Les syndicats appellent le gouvernement à cesser de faire diversion

À la veille du discours d’ouverture à l’Assemblée nationale, les organisations syndicales interpellent le premier ministre, François Legault. Il est temps pour lui de retrouver sa boussole, de cesser les diversions et de s’attaquer aux véritables défis qui touchent la population québécoise.

Alors que le gouvernement évoque des réformes du « régime syndical » et la poursuite des compressions budgétaires dans les services publics, les syndicats rappellent que les Québécoises et Québécois attendent des solutions concrètes à des problèmes bien réels : la crise du logement, l’augmentation du coût de la vie, l’accès aux soins de santé et aux services sociaux ainsi qu’aux services en éducation.

« Ce n’est pas en sabrant dans les services et nos réseaux publics qu’on va répondre aux besoins croissants de la population. Il faut renforcer l’État, pas l’affaiblir. Le gouvernement met à pied du personnel – se privant ainsi d’une expertise importante – au profit de la sous-traitance, qui coûte bien souvent le double. Et ce, sans compter les nombreux dépassements de coûts comme on a pu le voir avec SAAQclic et le dossier de santé numérique », ont prévenu les porte-paroles Robert Comeau, de l’APTS, Luc Vachon, de la CSD, Caroline Senneville, de la CSN, Éric Gingras, de la CSQ, Mélanie Hubert, de la FAE, Julie Daignault, de la FIQ, Magali Picard, de la FTQ, Michel Girard, du SFPQ et Guillaume Bouvrette, du SPGQ, réunis en conférence de presse.

La commande de François Legault de donner un traitement choc à l’État québécois entraînera de nouvelles réductions de services pour les élèves dans les écoles et les étudiants dans les cégeps, pour les personnes usagères des services sociaux ou dans les hôpitaux, en plus d’augmenter le temps d’attente dans les services gouvernementaux, particulièrement pour les personnes vulnérables et moins nanties.

« La capacité de l’État à remplir ses missions est déjà mise à rude épreuve. Couper davantage, c’est foncer droit dans un mur. Si on veut vraiment réduire les dépenses, il faut commencer par cesser de multiplier les structures comme Mobilité Infra Québec et Santé Québec, ou de gaspiller des fonds publics dans des investissements à perte comme dans le cas de Northvolt », déplorent les porte-paroles.

À travers ces mesures d’austérité et les attaques répétées contre les organisations syndicales, le gouvernement semble vouloir affaiblir les contre-pouvoirs qui jouent un rôle essentiel en démocratie. L’exemple de l’adoption du projet de loi nº 89 (la Loi Boulet), qui limite le droit de grève, parle de lui-même. Les organisations syndicales rappellent qu’elles sont des agentes de progrès social, porteuses de solutions, de dialogue et, surtout, la voix des travailleuses et des travailleurs. Tenter de les museler, c’est refuser le débat et la participation citoyenne.

« Est-ce vraiment la direction que les Québécoises et les Québécois souhaitent prendre? Nous sommes convaincus que non. Pointer du doigt les syndicats est une stratégie de diversion. Le gouvernement Legault, en déroute populaire, cherche à consolider sa base avec ce discours, tout en muselant les critiques. Mais sur le fond, ce n’est rien pour améliorer le quotidien des gens, ce n’est porteur d’aucune solution et ça mine à la fois le dialogue et la paix sociale. »

Les États généraux du syndicalisme : déjà en mode solution

Les organisations syndicales réitèrent leur volonté de moderniser notre modèle de relations de travail pour mieux répondre aux attentes des travailleuses et des travailleurs ainsi que pour renforcer leur pouvoir d’action face aux nouvelles réalités du monde du travail. Les États généraux du syndicalisme, lancés le 31 mars dernier, témoignent concrètement de ces intentions.

« Plutôt que de chercher des boucs émissaires, le premier ministre devrait s’engager dans un dialogue social sérieux. Nous, ce qu’on propose, c’est une discussion franche avec nos membres et la société civile, car ce sont les travailleuses et les travailleurs qui font fonctionner le Québec au quotidien. »

Les organisations syndicales souhaitent que le discours d’ouverture qui sera prononcé le 30 septembre marque un tournant et soit un appel à la responsabilité, à la cohésion sociale et à une vision ambitieuse pour le Québec. Elles seront au rendez-vous pour défendre les droits des travailleuses et des travailleurs, mais aussi ceux de toute la population du Québec.

