Un budget sans surprise : la FTQ a hâte de passer à autre chose

La Fédération des travailleurs et des travailleuses (FTQ) éprouve une déception prévisible face au budget déposé aujourd’hui par le ministère des Finances. La centrale déplore l’absence de vision structurante pour soutenir les travailleurs et travailleuses dans un contexte de turbulences économiques.

« Il y a peu de choses dans ce budget qui répondent aux attentes des travailleurs et des travailleuses. On s’y attendait considérant que le budget du ministre des Finances était déjà rédigé lorsque nous l’avons rencontré. On tient compte que très partiellement de l’augmentation des inégalités sociales, de la crise de l’habitation, de l’incertitude économique actuelle ou encore de l’urgence de lutter contre les changements climatiques. Il s’agit d’une autre illustration de la déconnexion de la CAQ par rapport aux attentes et aux besoins de la population québécoise », déclare la présidente de la FTQ, Magali Picard.

Le gouvernement a annoncé quelques nouvelles dépenses et investissements dans des domaines importants pour la société québécoise, ce qui est toujours bienvenu. Cela dit, la centrale déplore le manque de vision et d’ambition de ce budget. Par exemple, la conversion de 5000 places de garde non subventionnées en place subventionnées apparaît comme une bonne nouvelle, mais l’idéal serait un réseau complet et accessible de centres de la petite enfance (CPE). Nous disons oui à un soutien additionnel pour le secteur forestier, mais quand le Québec aura-t-il une véritable politique industrielle ?

L’augmentation du niveau des dépenses sera très faible au cours des prochaines années, ce qui laisse présager un retour à l’austérité. Les dépenses en santé et services sociaux se situeront à un niveau acceptable pour 2026-2027, mais augmenteront peu pour l’année subséquente. En éducation, les augmentations apparaissent insuffisantes et entraîneront des impacts négatifs sur les services. Il s’agit là de choix politiques considérant les sommes importantes versées au Fonds des générations et l’absence de nouveaux revenus, particulièrement auprès des plus riches. Le gouvernement aurait également pu mettre sur pied un régime public et universel d’assurance médicaments, ce qui aurait permis des économies de plusieurs milliards de dollars par année.

« Au Québec, il y a du monde qui travaille fort, puis qui n’y arrive plus. Il y a des familles qui coupent dans l’épicerie et des gens qui travaillent à temps plein sans joindre les deux bouts. Nos membres, comme l’ensemble des Québécois et Québécoises, n’ont pas besoin d’un gouvernement spectateur. Ils ont besoin d’un gouvernement qui protège les emplois et qui améliore leur qualité de vie », ajoute la présidente de la FTQ.

Après deux mandats caquistes, la FTQ est prête à passer à autre chose et à contribuer activement à élaborer des solutions pour les défis auxquels fait face la société québécoise.

« C’est inhabituel de dire ça en mars alors que le printemps approche, mais on attend avec impatience d’être en octobre pour que soient enfin déclenchées les élections. À la FTQ, on est déjà passé au prochain appel. On se prépare à travailler avec le prochain gouvernement, peu importe sa couleur politique. Il y a un besoin urgent de rétablir le dialogue social qui a été mis à mal par ce gouvernement. Ce n’est pas un caprice syndical, mais une façon intelligente de faire face aux turbulences et de bénéficier de l’expertise du terrain », précise la présidente de la FTQ.

Fin de l’étude détaillée du projet de loi 3 : Le gouvernement s’apprête à adopter une des pires lois de l’histoire du Code du travail

Montréal, le 26 février 2026 – La CSN, la CSQ et la FTQ déplorent l’adoption prochaine du projet de loi 3 par le gouvernement caquiste, alors que se terminait hier l’étude détaillée. À quelques mois des élections, le gouvernement préfère déséquilibrer davantage les relations de travail pour des motifs essentiellement idéologiques plutôt que de répondre aux priorités de la population, comme la crise du coût de la vie et l’accès aux services publics.

