Cotisations syndicales facultatives « Ce gouvernement est en train de perdre la tête ! » ‒ Magali Picard, présidente de la FTQ

La Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ) ne peut que dénoncer la nouvelle attaque du gouvernement de François Legault contre le monde du travail. « On apprend que la CAQ songerait à rendre une partie des cotisations syndicales facultatives afin de tenter de museler les organisations syndicales pour les empêcher de faire de l’action politique. Franchement, François Legault et son gouvernement sont en train de perdre la tête après avoir perdu leur boussole », déclare la présidente de la FTQ, Magali Picard.

« Les cotisations syndicales servent entre autres à représenter les travailleurs et travailleuses auprès de leurs employeurs, mais aussi pour faire pression sur les gouvernements pour défendre le filet social de toute la population du Québec, syndiquée ou non. Ça fait des semaines que ce gouvernement se cherche des boucs émissaires pour tenter de justifier tous ses échecs. Crise du logement, crise en santé, crise en éducation, crise de l’itinérance, crise de la vie chère, et tout ce que la CAQ est capable d’imaginer c’est de diviser le Québec en semant le chaos », ajoute la présidente de la FTQ.

« Pour la CAQ et Francois Legault, les responsables de leurs incompétences, ce sont les syndicats et les personnes immigrantes. Eh bien, ça ne passe pas.  Jamais la FTQ ne se laissera bâillonner par un gouvernement qui méprise l’héritage de ceux et celles qui ont construit le Québec, qui méprise les travailleurs et travailleuses qui œuvrent chaque jour pour faire du Québec une société plus libre, plus démocratique. Ce gouvernement n’a plus aucune crédibilité, il va falloir que le gouvernement de la CAQ retrouve la raison », conclut la présidente de la FTQ.

Lancement de la vente de tuques 5 en I en support à la marche mondiale des femmes

Dans le cadre de son mandat, le Comité action féministe du Conseil régional FTQ Bas-Saint­ Laurent – Gaspésie – Îles-de-la-Madeleine lance avec fierté sa campagne de prévente de tuques militantes, en appui à la Marche mondiale des femmes d’octobre 2025 – à laquelle le Conseil régional prendra part. Depuis plus de deux décennies, la Marche Mondiale des Femmes incarne une force incontournable dans la lutte pour l’égalité et la justice. Une invitation aux membres, ainsi que les modalités d’inscription pour participer à la marche, seront communiquées sous peu.

UNE TUQUE. UN SYMBOLE. UNE LUTTE.

Dans un contexte où les droits des femmes sont encore trop souvent fragilisés, attaqués ou remis en question, nous portons haut et fort notre engagement. À travers cette campagne de prévente, le Comité action féministe vous invite à poser un geste concret et visible de solidarité féministe et syndicale.

La Marche mondiale des femmes 2025 (MMF), c’est plus qu’un événement. C’est un moment de convergence des luttes contre les inégalités systémiques, les violences faites aux femmes, pour la justice sociale, économique, etc. C’est aussi un cri collectif, porté par des femmes d’ici et d’ailleurs, uni dans la sororité et la résistance.

PORTER LA LUTTE SUR LA TÊTE ET DANS LE COEUR

Nous avons toutes et tous dans nos vies une mère, une sœur, une collègue, une amie, une conjointe, une fille, pour qui nous voulons un monde plus juste, plus égalitaire, plus sécuritaire. C’est POUR elles, AVEC elles et grâce à elles que nous marchons. Cette tuque, elle se veut être UN SYMBOLE FORT:

  • Parce qu’elle porte un MESSAGE clair et SOLIDAIRE;
  • Parce qu’elle affirme que les DROITS des femmes ne sont pas à vendre ni à négocier;
  • Parce qu’elle dit NON aux reculs, aux silences et à la complaisance;
  • Elle est une réponse tangible aux violences, à la discrimination et à l’injustice;
  • Elle est un APPEL à la vigilance, à l’unité et à l’action;
  • Parce qu’elle PARLE SANS MOT;
  • Et surtout, parce qu’elle dit:« JE ME TIENS JE NE LÂCHE PAS. JE LUTTE AVEC VOUS.»