Maintien de l’équité salariale 2020-2025: le maintien se fera en comité

Pour la première fois en plus de 20 ans, l’exercice de maintien de l’équité salariale 2020-2025 sera réalisé par un comité de maintien, tel qu’il est prévu par la Loi sur l’équité salariale, réunissant l’employeur et les organisations syndicales représentant les travailleuses et les travailleurs. La dernière fois qu’un tel exercice a été mené conjointement remonte à l’évaluation initiale, soit au début des années 2000.

Depuis, le gouvernement a réalisé seul les exercices de maintien 2010, 2015 et 2020. Le résultat ? Des affichages contestés, suivis de longues années de judiciarisation — qui ont toujours cours pour certaines plaintes — avant que les correctifs ne soient appliqués. Cette fois-ci, le travail se fera en comité de maintien paritaire, lequel déterminera les résultats des travaux.

Le 17 septembre dernier s’est tenue la première rencontre officielle du comité de maintien. Autour de la table, la CSN, la CSQ, la FTQ, la FIQ, l’APTS, la FAE et le SPGQ (tous réunis en intersyndicale), ainsi que le Secrétariat du Conseil du trésor (SCT). Ensemble, nous analyserons les changements survenus dans les emplois et déterminerons s’il y a des correctifs salariaux requis.

Considérant l’ampleur des travaux, il y aura un retard dans l’affichage des résultats du maintien 2025, dont l’affichage est dû le 20 décembre 2025. Toutefois, les correctifs, s’il y a lieu, seraient versés rétroactivement, incluant les intérêts légaux. Globalement, nous sommes convaincus que ce mode de travail paritaire permettra d’éviter de longues batailles juridiques.

Nous vous tiendrons informés de l’évolution des travaux.

Cotisations syndicales facultatives « Ce gouvernement est en train de perdre la tête ! » ‒ Magali Picard, présidente de la FTQ

La Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ) ne peut que dénoncer la nouvelle attaque du gouvernement de François Legault contre le monde du travail. « On apprend que la CAQ songerait à rendre une partie des cotisations syndicales facultatives afin de tenter de museler les organisations syndicales pour les empêcher de faire de l’action politique. Franchement, François Legault et son gouvernement sont en train de perdre la tête après avoir perdu leur boussole », déclare la présidente de la FTQ, Magali Picard.

« Les cotisations syndicales servent entre autres à représenter les travailleurs et travailleuses auprès de leurs employeurs, mais aussi pour faire pression sur les gouvernements pour défendre le filet social de toute la population du Québec, syndiquée ou non. Ça fait des semaines que ce gouvernement se cherche des boucs émissaires pour tenter de justifier tous ses échecs. Crise du logement, crise en santé, crise en éducation, crise de l’itinérance, crise de la vie chère, et tout ce que la CAQ est capable d’imaginer c’est de diviser le Québec en semant le chaos », ajoute la présidente de la FTQ.

« Pour la CAQ et Francois Legault, les responsables de leurs incompétences, ce sont les syndicats et les personnes immigrantes. Eh bien, ça ne passe pas.  Jamais la FTQ ne se laissera bâillonner par un gouvernement qui méprise l’héritage de ceux et celles qui ont construit le Québec, qui méprise les travailleurs et travailleuses qui œuvrent chaque jour pour faire du Québec une société plus libre, plus démocratique. Ce gouvernement n’a plus aucune crédibilité, il va falloir que le gouvernement de la CAQ retrouve la raison », conclut la présidente de la FTQ.

Lancement de la vente de tuques 5 en I en support à la marche mondiale des femmes

Dans le cadre de son mandat, le Comité action féministe du Conseil régional FTQ Bas-Saint­ Laurent – Gaspésie – Îles-de-la-Madeleine lance avec fierté sa campagne de prévente de tuques militantes, en appui à la Marche mondiale des femmes d’octobre 2025 – à laquelle le Conseil régional prendra part. Depuis plus de deux décennies, la Marche Mondiale des Femmes incarne une force incontournable dans la lutte pour l’égalité et la justice. Une invitation aux membres, ainsi que les modalités d’inscription pour participer à la marche, seront communiquées sous peu.

UNE TUQUE. UN SYMBOLE. UNE LUTTE.

Dans un contexte où les droits des femmes sont encore trop souvent fragilisés, attaqués ou remis en question, nous portons haut et fort notre engagement. À travers cette campagne de prévente, le Comité action féministe vous invite à poser un geste concret et visible de solidarité féministe et syndicale.

