Journées de réflexion FTQ sur l’IA au travail: l’intelligence collective face à l’intelligence artificielle

La Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ) conclut ses deux journées de réflexion sur l’intelligence artificielle (IA) en milieu de travail au cours desquelles plus d’une centaine de militantes et militants ont pu échanger sur les façons dont l’IA transforme les tâches, les métiers, les façons de travailler.

« Comme organisation syndicale, il est important de mieux comprendre ces outils et leurs effets pour faire évoluer nos revendications et aussi ériger des garde-fous. On le constate tous les jours, l’IA peut faciliter certaines tâches, rendre le travail moins pénible ou aider les gens à mieux faire leur travail. Mais attention, elle sert aussi à augmenter les cadences, à surveiller davantage les travailleuses et travailleurs, à réduire leur autonomie et même à supprimer des emplois », déclare le secrétaire général de la FTQ, Olivier Carrière.

« Nous devons voir comment on peut traduire ces réflexions dans des revendications concrètes et préciser les priorités sur lesquelles on veut travailler. On veut, par exemple, que les travailleuses et travailleurs, avec leur syndicat, aient un vrai droit de regard sur l’introduction de l’IA dans leur milieu de travail. Ça veut dire être informé, être consulté, mais aussi pouvoir négocier les conditions dans lesquelles ces technologies sont utilisées », ajoute le secrétaire général.

« Maintenant que ce constat est fait, il faut agir et être présent sur toutes les tribunes pour faire connaître les enjeux et faire pression notamment sur les gouvernements pour obtenir un encadrement optimal de l’IA afin d’éviter les dérives. Les discussions devront déboucher sur du concret et, à ce chapitre, on veut pouvoir travailler avec le nouveau ministre du Travail, Mathieu Lebrun, et la nouvelle ministre de l’Intelligence artificielle et du Numérique, Anne Nguyen », d’ajouter le secrétaire général.

« Enfin, on veut que les travailleuses et travailleurs aient leur mot à dire sur les transformations de leur travail. Que l’IA serve à améliorer les conditions de travail et pas seulement à exercer plus de contrôle ou à augmenter les profits. Comme c’est le cas depuis toujours, la FTQ n’est pas contre les changements technologiques et l’IA ne fait pas exception. Elle est là pour de bon, le défi c’est de se l’apprivoiser, d’apprendre à travailler avec ce nouvel outil, mais surtout de s’assurer qu’elle profite aussi aux travailleuses et travailleurs. Parce que le progrès technologique devrait aussi pouvoir rimer avec progrès social », conclut le secrétaire général.

« Le nouveau gouvernement et l’ensemble des élus doivent travailler ensemble pour le bien commun » ‒ Magali Picard, présidente de la FTQ

La Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ) prend acte de l’élection d’un gouvernement minoritaire du Parti québécois et invite l’ensemble des élus, les oppositions, à se mettre au travail rapidement et à oeuvrer ensemble pour le bien commun de tous les Québécois et Québécoises, et ce, peu importe les allégeances politiques. La guerre tarifaire, la hausse du coût de la vie, la crise du logement et de l’itinérance, la violence envers les femmes, les changements climatiques et les défis démographiques ne sont que quelques-uns des dossiers qui doivent faire l’objet d’une attention immédiate.

« Les Québécoises et Québécois restent profondément attachés à une société qui prend soin de son monde dans un Québec où tout le monde peut vivre dignement. Nos réseaux publics ont certainement besoin d’attention, mais ce n’est pas une surenchère de coupes qui fera en sorte que la population obtiendra de meilleurs services à un meilleur coût », déclare la présidente de la FTQ, Magali Picard.

Pour ce faire, le gouvernement québécois doit reprendre le dialogue social avec la société civile incluant les organisations syndicales. « Le verdict de cette élection démontre clairement que les politiques de division et d’opposition de l’ancien gouvernement ont été rejetées par les Québécoises et les Québécois. La FTQ rappelle que les sociétés les plus démocratiques sont les sociétés qui ont les plus hauts taux de syndicalisation. C’est entre autres grâce à la qualité du dialogue social que le Québec moderne s’est construit et c’est en poursuivant dans cette veine que nous pourrons relever les défis devant nous », ajoute la présidente de la FTQ, Magali Picard.