Parce que les luttes féministes sont aussi syndicales. Parce que les attaques contre les droits des femmes se multiplient, ici comme ailleurs. Porter cette tuque, c’est bien plus que se couvrir la tête: c’est faire front commun contre les reculs, les injustices, les violences. 

UNE COLLABORATION LOCALE ET SOLIDAIRE

Dans un esprit de durabilité, elles ont été pensées pour traverser les saisons comme les combats à venir. Elles sont le fruit d’une démarche engagée, qui incarne nos valeurs féministes, syndicales, locales et environnementales et empreintes de sororité:

  • Un design réfléchi, produit par Metatuq, une entreprise locale, conçue et dirigée par une femme, enracinée dans sa communauté;
  • Quatres modèles polyvalents, pensés pour convenir à différents styles et besoins;
  • Cinq façons de les porter, pour multiplier les occasions de faire rayonner notre message;
  • Un geste porteur de sens à offrir à tes membres, ton équipe ou ta famille – pour souligner leur engagement, célébrer les fêtes ou affirmer les valeurs qui nous rassemblent;
  • Une tuque à porter AVANT, PENDANT, et bien APRÈS la Marche, parce que notre engagement ne dure pas qu’une journée.

COÛT ET ENGAGEMENT SOLIDAIRE:

  • Les tuques se vendront au coût de 25 $ chacune (n’incluant aucune livraison);
  • 10 $ par tuque vendue seront remis à un organisme local qui lutte contre les violences faites aux femmes;
  • Aucun profit ne sera réalisé par le Conseil régional- cette initiative est 100 % militante et solidaire.

COMMENT COMMANDER:

  1. Formulaire en ligne: Remplis ton bon de commande via le lien suivant: 
  1. Site de Metatuq: Commande directement sur https:llwww.metatuq.com/categorie­ produitlcauses/ (Prix légèrement plus élevé, incluant la livraison).

Tous les détails concernant les méthodes de paiements et livraisons possibles sont détaillés dans le formulaire à remplir. Pour toute question ou pour plus d’information, vous pouvez communiquer avec Andrée-Anne Guertin à l’adresse suivante: aguertin@ftq.qc.ca ou au 418-722-8232.

Nous remercions toutes les personnes qui prendront part à cette action. Plus nous serons nombreuses et nombreux à afficher nos couleurs, plus notre message sera fort.

Réaction de la FTQ aux grands projets du gouvernement fédéral

La Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ), en cette période d’incertitude économique, est rassurée par les annonces d’investissements du gouvernement fédéral qui doit créer de bons emplois, notamment en infrastructures, dont des investissements dans le développement du terminal portuaire Contrecœur et le développement d’un TGV entre Québec et Toronto. Plus récemment, l’annonce du prolongement du programme d’assurance-emploi avec, entre autres, l’abolition du délai de carence et le prolongement de 20 semaines des prestations pour certaines catégories de travailleurs et travailleuses ne peuvent qu’être positifs.

Présente à Edmonton, la présidente de la FTQ, Magali Picard, souligne l’importance de bien soutenir les travailleurs et travailleuses et les industries impactées par la guerre tarifaire. « Les assouplissements au programme d’assurance-emploi, les mesures de requalification des travailleurs et travailleuses, la souplesse annoncée pour l’aide aux entreprises sont des actions positives. Bien sûr, c’est dans l’exécution de ces programmes et de ces investissements que nous pourrons en évaluer leur efficacité, mais nous devons laisser la chance au coureur comme le dit si bien le dicton. À ce chapitre, il faut saluer l’ouverture du gouvernement fédéral qui est à l’écoute des préoccupations des travailleurs et travailleuses. Aussi, la FTQ sera toujours au rendez-vous pour bonifier les mesures annoncées ».