La Marche mondiale des femmes 2025 (MMF), c’est plus qu’un événement. C’est un moment de convergence des luttes contre les inégalités systémiques, les violences faites aux femmes, pour la justice sociale, économique, etc. C’est aussi un cri collectif, porté par des femmes d’ici et d’ailleurs, uni dans la sororité et la résistance.

PORTER LA LUTTE SUR LA TÊTE ET DANS LE COEUR

Nous avons toutes et tous dans nos vies une mère, une sœur, une collègue, une amie, une conjointe, une fille, pour qui nous voulons un monde plus juste, plus égalitaire, plus sécuritaire. C’est POUR elles, AVEC elles et grâce à elles que nous marchons. Cette tuque, elle se veut être UN SYMBOLE FORT:

  • Parce qu’elle porte un MESSAGE clair et SOLIDAIRE;
  • Parce qu’elle affirme que les DROITS des femmes ne sont pas à vendre ni à négocier;
  • Parce qu’elle dit NON aux reculs, aux silences et à la complaisance;
  • Elle est une réponse tangible aux violences, à la discrimination et à l’injustice;
  • Elle est un APPEL à la vigilance, à l’unité et à l’action;
  • Parce qu’elle PARLE SANS MOT;
  • Et surtout, parce qu’elle dit:« JE ME TIENS JE NE LÂCHE PAS. JE LUTTE AVEC VOUS.»

Parce que les luttes féministes sont aussi syndicales. Parce que les attaques contre les droits des femmes se multiplient, ici comme ailleurs. Porter cette tuque, c’est bien plus que se couvrir la tête: c’est faire front commun contre les reculs, les injustices, les violences. 

UNE COLLABORATION LOCALE ET SOLIDAIRE

Dans un esprit de durabilité, elles ont été pensées pour traverser les saisons comme les combats à venir. Elles sont le fruit d’une démarche engagée, qui incarne nos valeurs féministes, syndicales, locales et environnementales et empreintes de sororité:

  • Un design réfléchi, produit par Metatuq, une entreprise locale, conçue et dirigée par une femme, enracinée dans sa communauté;
  • Quatres modèles polyvalents, pensés pour convenir à différents styles et besoins;
  • Cinq façons de les porter, pour multiplier les occasions de faire rayonner notre message;
  • Un geste porteur de sens à offrir à tes membres, ton équipe ou ta famille – pour souligner leur engagement, célébrer les fêtes ou affirmer les valeurs qui nous rassemblent;
  • Une tuque à porter AVANT, PENDANT, et bien APRÈS la Marche, parce que notre engagement ne dure pas qu’une journée.

COÛT ET ENGAGEMENT SOLIDAIRE:

  • Les tuques se vendront au coût de 25 $ chacune (n’incluant aucune livraison);
  • 10 $ par tuque vendue seront remis à un organisme local qui lutte contre les violences faites aux femmes;
  • Aucun profit ne sera réalisé par le Conseil régional- cette initiative est 100 % militante et solidaire.

COMMENT COMMANDER:

  1. Formulaire en ligne: Remplis ton bon de commande via le lien suivant: 
  1. Site de Metatuq: Commande directement sur https:llwww.metatuq.com/categorie­ produitlcauses/ (Prix légèrement plus élevé, incluant la livraison).

Tous les détails concernant les méthodes de paiements et livraisons possibles sont détaillés dans le formulaire à remplir. Pour toute question ou pour plus d’information, vous pouvez communiquer avec Andrée-Anne Guertin à l’adresse suivante: aguertin@ftq.qc.ca ou au 418-722-8232.

Nous remercions toutes les personnes qui prendront part à cette action. Plus nous serons nombreuses et nombreux à afficher nos couleurs, plus notre message sera fort.

Réaction de la FTQ aux grands projets du gouvernement fédéral

La Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ), en cette période d’incertitude économique, est rassurée par les annonces d’investissements du gouvernement fédéral qui doit créer de bons emplois, notamment en infrastructures, dont des investissements dans le développement du terminal portuaire Contrecœur et le développement d’un TGV entre Québec et Toronto. Plus récemment, l’annonce du prolongement du programme d’assurance-emploi avec, entre autres, l’abolition du délai de carence et le prolongement de 20 semaines des prestations pour certaines catégories de travailleurs et travailleuses ne peuvent qu’être positifs.