Si l’adoption de certains amendements vient clarifier sa portée, la Loi visant à améliorer la transparence, la gouvernance et le processus démocratique de diverses associations en milieu de travail demeure une nouvelle attaque de ce gouvernement contre les droits des travailleuses et des travailleurs. Ironiquement, l’ajout de nombreuses contraintes administratives qu’engendrerait le projet de loi 3 coûterait cher aux syndiqué-es. Cette bureaucratisation inutile de l’organisation syndicale nuira nécessairement à la défense des droits des travailleuses et des travailleurs. Pour les trois grandes centrales, c’est au rôle d’acteur social des organisations syndicales que s’en prend le gouvernement qui souhaite les empêcher de lutter pour des gains profitant à la population.

Rappelons que le projet de loi 3 du ministre Jean Boulet s’ajoute à la loi 14, qui freine le droit de grève des salarié-es. En plus de ces atteintes aux droits des travailleuses et des travailleurs, le gouvernement met de l’avant plusieurs projets de loi préoccupants, comme le projet de loi 1 et le projet de loi 9, au point où le Barreau du Québec et la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse (CDPDJ) s’inquiètent publiquement d’une dérive autoritaire et d’un effritement de l’État de droit.

« Ce gouvernement laissera deux choses derrière lui : les pires lois contre les travailleuses et les travailleurs adoptées depuis des décennies et une inaction incompréhensible face aux enjeux qui préoccupent la population. Avec la démission de François Legault, nous aurions souhaité que ce gouvernement change de cap et se concentre sur les priorités des citoyennes et des citoyens. Il a plutôt préféré faire plaisir aux patrons en allant de l’avant avec ce projet de loi que nous jugeons inconstitutionnel », déclarent Caroline Senneville, présidente de la CSN, Éric Gingras, président de la CSQ, et Magali Picard, présidente de la FTQ.

« Les organisations syndicales ont toujours été au rendez-vous pour améliorer la vie des Québécoises et des Québécois. Est-il besoin de rappeler que les luttes syndicales ont permis le développement des CPE, la mise en place de l’équité salariale et le déploiement de nos services publics, notamment en éducation et en santé ? Avec ces projets de loi qui attaquent les travailleuses et les travailleurs, la CAQ tente de museler les contre-pouvoirs. Nos organisations demandent aux candidats à la succession de François Legault de s’engager à ne pas adopter ce projet de loi. Dans les derniers jours, ils se sont distancés de certaines mauvaises décisions du gouvernement, notamment quant à l’abolition du PEQ. Il n’est pas trop tard pour en faire autant avec le projet de loi 3. Les autres partis politiques doivent aussi s’engager à retirer cette loi », de conclure les présidences des trois grandes centrales syndicales.

Démission de François Legault: réaction de la FTQ

La Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ) prend acte de la démission de François Legault comme premier ministre et chef de la Coalition avenir Québec (CAQ). Pour la FTQ, il est clair qu’il s’agit du résultat de l’échec des politiques de la CAQ, particulièrement depuis le début du dernier mandat.  « Le virage à droite toute et les politiques populistes de division et d’affrontement de la CAQ ne pouvaient qu’aboutir au départ de celui qui passait les commandes. La population du Québec n’aime pas les chicanes et le chaos. Nous l’avons dit et répété à plusieurs reprises, le bilan des dernières années du gouvernement est catastrophique pour le Québec », déclare la présidente de la FTQ, Magali Picard.

Il faut de façon urgente que ce qui reste de ce gouvernement renoue avec la population. Cela veut dire amorcer un dialogue social avec la société civile et les représentants des travailleurs et travailleuses. Cela veut aussi dire travailler pour lutter contre l’itinérance, la crise du logement, le coût de la vie et s’engager à abroger les projets de loi et les lois qui ont créé le désordre des derniers mois. Le message s’adresse aussi aux partis d’opposition qui devront prendre note que rejeter le dialogue social avec sa population ne peut que desservir le Québec.