« Une économie en santé est une économie où tous et toutes peuvent travailler dans de bonnes conditions dans des emplois de qualité. Contrairement au gouvernement du Québec de François Legault, qui a choisi l’affrontement et la confrontation, le gouvernement fédéral, lui, a choisi le dialogue et l’ouverture dans ses relations avec la société civile et il faut s’en féliciter », ajoute la présidente de la FTQ.

« Par ailleurs, la FTQ attend avec impatience le budget d’octobre prochain du gouvernement fédéral. Ottawa doit bien réfléchir à l’impact sur les services à la population d’un plan d’austérité et de coupe budgétaire », de conclure la présidente.

Réaction de la FTQ à la formation du nouveau Conseil des ministres: François Legault tente de refaire son image en s’attaquant aux travailleurs et travailleuses

La Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ) ne peut que dénoncer l’attaque frontale de François Legault contre les travailleurs et travailleuses du Québec en déchirant ce qui reste du modèle québécois. « C’est clair, François Legault, l’homme politique le plus impopulaire que le Québec ait connu, veut masquer tous les échecs de son gouvernement en voulant s’en prendre à ceux et celles qui ont bâti le Québec moderne. François Legault se cherche des boucs émissaires. Ce remaniement ne change rien au fait que la CAQ, tout au long de ses actions, n’a fait que briser le dialogue social, semé la discorde dans la société québécoise pour finalement nous annoncer le chaos », déclare la présidente de la FTQ, Magali Picard.

« Ce gouvernement peut encore faire marche arrière en ce qui a trait aux relations de travail. Le ministre du Travail, Jean Boulet, a le choix de rebâtir les ponts avec les travailleurs et travailleuses en abrogeant entre autres sa Loi 14, la “Loi Boulet”, qui donne le droit au gouvernement de mettre fin à une grève légitime. En tant qu’ancien avocat patronal, le ministre sait très bien que cette loi brise le rapport de force de la négociation. Il sait également que les employeurs refuseront de négocier de bonne foi de façon à provoquer des conflits pour supplier, après coup, les gouvernements d’intervenir. D’ailleurs, la FTQ demande aux formations politiques qui aspirent à diriger le Québec à s’engager fermement et publiquement à abroger cette loi qui brise l’équilibre déjà fragile de la négociation et à l’inscrire dans leurs plateformes électorales. Les travailleurs et travailleuses doivent pouvoir négocier leur convention collective d’égal à égal avec leur employeur », ajoute la présidente.

« Par ailleurs, le premier ministre déclare vouloir moderniser le régime syndical sans doute parce ce que notre parole dérange. Oui, notre parole dérange parce que lorsqu’un gouvernement s’attaque aux droits légitimes des travailleurs et travailleuses, s’attaque au filet social, et regarde la population s’appauvrir, oui, la FTQ va dénoncer, prendre action et revendiquer. Pour la FTQ, le message est clair : quand tu ne défends pas tes droits, tu les perds ! La FTQ sera sur toutes les tribunes pour faire entendre la voix des travailleurs et travailleuses », déclare la présidente.

« Quant à l’environnement, la FTQ trouve peu judicieux de confier cet important ministère à l’ancien ministre de l’Éducation, Bernard Drainville, un élu qui ne jure que par le 3e lien entre Québec et Lévis et qui semble peu préoccupé par les émissions des gaz à effet de serre. Mais, on comprend que la CAQ n’en est pas à une contradiction près », conclut le secrétaire général de la FTQ, Denis Bolduc.