Présente à Edmonton, la présidente de la FTQ, Magali Picard, souligne l’importance de bien soutenir les travailleurs et travailleuses et les industries impactées par la guerre tarifaire. « Les assouplissements au programme d’assurance-emploi, les mesures de requalification des travailleurs et travailleuses, la souplesse annoncée pour l’aide aux entreprises sont des actions positives. Bien sûr, c’est dans l’exécution de ces programmes et de ces investissements que nous pourrons en évaluer leur efficacité, mais nous devons laisser la chance au coureur comme le dit si bien le dicton. À ce chapitre, il faut saluer l’ouverture du gouvernement fédéral qui est à l’écoute des préoccupations des travailleurs et travailleuses. Aussi, la FTQ sera toujours au rendez-vous pour bonifier les mesures annoncées ».

« Une économie en santé est une économie où tous et toutes peuvent travailler dans de bonnes conditions dans des emplois de qualité. Contrairement au gouvernement du Québec de François Legault, qui a choisi l’affrontement et la confrontation, le gouvernement fédéral, lui, a choisi le dialogue et l’ouverture dans ses relations avec la société civile et il faut s’en féliciter », ajoute la présidente de la FTQ.

« Par ailleurs, la FTQ attend avec impatience le budget d’octobre prochain du gouvernement fédéral. Ottawa doit bien réfléchir à l’impact sur les services à la population d’un plan d’austérité et de coupe budgétaire », de conclure la présidente.

Réaction de la FTQ à la formation du nouveau Conseil des ministres: François Legault tente de refaire son image en s’attaquant aux travailleurs et travailleuses

La Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ) ne peut que dénoncer l’attaque frontale de François Legault contre les travailleurs et travailleuses du Québec en déchirant ce qui reste du modèle québécois. « C’est clair, François Legault, l’homme politique le plus impopulaire que le Québec ait connu, veut masquer tous les échecs de son gouvernement en voulant s’en prendre à ceux et celles qui ont bâti le Québec moderne. François Legault se cherche des boucs émissaires. Ce remaniement ne change rien au fait que la CAQ, tout au long de ses actions, n’a fait que briser le dialogue social, semé la discorde dans la société québécoise pour finalement nous annoncer le chaos », déclare la présidente de la FTQ, Magali Picard.

« Ce gouvernement peut encore faire marche arrière en ce qui a trait aux relations de travail. Le ministre du Travail, Jean Boulet, a le choix de rebâtir les ponts avec les travailleurs et travailleuses en abrogeant entre autres sa Loi 14, la “Loi Boulet”, qui donne le droit au gouvernement de mettre fin à une grève légitime. En tant qu’ancien avocat patronal, le ministre sait très bien que cette loi brise le rapport de force de la négociation. Il sait également que les employeurs refuseront de négocier de bonne foi de façon à provoquer des conflits pour supplier, après coup, les gouvernements d’intervenir. D’ailleurs, la FTQ demande aux formations politiques qui aspirent à diriger le Québec à s’engager fermement et publiquement à abroger cette loi qui brise l’équilibre déjà fragile de la négociation et à l’inscrire dans leurs plateformes électorales. Les travailleurs et travailleuses doivent pouvoir négocier leur convention collective d’égal à égal avec leur employeur », ajoute la présidente.

« Par ailleurs, le premier ministre déclare vouloir moderniser le régime syndical sans doute parce ce que notre parole dérange. Oui, notre parole dérange parce que lorsqu’un gouvernement s’attaque aux droits légitimes des travailleurs et travailleuses, s’attaque au filet social, et regarde la population s’appauvrir, oui, la FTQ va dénoncer, prendre action et revendiquer. Pour la FTQ, le message est clair : quand tu ne défends pas tes droits, tu les perds ! La FTQ sera sur toutes les tribunes pour faire entendre la voix des travailleurs et travailleuses », déclare la présidente.

« Quant à l’environnement, la FTQ trouve peu judicieux de confier cet important ministère à l’ancien ministre de l’Éducation, Bernard Drainville, un élu qui ne jure que par le 3e lien entre Québec et Lévis et qui semble peu préoccupé par les émissions des gaz à effet de serre. Mais, on comprend que la CAQ n’en est pas à une contradiction près », conclut le secrétaire général de la FTQ, Denis Bolduc.