« Aussi, il faut rappeler l’absence de geste concret de ce gouvernement pour lutter contre la guerre tarifaire en abandonnant les travailleurs et travailleuses et les entreprises impactées par l’agression américaine. Malgré cela, la FTQ salue l’engagement de François Legault pour ses années de service public », conclut la présidente de la FTQ, Magali Picard.

Bilan et perspectives 2025-2026: conférence de presse de la présidente et du secrétaire général de la FTQ

La Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ) retient de l’année 2025 l’échec total du gouvernement de François Legault qui, au terme de sept années au pouvoir, n’a rien fait pour régler les crises du logement, de l’itinérance, de la vie chère, de la santé ou de l’éducation. « Afin de masquer ses échecs, ce gouvernement en fin de mandat a choisi de diviser en ciblant de manière malicieuse les personnes migrantes, les médecins et les syndicats comme étant responsables des crises que nous traversons. Ce gouvernement abandonne également les milliers de travailleurs et travailleuses qui perdent leur emploi, ainsi que les entreprises en difficulté en raison de la guerre tarifaire que livrent nos voisins du Sud. Il est où le plan de sortie de crise ? », de questionner la présidente et le secrétaire général de la FTQ, Magali Picard et Olivier Carrière.

« La population du Québec doit également prendre conscience des dérives démocratiques de ce gouvernement avec ses projets de loi et lois qui n’ont qu’un seul objectif : museler la société civile et les organisations syndicales en s’ingérant dans leur gouvernance et leurs droits de contester des lois arbitraires. Le projet de loi sur la Constitution écrit sur un coin de table est un autre exemple de cette dérive. Un projet de loi qui menace également le droit des femmes à l’avortement », ajoute la présidente, Magali Picard.

Au fédéral, la FTQ entend poursuivre ses échanges avec le gouvernement libéral qui croit au dialogue social tout en restant consciente qu’il y aura des batailles à mener.

Par ailleurs, au terme du 34e Congrès de la centrale qui s’est tenu à Québec en novembre dernier, les personnes déléguées représentant les 33 grands syndicats affiliés de la FTQ ont adopté plus de 150 résolutions confirmant ainsi les mandats et le rôle de représentation politique de la centrale et de ses dirigeants. Aussi, en 2026, la FTQ et les partenaires syndicaux vont poursuivre leur travail de réflexion avec les États généraux du syndicalisme. « Amorcé au printemps 2025, cet exercice est la preuve que nos organisations sont assez matures pour se remettre en question et réfléchir sur nos approches afin de renforcer la solidarité, d’identifier ce qui fonctionne et ce que nous faisons moins bien dans le but de répondre aux attentes des personnes que nous représentons », ajoute le secrétaire général, Olivier Carrière.

Enfin, en cette année électorale, la FTQ compte bien faire entendre la voix des travailleurs et travailleuses sur les enjeux du prochain scrutin. « Plus que jamais et forte de ses mandats, la FTQ reste déterminée à défendre le modèle québécois hérité de nos prédécesseurs. La mission de la FTQ demeure la même : défendre la dignité au travail, améliorer la vie des gens et notre filet social pour bâtir ensemble une société encore plus juste, plus égalitaire, plus inclusive et plus verte », de conclure les leaders syndicaux.

Clôture du 34e Congrès de la FTQ: Magali Picard élue par acclamation pour un deuxième mandat

La Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ) clôture le 34e Congrès de son histoire par un mandat clair de poursuivre la lutte contre les gouvernements qui s’attaquent aux travailleurs et travailleuses du Québec.

« Je suis fière du travail accompli par les militants et militantes à ce 34e Congrès. Notre défi maintenant est de faire comprendre à ce gouvernement que ce n’est pas vrai que nous allons le laisser saccager nos droits, notre filet social qui est le résultat de batailles et de luttes qui, au fil des ans, ont profité non seulement aux travailleurs et travailleuses syndiqués, mais à toute la population du Québec », déclare la présidente de la FTQ, Magali Picard.