Adoption du projet de loi 89: un bouleversement aux lourdes conséquences pour le Québec

Le projet de loi 89, adopté aujourd’hui, aura de lourdes conséquences pour l’ensemble de la main-d’œuvre du Québec. « Le premier ministre et son ministre du Travail n’ont vraisemblablement pas saisi l’ampleur des dégâts qu’occasionnera sa nouvelle législation. Il s’agit d’une journée sombre pour les travailleuses et les travailleurs », dénoncent les porte-paroles Robert Comeau de l’APTS, Luc Vachon de la CSD, Caroline Senneville de la CSN, Éric Gingras de la CSQ, Mélanie Hubert de la FAE, Julie Bouchard de la FIQ, Magali Picard de la FTQ, Christian Daigle du SFPQ et Guillaume Bouvrette du SPGQ.

Des conséquences pour toutes les personnes salariées du Québec

Il ne fait aucun doute pour les organisations syndicales que les impacts du projet de loi se feront sentir bien au-delà des personnes syndiquées. « Nous le répétons, les gains obtenus par la négociation exercent une pression positive sur les milieux non syndiqués, obligeant les employeurs à s’ajuster pour demeurer compétitifs. C’est à l’ensemble de la main-d’œuvre québécoise que le gouvernement s’attaque en limitant la capacité des travailleuses et des travailleurs à défendre et à améliorer leurs conditions de travail », déplorent les porte-paroles.

Une menace à la paix industrielle

Les règles entourant le recours et l’exercice de la grève permettaient jusqu’ici de maintenir l’équilibre fragile, mais essentiel entre les travailleuses, les travailleurs et les patrons. Les organisations syndicales ne s’expliquent pas pourquoi Jean Boulet a voulu tout bouleverser, si ce n’est pour assujettir l’ensemble des personnes salariées au bon vouloir des employeurs et pour faire plaisir au patronat ainsi qu’à un conseil des ministres aux tendances antisyndicales. « L’encadrement entourant l’exercice du droit de grève, qui était somme toute limitatif, offrait aux travailleuses et aux travailleurs la possibilité d’améliorer leurs conditions à l’intérieur de balises claires. Le ministre semble s’être trouvé des prétextes pour bafouer leurs droits et, de ce fait, il menace la paix industrielle », évoquent les représentants syndicaux. « Il nous semble clair que les limitations au droit de grève contenues dans cette législation ne passeront pas le test des tribunaux. Les constitutions, tant canadienne que québécoise, ainsi que l’arrêt Saskatchewan sont sans équivoque à ce propos. Les droits syndicaux sont aussi des droits humains. »

Des gains obtenus grâce aux luttes

Au fil des décennies, de nombreuses avancées sociales bénéficiant à l’ensemble de la société ont été obtenues grâce aux luttes menées par les travailleuses et les travailleurs syndiqués. L’équité salariale, l’implantation du réseau des CPE, le salaire minimum, les congés parentaux sont quelques-uns des gains obtenus grâce à la mobilisation syndicale. « Ce sont nos moyens de pression et nos grèves qui ont permis à des millions de Québécoises et de Québécois de bénéficier de ces droits. Priver les travailleuses et les travailleurs de leur capacité à lutter, c’est freiner les progrès de toute la société québécoise », insistent les porte-paroles.

« Le lien de confiance est rompu »

Dès l’évocation par Jean Boulet de ses intentions, à la fin 2024, les organisations syndicales ont invité le ministre du Travail à la prudence. « Nous avons rapidement saisi que le ministre ne serait pas ouvert à la discussion afin de trouver des solutions satisfaisantes pour tous. D’ailleurs, nous nous expliquons mal cette volte-face complète de la part du ministre du Travail, qui a drastiquement

changé de ton à partir de ce moment : il a choisi de rompre le dialogue avec les travailleuses et les travailleurs du Québec. Le lien de confiance est rompu », concluent les porte-paroles.