La FTQ demande aux élus de se mettre au travail rapidement. « Le nouveau gouvernement doit abroger les lois adoptées sans consultations et qui s’attaquent aux travailleuses et travailleurs. Ici, on parle plus particulièrement de la Loi 14, qui brise l’équilibre des forces lors de négociations de conventions collectives en limitant le droit de grève, et la Loi 4 sur la gouvernance, qui s’ingère dans la vie démocratique des syndicats », réclame le secrétaire général de la FTQ, Olivier Carrière.

Le gouvernement doit également s’attaquer, en collaboration avec l’ensemble des acteurs de la société civile, à la mise en place d’une véritable politique industrielle québécoise misant sur nos forces et nos valeurs. Pour la FTQ, le gouvernement du Québec doit agir comme chef d’orchestre et miser sur les ressources et les atouts du Québec afin de nous affranchir de notre dépendance envers les États-Unis.

« Le résultat de cette élection confirme également qu’il est grand temps de réformer le mode de scrutin afin que tous et toutes puissent être représentés équitablement à l’Assemblée nationale selon le pourcentage des votes obtenus par chacune des formations. Lorsqu’un gouvernement renie sa parole, comme ce fut trop souvent le cas dans ce dossier, c’est le cynisme de la population à l’endroit des élus qu’il entretient », concluent les leaders syndicaux.

Projet de loi C-39: des gains réels, mais un droit de grève à la merci du ministre

La Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ) s’inquiète du projet de loi C-39, déposé ce lundi, qui remet entre autres en question le droit de grève pour les secteurs sous compétence fédérale.

D’emblée, la FTQ souligne l’amélioration du Code canadien du travail à quelques égards. Par exemple, l’élimination d’une pratique de réattribution de contrat (en anglais « contract flipping ») et l’ajout d’une procédure facilitant l’accès à une première convention collective sont des éléments positifs. Rappelons que le « contract flipping » dans le secteur aéroportuaire est un stratagème qui permet à un employeur de changer de sous-traitant dans le but d’éliminer l’accréditation syndicale et la convention collective en place. Avec le projet de loi C-39, l’accréditation et le contrat de travail devront suivre le nouveau fournisseur. Mais ces avancées ne peuvent en aucun cas servir de monnaie d’échange contre une atteinte au droit de grève, protégé par la Charte canadienne des droits et libertés.

« Contrairement à ce que nous avons proposé, l’article 107 est maintenu et consacre le pouvoir du ministre du Travail de mettre fin à un conflit de travail sur la base de son opinion quant à “l’intérêt national” sans critère objectif sur cette définition. C’est un pouvoir de vie ou de mort sur le droit de grève dans tous les secteurs de compétence fédérale. Un droit suspendu à la seule opinion du ministre n’est plus un droit constitutionnel, c’est une faveur qu’on vous accorde », déclare la présidente de la FTQ, Magali Picard.

« Les droits fondamentaux des travailleuses et travailleurs du Canada ne doivent pas faire les frais de la présente guerre commerciale avec les États-Unis. Alors qu’environ 95 % des négociations collectives sous compétence fédérale se terminent sans conflit de travail, le gouvernement fédéral utilise l’argument de l’attractivité des capitaux pour venir briser l’équilibre du rapport de force. Les employeurs n’ont plus aucun intérêt à en arriver à une entente négociée. Ils vont s’assoir sur leurs deux mains et attendre “l’opinion du ministre” sans faire le moindre effort de négociation », ajoute le secrétaire général de la FTQ, Olivier Carrière.

« La FTQ souhaite maintenir un dialogue constructif avec le gouvernement Carney afin d’éviter cette dérive législative et sa porte sera toujours ouverte afin de trouver une voie de passage acceptable pour toutes et tous. Entretemps, Ottawa doit retirer du projet de loi C-39 tout mécanisme permettant au ministre de suspendre ou de mettre fin à une grève ou à un lock-out. Nous allons suivre de près le cheminement de C-39 à la Chambre des communes et allons nous mobiliser, avec nos affiliés et nos partenaires du mouvement syndical canadien, pour empêcher les reculs sur le droit de grève », concluent les leaders syndicaux.