Lors de ce Congrès, les personnes déléguées, en plus de d’élire par acclamation Magali Picard pour un deuxième mandat, ont élu au poste de secrétaire général, Olivier Carrière du syndicat Unifor. « Je suis honoré de la confiance que me portent les personnes déléguées. Je crois profondément à notre démocratie syndicale. Une démocratie qui est vraie, pas théorique. Ça brasse, ça discute, ça prend du temps, mais c’est fait ensemble. Et c’est ce qui dérange les gouvernements. Eux, ils sont élus, mais après, ils font ce qu’ils veulent sans nous consulter. Nous, on retourne toujours à la base. On demande des mandats, on valide, on consulte, on rend des comptes. Nous sommes un des rares milieux où la démocratie se vit pour vrai, et ça dérange toujours un peu ceux qui aimeraient décider tout seul », déclare le nouveau secrétaire général, Olivier Carrière.

Maryève Boyer élue

Notre collègue Maryève Boyer (SEPB-573) a également été élue par acclamation au poste de vice présidente représentant les femmes au bureau de direction de la FTQ. Il s’agit d’un deuxième mandat pour Maryève.

Enfin, tout au long de la semaine, ensemble, nous avons débattu plusieurs dizaines de résolutions touchantes, entre autres, la crise du logement, les emplois, le secteur de la construction, les changements climatiques, le transport collectif, la santé et sécurité du travail, le droit des femmes. Le Congrès a aussi adopté une résolution d’urgence dénonçant les attaques antisyndicales du gouvernement de François Legault. « Les syndicats appartiennent à leurs membres. Ce gouvernement plonge volontairement le Québec dans le chaos social, au lieu de s’attaquer aux véritables problèmes vécus par la population québécoise, on désigne des boucs émissaires pour détourner le regard du bilan désastreux de la CAQ. Un gouvernement qui va marquer l’histoire comme étant un des pires gouvernements que le Québec ait connu », concluent les leaders syndicaux.

Dépôt du projet de loi imposant le retour au travail à la STM; réaction de la FTQ

La Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ) déplore encore une fois l’intervention du gouvernement de la CAQ dans le dossier des négociations à la STM qui, au lieu de laisser les parties négociées, veut imposer la fin des moyens de pression. « C’était écrit dans le ciel que la Loi Boulet, la Loi 14, allait torpiller les négociations et c’est exactement ce qui arrive dans le dossier du transport en commun à Montréal. Avec cette loi matraque, quel est l’intérêt des employeurs de négocier de bonne foi en sachant très bien que le gouvernement a le pouvoir d’intervenir en tout temps ? Poser la question, c’est y répondre », déclare la présidente de la FTQ, Magali Picard.

« Plus tôt cette semaine, le gouvernement de la CAQ en a ajouté une couche avec sa menace du ministre Boulet de devancer la mise en œuvre de sa Loi, qui doit entrer en vigueur le 1er décembre. Cela a tout simplement eu pour effet de ralentir les négociations, surtout que nos travailleurs et travailleuses sont toujours aux tables de discussion dans l’espoir de trouver un règlement à la satisfaction de tous et toutes. On le constate, la Loi Boulet contamine tout le processus d’équilibre fragile de négociation », ajoute la présidente.

« Le dépôt du projet de loi no 8 par le ministre Jean Boulet illustre bien, encore une fois, que ce gouvernement en fin de régime, qui s’attaque encore une fois aux travailleurs et travailleuses du Québec, tente le tout pour le tout pour de se refaire une image publique présentable. La population du Québec n’est pas dupe et c’est l’ensemble du bilan de ce gouvernement qui sera jugé aux prochaines élections », conclut Magali Picard.

Réaction de la FTQ au budget fédéral

La Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ) prend acte du budget fédéral présenté par le gouvernement et accueille positivement les investissements annoncés pour les entreprises, les infrastructures et le domaine de la science qui doivent créer et maintenir des emplois. Cependant, elle s’inquiète des compressions prévues dans la fonction publique fédérale.