Adoption du projet de loi 89: un bouleversement aux lourdes conséquences pour le Québec

Le projet de loi 89, adopté aujourd’hui, aura de lourdes conséquences pour l’ensemble de la main-d’œuvre du Québec. « Le premier ministre et son ministre du Travail n’ont vraisemblablement pas saisi l’ampleur des dégâts qu’occasionnera sa nouvelle législation. Il s’agit d’une journée sombre pour les travailleuses et les travailleurs », dénoncent les porte-paroles Robert Comeau de l’APTS, Luc Vachon de la CSD, Caroline Senneville de la CSN, Éric Gingras de la CSQ, Mélanie Hubert de la FAE, Julie Bouchard de la FIQ, Magali Picard de la FTQ, Christian Daigle du SFPQ et Guillaume Bouvrette du SPGQ.

Des conséquences pour toutes les personnes salariées du Québec

Il ne fait aucun doute pour les organisations syndicales que les impacts du projet de loi se feront sentir bien au-delà des personnes syndiquées. « Nous le répétons, les gains obtenus par la négociation exercent une pression positive sur les milieux non syndiqués, obligeant les employeurs à s’ajuster pour demeurer compétitifs. C’est à l’ensemble de la main-d’œuvre québécoise que le gouvernement s’attaque en limitant la capacité des travailleuses et des travailleurs à défendre et à améliorer leurs conditions de travail », déplorent les porte-paroles.

Une menace à la paix industrielle

Les règles entourant le recours et l’exercice de la grève permettaient jusqu’ici de maintenir l’équilibre fragile, mais essentiel entre les travailleuses, les travailleurs et les patrons. Les organisations syndicales ne s’expliquent pas pourquoi Jean Boulet a voulu tout bouleverser, si ce n’est pour assujettir l’ensemble des personnes salariées au bon vouloir des employeurs et pour faire plaisir au patronat ainsi qu’à un conseil des ministres aux tendances antisyndicales. « L’encadrement entourant l’exercice du droit de grève, qui était somme toute limitatif, offrait aux travailleuses et aux travailleurs la possibilité d’améliorer leurs conditions à l’intérieur de balises claires. Le ministre semble s’être trouvé des prétextes pour bafouer leurs droits et, de ce fait, il menace la paix industrielle », évoquent les représentants syndicaux. « Il nous semble clair que les limitations au droit de grève contenues dans cette législation ne passeront pas le test des tribunaux. Les constitutions, tant canadienne que québécoise, ainsi que l’arrêt Saskatchewan sont sans équivoque à ce propos. Les droits syndicaux sont aussi des droits humains. »

Des gains obtenus grâce aux luttes

Au fil des décennies, de nombreuses avancées sociales bénéficiant à l’ensemble de la société ont été obtenues grâce aux luttes menées par les travailleuses et les travailleurs syndiqués. L’équité salariale, l’implantation du réseau des CPE, le salaire minimum, les congés parentaux sont quelques-uns des gains obtenus grâce à la mobilisation syndicale. « Ce sont nos moyens de pression et nos grèves qui ont permis à des millions de Québécoises et de Québécois de bénéficier de ces droits. Priver les travailleuses et les travailleurs de leur capacité à lutter, c’est freiner les progrès de toute la société québécoise », insistent les porte-paroles.

« Le lien de confiance est rompu »

Dès l’évocation par Jean Boulet de ses intentions, à la fin 2024, les organisations syndicales ont invité le ministre du Travail à la prudence. « Nous avons rapidement saisi que le ministre ne serait pas ouvert à la discussion afin de trouver des solutions satisfaisantes pour tous. D’ailleurs, nous nous expliquons mal cette volte-face complète de la part du ministre du Travail, qui a drastiquement

changé de ton à partir de ce moment : il a choisi de rompre le dialogue avec les travailleuses et les travailleurs du Québec. Le lien de confiance est rompu », concluent les porte-paroles.

Le 28 avril, ne les oublions pas: la FTQ souligne le Jour commémoratif des personnes décédées ou blessées au travail

La Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ) souligne le Jour commémoratif des personnes décédées ou blessées au travail ce 28 avril. Encore une fois, il faut dénoncer le trop grand nombre de victimes d’accidents du travail ou de maladies professionnelles. En 2024, c’est 246 travailleurs et travailleuses qui ont perdu la vie en pratiquant leur profession, c’est 36 victimes de plus qu’en 2023.

