 18h de TVA Nouvelles.

Ajout de trois journées pédagogiques: le personnel de soutien scolaire exige du répit, de l’écoute et de la reconnaissance

Les employés et employées de soutien scolaire membres de la FTQ réagissent avec colère et découragement à l’ajout de trois journées pédagogiques annoncé par le ministre de l’Éducation mardi dernier. Alors qu’ils sont épuisés par les nombreux bouleversements de la pandémie, notamment dans les services de garde, on alourdit ainsi leur tâche, par surprise et sans consultation. Une fois de plus, les employés et employées de soutien des écoles sont laissés dans l’ombre par le gouvernement Legault.

En effet, l’ajout de ces trois journées voudrait dire que les services de garde seraient ouverts toute la journée et sans frais. Leur personnel devrait donc prendre en charge une grande partie des élèves normalement en classe.

Ils réclament donc une rencontre d’urgence entre leurs représentants de la FTQ et le ministre pour trouver des solutions.

«Accorder du répit aux enseignants, c’est très bien, mais le faire en surchargeant du personnel déjà à bout, quelle erreur! Il n’est pas trop tard pour bien faire, il faut convertir ces trois journées en moment de préparation et planification également pour ces membres du personnel, qui en ont cruellement manqué depuis le début de la pandémie», a déclaré le vice-président du SCFP-Québec responsable du secteur de l’Éducation, Guillaume Bégin.

«Nous étions déjà en première ligne au printemps dans les services de garde d’urgence sans les équipements de protection individuelle adéquats. Encore aujourd’hui, les équipements sont excessivement rationnés par endroit. De tout le personnel essentiel, nous sommes parmi les seuls à n’avoir touché aucune prime au printemps, alors que même le personnel des supermarchés en a touché et que nous rendions possibles les services de garde d’urgence. Ça en dit long sur notre dévalorisation chronique», selon la présidente du Conseil national du soutien scolaire (CNSS) du SEPB-Québec, Marie-Claude Éthier.

«Hier, le ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge, sans doute pour tenter de réparer le pot qu’il venait de casser, nous a adressé des remerciements sur Twitter et s’est dit ouvert à la discussion. Nous nous attendons donc à des pourparlers rapides et constructifs pour concrétiser ces bonnes intentions. Il faudra aussi voir au-delà des services de garde et venir en aide aux autres employés de soutien, dont plusieurs vivent une grande détresse», de réclamer le président du Syndicat des employés de soutien de la Commission scolaire Central Québec (UES 800), Pierre-Paul Binet.

Soutien scolaire: une mobilisation impressionnante

Au cours des trois derniers samedis, les employé-es du soutien scolaire membre du SEPB-Québec ont manifesté afin de faire entendre leur mécontentement face à leurs conditions de travail exécrables et à l’immobilisme du gouvernement dans le cadre des négociations pour le renouvellement des conventions collectives du secteur public.

Il s’agit d’une mobilisation impressionnante.

Voyez le résumé vidéo des trois premières manifestations:

Ne manquez pas également notre 4e manifestation, le samedi 31 octobre à 13h30 devant les bureaux montréalais du premier ministre François Legault, au 770 Sherbrooke Ouest. Nos collègues des autres affiliés de la FTQ (santé et éducation) seront de la partie.

Négociations du secteur public: un sondage CROP révèle que les trois quarts des Québécois estiment qu’un règlement aiderait à lutter contre la COVID-19

Un sondage CROP commandé par la FTQ et ses syndicats affiliés impliqués dans la négociation du secteur public (SEPB-Québec, SCFP-Québec, SQEES 298, UES 800) révèle clairement que la grande majorité des Québécois et Québécoises considèrent qu’un accord sur le renouvellement des conventions collectives des travailleurs et travailleuses de l’état contribuerait à lutter contre la COVID-19. En effet, 75% des personnes interrogées ont répondu oui à la question voulant qu’un règlement aiderait à faire face à la pandémie.

« Il est temps de mettre cette négociation derrière nous et de concentrer tous nos efforts à lutter contre la crise que nous traversons. Nous avons déposé des demandes raisonnables et proposé des pistes de solutions gagnant/gagnant pour le gouvernement, les travailleuses et les travailleurs et pour la population du Québec. Nos gens sont épuisés, ils ont besoin de reconnaissance, de meilleures conditions d’exercice d’emploi et de meilleurs salaires », déclare le président de la FTQ Daniel Boyer.

« On ne va jamais réussir à recruter et à maintenir en emploi des travailleurs et travailleuses dans le secteur public tant que cette situation ne sera pas réglée. D’ailleurs, la population le comprend bien. Le message est clair : 84% des répondants estiment que la trop grande charge de travail et les salaires trop bas sont les principales causes de la pénurie de personnel », ajoute le président de la FTQ.

