Une armée insolite de toutous colorés ont commencé à faire leur apparition hier sur les bureaux des professionnel.le.s membres du SEPB 610 au 2000 Berri.
Face à la menace d’un « projet pilote » improvisé de « dépersonnalisation » des bureaux, c’est-à-dire la transformation de tous les bureaux en espaces de travail non-assignés, le comité de mobilisation du SEPB 610 a offert aux professionnel.le.s du secteur la compagnie d’un collègue en peluche coloré pour « personnaliser » – et surveiller (!) – leur bureau.
Que se passe-t-il?

La semaine dernière, certains professionnel.le.s ont appris de leur gestionnaire que le 2000 Berri passera en mode « bureaux non-assignés » dès le mois prochain et qu’il leur restait plus ou moins trois semaines pour « dépersonnaliser » leurs bureaux.
Contrairement au projet du NSS (6e étage de la Place Bonaventure), aucun réaménagement ne serait prévu, car cette « dépersonnalisation » doit se faire « à coût zéro ». En septembre, les employés qui se retrouveraient sans bureau fixe n’auront accès à aucun casier, ni aucun tiroir verrouillé pour conserver leurs documents.
Les espaces de travail au 2000 Berri sont actuellement aménagés selon les besoins et préférences de chacun, notamment au niveau de l’ergonomie et des équipements informatiques.
Au 6e étage de Bonaventure, les bureaux non-assignés sont tous ajustables en hauteur, munis de deux écrans et d’une station d’accueil. Rien de tout ça ne semble être prévu dans ce « projet pilote » au 2000 Berri.
À ce sujet, les vis-à-vis patronaux du syndicat ont avoué ne pas être au courant du projet, en date de mercredi dernier. Parions que l’équipe de Santé et sécurité au travail, de Gestion du changement et de quiconque devrait être impliqué dans un projet de cet ordre ne le sont pas non plus.
Pourquoi ici et maintenant?

Mais le projet a été planifié à l’avance. Le syndicat, comme de nombreuses parties prenantes, a été consulté. Les aménagements au 6e étage sont pensés en fonction d’une utilisation non-assignée des bureaux.
Le « projet pilote » du 2000 Berri est une improvisation injustifiée et insultante. À quel besoin cette transformation vient-elle répondre? Il n’y a aucun problème de disponibilité des espaces au 2000.
Pourquoi cet empressement? Pourquoi ne consulter personne? Pourquoi jouer avec les conditions de travail et la SST des professionnel.le.s pour « faire un projet pilote » et « voir et s’ajuster »?
Encore de l’improvisation
Cette distraction inutile nous viendrait des hautes sphères de la direction Génie et services techniques, une direction avec qui nous avons plus d’un enjeu à régler depuis quelques mois. C’est dans cette direction qu’ont été annoncées en mars dernier, avec le même empressement, des coupures de postes mal ficelées, improvisées, au point où certaines ont par la suite été annulées (!), plongeant dans le stress et l’incertitude trop de professionnel.le.s pour pas grand chose.
Sont également concernés par cette histoire de bureaux nos collègues de l’ingénierie d’exploitation, cette autre direction qui a décidé l’hiver dernier d’imposer un horaire fixe de présentéisme de 9h à 15h du lundi au vendredi, à tous ses employés, levant le nez sur la flexibilité d’horaire qui est l’un des piliers de nos conditions de travail.
Une réponse ludique
Cette approche répétée d’improvisation serait risible si elle n’affectait pas directement les professionnel.le.s dans leurs conditions de travail, leur qualité de vie au travail, voire leur santé physique et psychologique.
C’est donc par une action colorée et ludique que les pros ont décidé de répondre à cette improvisation. Ces toutous ont dès aujourd’hui la charge de surveiller le bureau de chaque professionnel.le menacé par ce projet mené à l’aveugle contre leur gré et leur intérêt.
Si le projet doit se faire, qu’il soit justifié, qu’il se fasse bien, en consultant sérieusement les principaux intéressés et leurs représentants et que l’ensemble de ses impacts soient pris en considération.
En attendant, qu’il soit mis sur pause.