Lettre d’opinion: de la loi 21 aux lois 94 et 9, non à l’instrumentalisation de la laïcité!

Un regroupement d’organismes de syndicats et de citoyens ont publié sur Pivot une lettre d’opinion concernant l’instrumentalisation de la laïcité par la CAQ. Pour voir la lettre et ses signataires cliquez ici. 

À l’heure où se multiplient et se normalisent des discours visant les personnes migrantes et immigrantes, racisées, autochtones et musulmanes, il est urgent de réaffirmer une vision de la démocratie fondée sur l’égalité réelle, l’inclusion, la dignité humaine et le respect des droits et libertés fondamentales.

Dans ce contexte et depuis une trentaine d’années, la laïcité agit au Québec comme un puissant catalyseur du récit national. Nous défendons la laïcité comme principe démocratique reposant sur deux buts : la liberté de conscience et donc, l’égalité citoyenne;  et deux moyens : la neutralité de l’État et la séparation des religions et de l’État. Nous dénonçons toutefois la manière dont cette laïcité a progressivement été détournée pour devenir un instrument de contrôle et d’exclusion.

Les lois 21, 94 et 9 s’inscrivent dans une continuité politique qui remonte à l’ancien projet de loi 94 sur les accommodements raisonnables et les services publics à visage découvert, au projet de loi 60 sur la Charte des valeurs québécoises et au projet de loi 62 sur la neutralité religieuse. Loin de constituer des initiatives isolées, elles participent à un même registre politique où l’islam et les personnes musulmanes sont construits comme des objets de suspicion et de préoccupation.

Pourtant, il importe de rappeler que la loi 21 n’a pas fait la laïcité au Québec. Celle-ci était déjà opérante dans les institutions. La véritable nouveauté de cette loi réside plutôt dans le détournement de la notion de laïcité afin de procéder à l’exclusion légalisée des femmes musulmanes qui pratiquent le couvrement islamique.

L’adoption de la loi 21 n’a pas non plus été une avancée historique, comme aiment le répéter plusieurs acteurs et actrices de la scène politique. Cette loi et ses prolongements ont plutôt marqué une sérieuse rupture dans l’histoire contemporaine des droits et libertés au Québec, et même au Canada. Car le recours préventif à la clause dérogatoire de manière répétée et agressive touche à la capacité même des groupes minoritaires d’utiliser les chartes pour protéger leurs droits lorsque ceux-ci deviennent politiquement impopulaires. Or, ces chartes ont précisément été conçues pour protéger contre les excès du pouvoir majoritaire.

Cette instrumentalisation de la laïcité produit des conséquences cruelles sur une partie de la population québécoise, pour reprendre les termes du Juge Marc-André Blanchard en Cour supérieure du Québec. En effet, des femmes sont humiliées et exclues de professions pour lesquelles elles sont qualifiées, et dont le Québec a grandement besoin. Des étudiantes ont abandonné des projets professionnels ou réorienté leurs études. Des familles ont quitté le Québec. Des communautés entières vivent avec le sentiment d’être constamment observées et suspectées dans les garderies, les écoles, les cégeps et même dans les universités, simplement parce qu’elles existent. Des associations étudiantes ont exprimé des inquiétudes quant à la mise hors la loi de leurs pratiques religieuses pourtant protégées par les libertés fondamentales. Leurs apparences, leurs pratiques religieuses et leurs opinions politiques sont devenues un problème à résoudre. Même les professeur·es

ne sont pas épargné·es par ces politiques qui contribuent à fragiliser leur liberté académique, en particulier par la loi 9.

Ces conséquences dépassent largement les pertes d’emploi ou les obstacles professionnels. Elles relèvent d’un processus de « mort sociale » par lequel certaines citoyennes sont progressivement déclassées de la société. Cela survient lorsqu’un groupe n’est plus reconnu dans sa pleine humanité ni dans sa légitimité à appartenir à la société. Cette mort sociale s’observe chez une personne à travers trois dimensions étroitement liées : la rupture de l’identité sociale, la rupture des liens sociaux et la rupture dans le rapport au corps. Autrement dit, elle affecte à la fois la manière dont ces femmes se perçoivent, la manière dont elles sont reliées aux autres et la manière dont leurs corps portent les traces de l’exclusion.