« Nous le savons tous, les travailleurs et travailleuses souffrent des caprices de notre voisin du sud avec sa guerre commerciale sur les tarifs douaniers. La dernière chose que souhaite le Québec en ce moment, c’est une élection fédérale. La FTQ invite donc le gouvernement et les partis d’opposition à trouver des voies de passage pour assurer la stabilité politique afin de mieux répondre aux besoins des travailleurs et travailleuses et de toute la population », déclare la présidente de la FTQ, Magali Picard.

« Il ne faut surtout pas oublier que pour Bâtir un Canada fort comme le souhaite le gouvernement fédéral, cela ne peut se faire sans les travailleurs et travailleuses qui sont appelés à livrer les services à la population, surtout en période de crise », conclut le secrétaire général de la FTQ, Denis Bolduc.

Pouvoir syndical: 2500$ en prix à gagner

Comme vous le savez peut-être, le SEPB-Québec est un partenaire de Pouvoir syndical, un programme d’avantages sociaux sans but lucratif qui permet d’offrir plusieurs rabais et ristournes sur plusieurs produits: assurances, vêtements, hôtels, électronique et bien d’autres.

Dans le but d’encourager les inscriptions, Pouvoir syndical organise un concours pour les membres du SEPB-Québec.

Tout ce que vous avez à faire c’est suivre les indications ci-dessous:

Guerre commerciale: ce n’est pas le temps de limiter l’accès à l’Assurance emploi

Les groupes de défense des sans-emploi, le Conseil national des chômeurs et chômeuses (CNC) et le Mouvement autonome et solidaire des sans-emploi (MASSE) et les grandes centrales syndicales québécoises (CSD, CSN, CSQ et FTQ) tiennent à exprimer leur déception face à l’expiration en date du 11 octobre de la mesure qui permettait une admissibilité élargie à l’assurance-emploi dans le contexte actuel de guerre commerciale et de hausse du chômage.

L’expiration de cette mesure d’ajustement du taux de chômage, dans un tel contexte économique, réduira l’accès à l’assurance-emploi pour des travailleurs et travailleuses qui en ont véritablement besoin. De plus, nous considérons que la reconduction de la mesure concernant le « délai de carence » et celle de la suspension de la répartition de la rémunération payée avant d’avoir accès aux cotisations atteint à peine un minimum des besoins des travailleurs et travailleuses.

Ensemble, les groupes et les centrales syndicales invitent le gouvernement fédéral à plutôt mettre en place des mesures permanentes améliorant l’accès au plus important programme social canadien dans le cadre de son prochain budget le 4 novembre prochain.

« En campagne électorale, Mark Carney avait conservé la position des libéraux des dernières années, promettant de renforcer le filet social et une assurance-emploi mieux adaptée aux réalités du travail. Or, non seulement n’y a-t-il pas de réforme du programme, mais son gouvernement recule sur la seule mesure qui permettait d’élargir l’accès à l’assurance-emploi dans un contexte d’insécurité économique provoquée par la guerre commerciale avec les États-Unis », ont déclaré Selma Lavoie et Milan Bernard, co-porte-paroles du CNC. « Comme si ce n’était pas assez, la nouvelle mesure introduite ne s’applique qu’aux “travailleurs de longue date” et risque bien de laisser tomber ceux et celles avec des emplois précaires et vulnérables, comme les travailleurs saisonniers, les employés contractuels et à temps partiels, les jeunes et les nouveaux arrivants, de même que certains secteurs importants de l’économie ».