D’ailleurs, 77% des répondants au sondage estiment que les salaires versés sont un investissement plutôt qu’une dépense.

Les résultats du sondage, effectué entre le 15 et le 20 octobre auprès de 1500 répondants, sont également très inquiétants pour l’avenir des services publics. Chez les personnes interrogées qui oeuvrent dans le secteur public, 41% ont déclaré, dans la situation actuelle, songer à un changement de carrière, cette proportion grimpe à 56 % chez les jeunes travailleurs et travailleuses de 18 à 34 ans.

« En laissant traîner la négociation, c’est clair que plusieurs travailleurs et travailleuses vont quitter le réseau, d’ailleurs c’est déjà commencé. Nous sommes en train de perdre
des gens d’expérience ainsi que la relève. Le gouvernement doit se réveiller et donner le mandat à ses négociateurs de régler, et rapidement », conclut Daniel Boyer.

Pour consulter le sondage cliquez ici

Statistiques pour déboulonner quelques mythes et mieux comprendre les enjeux de cette négociation :

• Moyenne salariale des employés du secteur public (FTQ) : 36 155,49 $ ;
• Moyenne salariale des employés occasionnels et temporaires (FTQ) du secteur public (autres que réguliers) : 28 490,15 $ ;
• Retard salarial du secteur public (FTQ) : 6,2 % ;
• Pourcentage de femmes que nous représentons (FTQ) : 73,7 % ;
• Pourcentage de travailleurs et travailleuses qui n’ont pas de permanence ou de poste à temps complet (FTQ) : 43,2 %.

La mobilisation se poursuit

Chères consœurs,

Chers confrères,

La présente est une invitation pour continuer notre série de manifestations pacifiques, familiales et le tout en respectant les règles sécuritaires devant différents lieux symboliques.

Pourquoi manifester dans le contexte actuel de COVID-19? La réponse est simple : le personnel de soutien scolaire a besoin d’aide. Il est au bout du rouleau. Le gouvernement ne nous offre pas d’autre alternative, puisque la négociation du renouvellement de notre convention collective n’avance pas. Et il n’en va pas seulement de leur avenir, mais aussi de celui de nos enfants et des services publics tout entiers. Si nous n’améliorons pas nos conditions de travail et notre salaire, la pénurie de main-d’œuvre va s’aggraver, notre santé mentale va continuer à se dégrader et nos écoles n’auront plus assez de personnel pour offrir une éducation égalitaire et de qualité dans un avenir proche. Le gouvernement doit vite retirer ses lunettes roses et cesser de vivre dans son « Monde de licornes ».

Lors de ces manifestations, nous vous invitons à vous costumer en licorne!

Voici les informations pour les prochains rassemblements :

date et heure Adresse Lieu du rassemblement
Samedi 17 octobre 2020
à 13 h
26, boul. Taschereau,
bureau 306

La Prairie (Québec) J5R 0R9

Bureau de Christian Dubé, débuté de La Prairie et ministre de la Santé et des services sociaux (ancien président du Conseil du trésor)
Samedi 24 octobre 2020
à 13 h
2028, avenue Bourgogne

Chambly (Québec) J3L 1Z6

Bureau de Jean-François Roberge, député de Chambly et ministre de l’Éducation
Samedi 31 octobre 2020
à 13 h
Conseil exécutif

770, rue Sherbrooke Ouest, 4étage

Montréal (Québec) H3A 1G1

Bureau de François Legault, député de l’assomption et Premier Ministre
Samedi 7 novembre 2020
à 13 h
580, rue Barkoff, bureau 210

Trois-Rivières (Québec) G8T 9T7

Bureau de Sonia Lebel, députée de Champlain et présidente du Conseil du trésor

 

Ces rassemblements seront d’une courte durée et l’ensemble des règles sanitaires devront obligatoirement être respectées (distanciation sociale, port du masque et lavage de main). Une table « sanitaire » et un service d’ordre seront sur place.

Nous comprenons que certain(e)s d’entre-vous ne soient pas à l’aise de venir manifester. Pas de problème, chacun(e) doit pouvoir se sentir à l’aise et se respecter. Nous diffuserons donc la manifestation en direct sur la page Facebook du
SEPB-Québec : https://www.facebook.com/sepbquebec. Vous pourrez montrer votre solidarité en restant en ligne et en envoyant des commentaires de soutien ou des témoignages.

Si vous avez des questions, vous pouvez contacter votre section locale syndicale.