Depuis des années, les femmes musulmanes qui pratiquent le couvrement islamique alertent la société québécoise sur les effets de ces politiques. Pourtant, leurs voix demeurent largement ignorées alors même qu’on légifère sur leurs corps et qu’on suspend leurs droits et libertés. Une loi qui exclut des femmes en raison de leur apparence ne saurait être qualifiée de féministe! Elle repose plutôt sur une logique coloniale, raciste et paternaliste où l’État prétend savoir ce qui est bon pour elles tout en refusant de les consulter et de les écouter.

Ces femmes, enseignantes, éducatrices spécialisées, psychothérapeutes, psychoéducatrices, orthophonistes, ergothérapeutes et professionnelles de nombreux autres secteurs, s’inquiètent des répercussions de ces lois sur leur pratique. Malgré les obstacles rencontrés, elles continuent de faire tout ce qui est en leur pouvoir pour préserver leur dignité, leur capacité d’agir et leur place dans la société québécoise. Elles interpellent leurs ordres professionnels, rencontrent leurs syndicats, écrivent des lettres, participent aux mobilisations citoyennes, manifestent, contestent devant les tribunaux et investissent les espaces médiatiques, académiques et communautaires. Ces gestes témoignent d’une volonté persistante de demeurer présentes dans l’espace public malgré les tentatives de les en exclure.

Lorsqu’une société normalise l’exclusion d’un groupe en particulier, lorsque le recours à la clause dérogatoire devient un outil politique ordinaire, lorsque des libertés fondamentales sont suspendues, c’est l’ensemble du cadre démocratique de cette société qui est fragilisé.

Nous nous opposons à l’instrumentalisation de la laïcité parce qu’une démocratie se juge moins à la manière dont elle protège sa majorité qu’à la manière dont elle traite ses minorités.

Départ du ministre du travail Jean Boulet: la FTQ commente

La Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ), prend acte de l’annonce du ministre du Travail Jean Boulet et ministre responsable des Relations canadiennes à l’effet qu’il ne solliciterait pas de renouvellement de mandat.  La FTQ ne peut que dresser un bilan négatif de son passage au poste de ministre du Travail.

Pour notre organisation syndicale, il est clair que le mandat du ministre était de retirer le plus de droits possibles aux travailleurs et travailleuses en faisant adopter des lois visant à favoriser les employeurs.

On retiendra de son passage en politique, qu’il a tout simplement poursuivit sa carrière d’avocat patronal.  Il est responsable des pires reculs dans le Code du travail depuis les années 1970.  Son passage laissera de lourdes séquelles en relation de travail.  Est-il nécessaire de rappeler qu’il est le champion du plus long lock-out décrété au Québec en mettant à la rue en 2015 les travailleurs et travailleuses de l’usine Delastek à Shawinigan, lock-out qui a duré près de 3 ans.

Jean Boulet a choisi d’être l’avocat des patrons au Conseil des ministres. Il laisse en héritage un dialogue social fragilisé, brisé et en miettes qu’il faudra reconstruire.

Le droit de s’asseoir : une avancée majeure pour la santé et la sécurité au travail

Montréal, le 28 avril 2026. –  En ce 28 avril, Journée internationale de commémoration des victimes d’accidents et de maladies du travail, le SEPB-Québec tient à souligner que tous les efforts doivent être mis en place afin d’offrir un milieu de travail sain et sécuritaire. La FTQ nous rappelle également que chaque décès, chaque blessure et chaque maladie professionnelle rappellent une vérité simple : la prévention sauve des vies.

 

Plus que jamais, il est essentiel de parler de santé et sécurité au travail, alors que le gouvernement actuel bafoue encore des droits de base, aux travailleuses et aux travailleurs, en adoptant récemment, entre autres, une loi limitant l’accès aux mécanismes de prévention dans plusieurs secteurs, dont l’éducation. Plusieurs milliers de syndiquées du SEPB-Québec, majoritairement des femmes, sont ainsi touchées dans tout le soutien scolaire.