Le 28 avril, ne les oublions pas: la FTQ souligne le Jour commémoratif des personnes décédées ou blessées au travail

La Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ) souligne le Jour commémoratif des personnes décédées ou blessées au travail ce 28 avril. Encore une fois, il faut dénoncer le trop grand nombre de victimes d’accidents du travail ou de maladies professionnelles. En 2024, c’est 246 travailleurs et travailleuses qui ont perdu la vie en pratiquant leur profession, c’est 36 victimes de plus qu’en 2023.

« Encore cette année, le monde du travail est en deuil. On ne peut comprendre nos gouvernements qui font la sourde oreille aux revendications des travailleurs et travailleuses dans le but de mieux les protéger dans leurs milieux de travail. On ne le répètera pas assez souvent, la prévention doit être au cœur de nos préoccupations », déclare le secrétaire général de la FTQ, Denis Bolduc.

« 246 décès, c’est le plus grand nombre de personnes décédées depuis les 10 dernières années. Pour la FTQ, plus ça change, plus c’est pareil. En 2021, le gouvernement de la CAQ nous a imposé un nouveau régime en santé et sécurité au travail qui devait agir sur la prévention, mais on attend toujours que les mécanismes censés protéger les travailleurs et travailleuses soient mis en place. Combien faudra-t-il encore de victimes pour que ce gouvernement se réveille ? », questionne le secrétaire général

La CAQ : un Boulet contre les travailleuses et les travailleurs

Les centrales syndicales du Québec – la Centrale des syndicats démocratiques (CSD), la Confédération des syndicats nationaux (CSN), la Centrale des syndicats du Québec (CSQ) et la Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ) –, en collaboration avec l’Union des travailleurs et travailleuses accidenté(e)s de Montréal (UTTAM) et leurs alliés, ont émis la déclaration commune suivante à la suite de la manifestation tenue ce midi, sur le parvis de l’Assemblée nationale.

« Au plus grand bonheur de tous les patrons québécois, le ministre du Travail Jean Boulet et le gouvernement de la Coalition avenir Québec (CAQ) ont déposé l’infâme projet de loi 89 (PL-89), qui vise clairement à casser le droit de grève de tous les salarié-es syndiqués du Québec.

« En commission parlementaire, des experts neutres et réputés ont unanimement mis en garde le ministre contre les dangers que représentent son projet de loi pour l’équilibre des relations de travail et pour le maintien de la paix industrielle. Aucun de ces experts indépendants n’a d’ailleurs trouvé de mérites au PL-89. Pourtant, que ce soit devant l’unanimité des experts ou devant les répétés appels au dialogue lancés par le monde syndical, le ministre Boulet et la CAQ persistent et signent. Leur refus d’entendre les critiques et de rencontrer les centrales syndicales dans ce dossier est incompréhensible et troublant : le mouvement syndical ne peut pas participer seul au dialogue social.

« Alors que les associations patronales applaudissent le PL-89, le mouvement syndical demande unanimement son retrait. Cette seule donnée devrait suffire à faire la démonstration au ministre que son projet de loi est déséquilibré et met en péril le délicat équilibre des relations du travail au Québec.

« Puisque la manifestation a été tenue en marge du Sommet SST 2025, ajoutons que, malgré une adoption unanime de la version finale du Règlement sur les mécanismes de prévention et de participation en établissement en septembre 2024 par le conseil d’administration de la Commission des normes, de l’équité, de la santé et de la sécurité du travail (CNESST), le gouvernement refuse toujours d’entériner ce règlement afin qu’il entre en vigueur. Ce faisant, il refuse de reconnaître la réussite d’un dialogue social entre les syndicats et les associations patronales, et prive tous les milieux de travail d’un règlement essentiel pour bien protéger celles et ceux qui enrichissent le Québec.

« Pour nous, il n’y a pas mille et une solutions : le ministre Boulet et la CAQ doivent changer de cap. »

Budget provincial: la CAQ nous enfonce dans l’austérité et les compressions

La Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ) note clairement dans le budget déposé par le ministre des Finances du Québec un sous-financement dans les secteurs de la santé, de l’éducation et de l’ensemble des services sociaux. Une évaluation conservatrice nous indique que juste pour maintenir le taux de croissance des dépenses des coûts de système avec les besoins actuels, il manque 1,7 milliard de dollars dans le budget. C’est clair, le gouvernement nous dirige droit sur le mur de l’austérité et des compressions budgétaires. 