« Ça fait des années que les groupes syndicaux, communautaires et sociaux se mobilisent pour exiger une réforme en profondeur du régime d’assurance-emploi. Trop de travailleuses et de travailleurs sont exclus d’emblée du régime. Favoriser l’admissibilité, c’est la clé. Alors, pourquoi retirer la seule mesure facilitant l’accès au régime depuis longtemps ? Exiger un meilleur filet social, c’est faire un pas concret – et essentiel – vers un régime réellement universel, accessible, juste et non discriminatoire. Le gouvernement fédéral ne peut plus faire semblant en instaurant des mesures temporaires à la pièce. Il doit agir, maintenant ! », dénonce Michael Bizzarro, co-coordonnateur du MASSE.

« Avec la guerre commerciale qui fait rage, les centrales syndicales du Québec demandent au gouvernement Carney de ne pas se limiter à soutenir seulement les entreprises, mais aussi les travailleuses et les travailleurs dans les secteurs affectés. Dans cette optique, il faudrait notamment hausser les prestations d’assurance-emploi et augmenter les transferts fédéraux relatifs à la formation afin de donner un réel appui aux principales victimes de cette guerre qui perdure malgré les efforts de trouver un terrain d’entente avec Donald Trump », affirment à l’unisson Luc Vachon, président de la CSD, Caroline Senneville, présidente de la CSN, Luc Beauregard, secrétaire-trésorier de la CSQ, et Denis Bolduc, secrétaire général de la FTQ.

En février dernier, les groupes de défense des sans-emploi et les centrales syndicales avaient d’ailleurs appelé à mettre en place les mesures suivantes :

  • Une norme universelle d’admissibilité de 420 heures ;
  • Une augmentation du montant des prestations et l’établissement d’un seuil plancher à 500 $ ;
  • Que l’exclusion pour fin d’emploi invalide ne s’impose que sur le dernier emploi occupé ;
  • Rendre permanente la mesure permettant de recevoir des prestations plus tôt en simplifiant les règles régissant le traitement des indemnités de départ et autres sommes versées à la suite d’une cessation d’emploi.

La coalition invite ainsi de nouveau le gouvernement à profiter du budget pour mettre en place ces mesures, afin de fournir aux travailleurs et aux travailleuses une réelle protection en cas de chômage.

Projet de loi no 1 sur la Constitution québécoise: réaction de la FTQ

La Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ) s’étonne du projet de loi sur la Constitution québécoise considérant l’absence de consultations et son importance pour le Québec. De plus, ce n’est pas comme s’il n’y avait pas d’autres priorités. « Entendons-nous bien, la FTQ n’est pas contre un projet de Constitution pour le Québec, mais cela ne doit pas se dessiner sur un coin de table. Cela doit faire l’objet d’une vaste consultation publique et populaire. Cela ne doit pas être le stratagème d’un gouvernement en fin de mandat et qui a lamentablement échoué après sept années au pouvoir en ce qui a trait à la gouvernance de l’État », déclare la présidente de la FTQ, Magali Picard.

« Aussi, la FTQ s’interroge sur les véritables intentions de la CAQ avec son projet de loi sur la Constitution du Québec. Est-ce que ce gouvernement se prépare à bâillonner et à faire taire la société civile afin qu’elle ne puisse plus contester certaines lois ? Nous posons la question. À sa lecture, le projet de loi semble poser des limites aux organismes de la société civile pour faire valoir leurs droits devant les tribunaux », ajoute le secrétaire général de la FTQ, Denis Bolduc.

« On se demande également pourquoi la CAQ veut transformer la Commission des droits de la personne et des droits la jeunesse (CDPDJ) en Commission des droits de la Nation. Nous savons que la CAQ et le premier ministre n’aiment pas la dissidence, mais le projet de loi dénature sa mission, qui doit servir à protéger les droits et libertés des individus. Ce projet de loi soulève tellement de questions sans réponse qu’il y a obligation de débats, et pas seulement en vase clos », ajoute la présidente.

« Comme à son habitude, lors de dépôt de projets de loi, et en respect de son mandat donné par ses membres, la FTQ va étudier attentivement le projet de loi no 1 afin de déterminer ses impacts pour les travailleurs et travailleuses du Québec et demandera à être entendue par le gouvernement », concluent les leaders syndicaux.