 

Par ailleurs, cette Journée internationale de commémoration des victimes d’accidents et de maladies du travail nous permet également de nous rappeler un coup fumant réalisé par le SEPB-Québec en matière de prévention en santé et sécurité au travail : le fameux dossier des bancs !

 

À la suite d’une saga judiciaire de plusieurs années impliquant les salarié.e.s du Archambault Berri ainsi qu’une quinzaine de succursales Renaud-Bray, toutes syndiquées au SEPB-574, la Cour supérieure du Québec leur donnait gain de cause. En fait, la Cour maintenait la décision du TAT liée à l’article 170 du Règlement sur la santé et la sécurité du travail (RSST), précisant que « la possibilité pour les travailleurs d’avoir accès à des bancs est nécessaire pour protéger leur santé et assurer leur sécurité et leur intégrité physique », déclarant donc que l’inspectrice de la CNESST était justifiée d’émettre l’avis de correction et d’offrir des bancs à la disposition des caissiers, caissières et libraires.

 

Consultez l’article complet

 

Source : Le Monde Ouvrier, Journal de la fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ), nº 125, mars-avril 2018.

Un budget sans surprise : la FTQ a hâte de passer à autre chose

La Fédération des travailleurs et des travailleuses (FTQ) éprouve une déception prévisible face au budget déposé aujourd’hui par le ministère des Finances. La centrale déplore l’absence de vision structurante pour soutenir les travailleurs et travailleuses dans un contexte de turbulences économiques.

« Il y a peu de choses dans ce budget qui répondent aux attentes des travailleurs et des travailleuses. On s’y attendait considérant que le budget du ministre des Finances était déjà rédigé lorsque nous l’avons rencontré. On tient compte que très partiellement de l’augmentation des inégalités sociales, de la crise de l’habitation, de l’incertitude économique actuelle ou encore de l’urgence de lutter contre les changements climatiques. Il s’agit d’une autre illustration de la déconnexion de la CAQ par rapport aux attentes et aux besoins de la population québécoise », déclare la présidente de la FTQ, Magali Picard.

Le gouvernement a annoncé quelques nouvelles dépenses et investissements dans des domaines importants pour la société québécoise, ce qui est toujours bienvenu. Cela dit, la centrale déplore le manque de vision et d’ambition de ce budget. Par exemple, la conversion de 5000 places de garde non subventionnées en place subventionnées apparaît comme une bonne nouvelle, mais l’idéal serait un réseau complet et accessible de centres de la petite enfance (CPE). Nous disons oui à un soutien additionnel pour le secteur forestier, mais quand le Québec aura-t-il une véritable politique industrielle ?

L’augmentation du niveau des dépenses sera très faible au cours des prochaines années, ce qui laisse présager un retour à l’austérité. Les dépenses en santé et services sociaux se situeront à un niveau acceptable pour 2026-2027, mais augmenteront peu pour l’année subséquente. En éducation, les augmentations apparaissent insuffisantes et entraîneront des impacts négatifs sur les services. Il s’agit là de choix politiques considérant les sommes importantes versées au Fonds des générations et l’absence de nouveaux revenus, particulièrement auprès des plus riches. Le gouvernement aurait également pu mettre sur pied un régime public et universel d’assurance médicaments, ce qui aurait permis des économies de plusieurs milliards de dollars par année.

« Au Québec, il y a du monde qui travaille fort, puis qui n’y arrive plus. Il y a des familles qui coupent dans l’épicerie et des gens qui travaillent à temps plein sans joindre les deux bouts. Nos membres, comme l’ensemble des Québécois et Québécoises, n’ont pas besoin d’un gouvernement spectateur. Ils ont besoin d’un gouvernement qui protège les emplois et qui améliore leur qualité de vie », ajoute la présidente de la FTQ.

Après deux mandats caquistes, la FTQ est prête à passer à autre chose et à contribuer activement à élaborer des solutions pour les défis auxquels fait face la société québécoise.