Aussi, on ne voit rien dans ce budget pour soutenir les PME, ainsi que les travailleurs et travailleuses à atténuer les effets collatéraux de la guerre commerciale que nous livre l’administration Trump. Les mesures annoncées sont plutôt concentrées vers les grandes entreprises exportatrices, ce qui nous apparaît comme étant un minimum. 

« Par ailleurs, on ne peut que déplorer le manque d’ambition du gouvernement pour lutter contre la vie chère, la crise du logement et de l’itinérance. Dans les faits, le déficit prévu de 13,6 milliards de dollars est la somme des échecs de ce gouvernement. Ce n’est pas ça un projet de société », déclare la présidente de la FTQ, Magali Picard. 

« Ce que propose le gouvernement ce sont encore des coupes dans les services publics en prétendant que cela ne va pas affecter les services à la population. On a déjà joué dans ce mauvais film et ça s’appelle l’austérité budgétaire qui ne fera qu’entraîner l’accroissement des inégalités sociales et économiques », déclare la présidente de la FTQ. 

« Par ailleurs, Québec annonce des investissements de 700 millions dans le transport en commun, c’est un début. Aussi, on note une contradiction avec les investissements prévus de 171 millions sur 5 ans dans les services de garde, alors qu’on prévoit sabrer de 166 millions dans le programme d’infrastructures de ces mêmes services de garde, ça ne tient pas la route », de poursuivre la présidente. 

« Enfin, la FTQ aurait souhaité un véritable dialogue social avec le gouvernement afin de bâtir un budget à la hauteur des défis qui nous attendent dans les prochains mois. Vie chère, menace tarifaire, réalité des régions, services publics pour ne nommer que ceux-là », conclut la présidente de la FTQ.

Campagne électorale fédérale: la FTQ fera entendre sa voix

La Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ), comme c’est le cas lors des élections précédentes, fera entendre la voix des travailleurs et travailleuses. Les campagnes électorales c’est aussi l’occasion pour la société civile, dont les organisations syndicales, de faire connaître leurs préoccupations et c’est ce que nous allons faire.

« Alors que le pays est menacé dans son identité et son économie, nous ne pouvons rester silencieux. Au terme de cette campagne électorale, la population, les travailleurs et travailleuses auront un choix à faire qui sera déterminant pour notre avenir et nous comptons bien être de ce débat. Ce n’est pas vrai que nous allons rester silencieux », déclare la présidente de la FTQ, Magali Picard.

« Nous avons toujours défendu une société plus juste et plus équitable, et la FTQ ne se privera pas pour lever les drapeaux rouges lorsque nos valeurs et nos acquis sociaux seront menacés. Il serait dangereux de sous-estimer l’importance de cette élection pour notre avenir », conclut la présidente de la FTQ, Magali Picard

Projet de loi 89 – Une bombe

Voici une lettre d’opinion signée par 4 centrales syndicales (dont la FTQ) et 5 organisations syndicales: 

Si le projet de loi 89 du ministre du Travail Jean Boulet a été reçu comme une bombe dans le milieu syndical, c’est que son contenu et les motifs qui le sous-tendent sont explosifs. Non seulement son projet de loi vient brimer les travailleuses et les travailleurs dans leur droit de négocier et d’améliorer leurs conditions de travail, mais il vient en prime déstabiliser le fragile, mais important équilibre qui existait depuis l’adoption, en 1977, des dispositions anti-briseurs de grève prévues au Code du travail. Un héritage important de René Lévesque et du Parti Québécois de l’époque.