« Encore cette année, le monde du travail est en deuil. On ne peut comprendre nos gouvernements qui font la sourde oreille aux revendications des travailleurs et travailleuses dans le but de mieux les protéger dans leurs milieux de travail. On ne le répètera pas assez souvent, la prévention doit être au cœur de nos préoccupations », déclare le secrétaire général de la FTQ, Denis Bolduc.

« 246 décès, c’est le plus grand nombre de personnes décédées depuis les 10 dernières années. Pour la FTQ, plus ça change, plus c’est pareil. En 2021, le gouvernement de la CAQ nous a imposé un nouveau régime en santé et sécurité au travail qui devait agir sur la prévention, mais on attend toujours que les mécanismes censés protéger les travailleurs et travailleuses soient mis en place. Combien faudra-t-il encore de victimes pour que ce gouvernement se réveille ? », questionne le secrétaire général

Réforme du régime de négociation dans le secteur public: réaction de la FTQ au projet de loi no 100

La Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ) accueille positivement le projet de loi no 100 sur la réforme du régime de négociation dans le secteur public et compte bien participer aux consultations à venir afin de bonifier le texte de loi.

« Cela fait plus de 20 ans que la FTQ réclame une réforme du régime de négociation actuel et nous saluons l’ouverture de la présidente du Conseil du trésor qui a bien compris les enjeux et l’importance d’une telle réforme. Bien sûr, tout n’est pas parfait et nous allons prendre le temps d’étudier ce projet de loi avant de commenter plus à fond », déclare la présidente de la FTQ, Magali Picard.

« Aussi, nous devons souligner que, par ce projet de loi, la présidente du Conseil du trésor confirme qu’il n’y aura pas fusion d’accréditations syndicales dans le secteur de la santé à la suite de la création de Santé Québec, ce qui n’aurait pas été souhaitable en plus d’être catastrophique pour le réseau et la population », conclut la présidente.

La CAQ : un Boulet contre les travailleuses et les travailleurs

Les centrales syndicales du Québec – la Centrale des syndicats démocratiques (CSD), la Confédération des syndicats nationaux (CSN), la Centrale des syndicats du Québec (CSQ) et la Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ) –, en collaboration avec l’Union des travailleurs et travailleuses accidenté(e)s de Montréal (UTTAM) et leurs alliés, ont émis la déclaration commune suivante à la suite de la manifestation tenue ce midi, sur le parvis de l’Assemblée nationale.

« Au plus grand bonheur de tous les patrons québécois, le ministre du Travail Jean Boulet et le gouvernement de la Coalition avenir Québec (CAQ) ont déposé l’infâme projet de loi 89 (PL-89), qui vise clairement à casser le droit de grève de tous les salarié-es syndiqués du Québec.

« En commission parlementaire, des experts neutres et réputés ont unanimement mis en garde le ministre contre les dangers que représentent son projet de loi pour l’équilibre des relations de travail et pour le maintien de la paix industrielle. Aucun de ces experts indépendants n’a d’ailleurs trouvé de mérites au PL-89. Pourtant, que ce soit devant l’unanimité des experts ou devant les répétés appels au dialogue lancés par le monde syndical, le ministre Boulet et la CAQ persistent et signent. Leur refus d’entendre les critiques et de rencontrer les centrales syndicales dans ce dossier est incompréhensible et troublant : le mouvement syndical ne peut pas participer seul au dialogue social.

« Alors que les associations patronales applaudissent le PL-89, le mouvement syndical demande unanimement son retrait. Cette seule donnée devrait suffire à faire la démonstration au ministre que son projet de loi est déséquilibré et met en péril le délicat équilibre des relations du travail au Québec.

« Puisque la manifestation a été tenue en marge du Sommet SST 2025, ajoutons que, malgré une adoption unanime de la version finale du Règlement sur les mécanismes de prévention et de participation en établissement en septembre 2024 par le conseil d’administration de la Commission des normes, de l’équité, de la santé et de la sécurité du travail (CNESST), le gouvernement refuse toujours d’entériner ce règlement afin qu’il entre en vigueur. Ce faisant, il refuse de reconnaître la réussite d’un dialogue social entre les syndicats et les associations patronales, et prive tous les milieux de travail d’un règlement essentiel pour bien protéger celles et ceux qui enrichissent le Québec.

« Pour nous, il n’y a pas mille et une solutions : le ministre Boulet et la CAQ doivent changer de cap. »