« C’est inhabituel de dire ça en mars alors que le printemps approche, mais on attend avec impatience d’être en octobre pour que soient enfin déclenchées les élections. À la FTQ, on est déjà passé au prochain appel. On se prépare à travailler avec le prochain gouvernement, peu importe sa couleur politique. Il y a un besoin urgent de rétablir le dialogue social qui a été mis à mal par ce gouvernement. Ce n’est pas un caprice syndical, mais une façon intelligente de faire face aux turbulences et de bénéficier de l’expertise du terrain », précise la présidente de la FTQ.

Fin de l’étude détaillée du projet de loi 3 : Le gouvernement s’apprête à adopter une des pires lois de l’histoire du Code du travail

Montréal, le 26 février 2026 – La CSN, la CSQ et la FTQ déplorent l’adoption prochaine du projet de loi 3 par le gouvernement caquiste, alors que se terminait hier l’étude détaillée. À quelques mois des élections, le gouvernement préfère déséquilibrer davantage les relations de travail pour des motifs essentiellement idéologiques plutôt que de répondre aux priorités de la population, comme la crise du coût de la vie et l’accès aux services publics.

Si l’adoption de certains amendements vient clarifier sa portée, la Loi visant à améliorer la transparence, la gouvernance et le processus démocratique de diverses associations en milieu de travail demeure une nouvelle attaque de ce gouvernement contre les droits des travailleuses et des travailleurs. Ironiquement, l’ajout de nombreuses contraintes administratives qu’engendrerait le projet de loi 3 coûterait cher aux syndiqué-es. Cette bureaucratisation inutile de l’organisation syndicale nuira nécessairement à la défense des droits des travailleuses et des travailleurs. Pour les trois grandes centrales, c’est au rôle d’acteur social des organisations syndicales que s’en prend le gouvernement qui souhaite les empêcher de lutter pour des gains profitant à la population.

Rappelons que le projet de loi 3 du ministre Jean Boulet s’ajoute à la loi 14, qui freine le droit de grève des salarié-es. En plus de ces atteintes aux droits des travailleuses et des travailleurs, le gouvernement met de l’avant plusieurs projets de loi préoccupants, comme le projet de loi 1 et le projet de loi 9, au point où le Barreau du Québec et la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse (CDPDJ) s’inquiètent publiquement d’une dérive autoritaire et d’un effritement de l’État de droit.

« Ce gouvernement laissera deux choses derrière lui : les pires lois contre les travailleuses et les travailleurs adoptées depuis des décennies et une inaction incompréhensible face aux enjeux qui préoccupent la population. Avec la démission de François Legault, nous aurions souhaité que ce gouvernement change de cap et se concentre sur les priorités des citoyennes et des citoyens. Il a plutôt préféré faire plaisir aux patrons en allant de l’avant avec ce projet de loi que nous jugeons inconstitutionnel », déclarent Caroline Senneville, présidente de la CSN, Éric Gingras, président de la CSQ, et Magali Picard, présidente de la FTQ.

« Les organisations syndicales ont toujours été au rendez-vous pour améliorer la vie des Québécoises et des Québécois. Est-il besoin de rappeler que les luttes syndicales ont permis le développement des CPE, la mise en place de l’équité salariale et le déploiement de nos services publics, notamment en éducation et en santé ? Avec ces projets de loi qui attaquent les travailleuses et les travailleurs, la CAQ tente de museler les contre-pouvoirs. Nos organisations demandent aux candidats à la succession de François Legault de s’engager à ne pas adopter ce projet de loi. Dans les derniers jours, ils se sont distancés de certaines mauvaises décisions du gouvernement, notamment quant à l’abolition du PEQ. Il n’est pas trop tard pour en faire autant avec le projet de loi 3. Les autres partis politiques doivent aussi s’engager à retirer cette loi », de conclure les présidences des trois grandes centrales syndicales.