Rappelons tout d’abord les faits. Évoquant l’importance « d’éviter que ne soit affectée de manière disproportionnée la sécurité sociale, économique ou environnementale de la population, notamment celle des personnes en situation de vulnérabilité », le ministre impose maintenant des services essentiels dans pratiquement tous les secteurs. De plus, il s’arroge le pouvoir de mettre fin aux conflits de travail. Rien de moins qu’une loi spéciale tous azimuts.

Arrivée de nulle part, la manœuvre de Jean Boulet, ancien avocat patronal maintenant ministre du Travail, ne passe absolument pas. Faut-il rappeler qu’il dispose actuellement de tous les leviers pour forcer les parties à régler les conflits et à y mettre fin ? De surcroît, plus de 95 % des négociations se règlent sans grève ou lock-out et rares sont les conflits qui se prolongent. Et ça, le ministre le sait mieux que quiconque.

Il sait aussi que les patrons n’auront pour ainsi dire plus d’intérêt à négocier de bonne foi avec les syndicats, s’ils savent qu’en bout de piste, un arbitrage sera imposé.

Quant aux personnes en situation de vulnérabilité, l’argument ne tient pas la route. Les travailleuses et les travailleurs, faut-il le rappeler, sont partie prenante de la société et comptent parmi leurs rangs des personnes vulnérables. Mettre ces deux groupes en opposition constitue un faux débat. Les travailleuses et les travailleurs sont les premiers à avoir à cœur le bien-être des personnes qui utilisent leurs services, et c’est entre autres pour améliorer ces mêmes services qu’ils choisissent de se battre. Si ces derniers prennent en toute connaissance de cause la décision de faire la grève – et de se plonger dans l’incertitude financière – ce n’est pas de gaieté de cœur. Rappelons d’ailleurs que les grèves ont permis, au fil du temps, des avancées sociétales majeures, tels les congés de maternité payés.

Finalement, le contexte politico-économique houleux et imprévisible aurait dû, lui aussi, freiner le ministre dans ses élans anti-travailleurs et appeler à la plus grande cohésion et solidarité sociale. Or, Jean Boulet fait précisément le contraire en venant brimer le droit des syndiqué-es de recourir à la grève, l’ultime recours qui subsiste pour exercer leur rapport de force.

Pourquoi, alors, aller de l’avant avec ce projet de loi ? Prétendant avoir à cœur le dialogue social, le ministre prend plutôt la voie de la confrontation et de la judiciarisation des conflits. Pourquoi fragiliser cet équilibre, alors que le droit de grève est protégé par la Constitution canadienne ? Pour faire plaisir au patronat ? La question mérite d’être posée, car si le PL 89 sert un groupe en particulier, c’est bien celui des patrons, comme l’ont déjà noté plusieurs observateurs et éditorialistes. Et étrangement, avouons-le, ce projet survient au moment où, pour une rare fois, le contexte de pénurie de main-d’œuvre et d’inflation militait particulièrement en faveur de l’amélioration des conditions des travailleuses et des travailleurs.

En provoquant ce déséquilibre, le ministre du Travail démontre également la nécessité, pour les organisations syndicales, d’unir leurs forces devant les défis qui attendent leurs membres pour les prochaines années, ce qu’elles feront entre autres en lançant les États généraux du syndicalisme, dès le 31 mars.

Si Jean Boulet et François Legault n’avaient pas totalement évalué la portée de ce geste, ils doivent le faire rapidement et retirer le projet de loi 89. Sinon, ils risquent de se brûler les doigts à force de jouer avec le feu.

Signataires

Robert Comeau, président de l’APTS
Luc Vachon, président de la CSD
Caroline Senneville, présidente de la CSN
Éric Gingras, président de la CSQ
Mélanie Hubert, présidente de la FAE
Julie Bouchard, présidente de la FIQ
Magali Picard, présidente de la FTQ
Christian Daigle, président du SFPQ
Guillaume Bouvrette, président du SPGQ