Démission de François Legault: réaction de la FTQ

La Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ) prend acte de la démission de François Legault comme premier ministre et chef de la Coalition avenir Québec (CAQ). Pour la FTQ, il est clair qu’il s’agit du résultat de l’échec des politiques de la CAQ, particulièrement depuis le début du dernier mandat.  « Le virage à droite toute et les politiques populistes de division et d’affrontement de la CAQ ne pouvaient qu’aboutir au départ de celui qui passait les commandes. La population du Québec n’aime pas les chicanes et le chaos. Nous l’avons dit et répété à plusieurs reprises, le bilan des dernières années du gouvernement est catastrophique pour le Québec », déclare la présidente de la FTQ, Magali Picard.

Il faut de façon urgente que ce qui reste de ce gouvernement renoue avec la population. Cela veut dire amorcer un dialogue social avec la société civile et les représentants des travailleurs et travailleuses. Cela veut aussi dire travailler pour lutter contre l’itinérance, la crise du logement, le coût de la vie et s’engager à abroger les projets de loi et les lois qui ont créé le désordre des derniers mois. Le message s’adresse aussi aux partis d’opposition qui devront prendre note que rejeter le dialogue social avec sa population ne peut que desservir le Québec.

« Aussi, il faut rappeler l’absence de geste concret de ce gouvernement pour lutter contre la guerre tarifaire en abandonnant les travailleurs et travailleuses et les entreprises impactées par l’agression américaine. Malgré cela, la FTQ salue l’engagement de François Legault pour ses années de service public », conclut la présidente de la FTQ, Magali Picard.

Bilan et perspectives 2025-2026: conférence de presse de la présidente et du secrétaire général de la FTQ

La Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ) retient de l’année 2025 l’échec total du gouvernement de François Legault qui, au terme de sept années au pouvoir, n’a rien fait pour régler les crises du logement, de l’itinérance, de la vie chère, de la santé ou de l’éducation. « Afin de masquer ses échecs, ce gouvernement en fin de mandat a choisi de diviser en ciblant de manière malicieuse les personnes migrantes, les médecins et les syndicats comme étant responsables des crises que nous traversons. Ce gouvernement abandonne également les milliers de travailleurs et travailleuses qui perdent leur emploi, ainsi que les entreprises en difficulté en raison de la guerre tarifaire que livrent nos voisins du Sud. Il est où le plan de sortie de crise ? », de questionner la présidente et le secrétaire général de la FTQ, Magali Picard et Olivier Carrière.

« La population du Québec doit également prendre conscience des dérives démocratiques de ce gouvernement avec ses projets de loi et lois qui n’ont qu’un seul objectif : museler la société civile et les organisations syndicales en s’ingérant dans leur gouvernance et leurs droits de contester des lois arbitraires. Le projet de loi sur la Constitution écrit sur un coin de table est un autre exemple de cette dérive. Un projet de loi qui menace également le droit des femmes à l’avortement », ajoute la présidente, Magali Picard.

Au fédéral, la FTQ entend poursuivre ses échanges avec le gouvernement libéral qui croit au dialogue social tout en restant consciente qu’il y aura des batailles à mener.

Par ailleurs, au terme du 34e Congrès de la centrale qui s’est tenu à Québec en novembre dernier, les personnes déléguées représentant les 33 grands syndicats affiliés de la FTQ ont adopté plus de 150 résolutions confirmant ainsi les mandats et le rôle de représentation politique de la centrale et de ses dirigeants. Aussi, en 2026, la FTQ et les partenaires syndicaux vont poursuivre leur travail de réflexion avec les États généraux du syndicalisme. « Amorcé au printemps 2025, cet exercice est la preuve que nos organisations sont assez matures pour se remettre en question et réfléchir sur nos approches afin de renforcer la solidarité, d’identifier ce qui fonctionne et ce que nous faisons moins bien dans le but de répondre aux attentes des personnes que nous représentons », ajoute le secrétaire général, Olivier Carrière.

Enfin, en cette année électorale, la FTQ compte bien faire entendre la voix des travailleurs et travailleuses sur les enjeux du prochain scrutin. « Plus que jamais et forte de ses mandats, la FTQ reste déterminée à défendre le modèle québécois hérité de nos prédécesseurs. La mission de la FTQ demeure la même : défendre la dignité au travail, améliorer la vie des gens et notre filet social pour bâtir ensemble une société encore plus juste, plus égalitaire, plus inclusive et plus verte », de conclure les leaders syndicaux.