La Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ) conclut ses deux journées de réflexion sur l’intelligence artificielle (IA) en milieu de travail au cours desquelles plus d’une centaine de militantes et militants ont pu échanger sur les façons dont l’IA transforme les tâches, les métiers, les façons de travailler.
« Comme organisation syndicale, il est important de mieux comprendre ces outils et leurs effets pour faire évoluer nos revendications et aussi ériger des garde-fous. On le constate tous les jours, l’IA peut faciliter certaines tâches, rendre le travail moins pénible ou aider les gens à mieux faire leur travail. Mais attention, elle sert aussi à augmenter les cadences, à surveiller davantage les travailleuses et travailleurs, à réduire leur autonomie et même à supprimer des emplois », déclare le secrétaire général de la FTQ, Olivier Carrière.
« Nous devons voir comment on peut traduire ces réflexions dans des revendications concrètes et préciser les priorités sur lesquelles on veut travailler. On veut, par exemple, que les travailleuses et travailleurs, avec leur syndicat, aient un vrai droit de regard sur l’introduction de l’IA dans leur milieu de travail. Ça veut dire être informé, être consulté, mais aussi pouvoir négocier les conditions dans lesquelles ces technologies sont utilisées », ajoute le secrétaire général.
« Maintenant que ce constat est fait, il faut agir et être présent sur toutes les tribunes pour faire connaître les enjeux et faire pression notamment sur les gouvernements pour obtenir un encadrement optimal de l’IA afin d’éviter les dérives. Les discussions devront déboucher sur du concret et, à ce chapitre, on veut pouvoir travailler avec le nouveau ministre du Travail, Mathieu Lebrun, et la nouvelle ministre de l’Intelligence artificielle et du Numérique, Anne Nguyen », d’ajouter le secrétaire général.
« Enfin, on veut que les travailleuses et travailleurs aient leur mot à dire sur les transformations de leur travail. Que l’IA serve à améliorer les conditions de travail et pas seulement à exercer plus de contrôle ou à augmenter les profits. Comme c’est le cas depuis toujours, la FTQ n’est pas contre les changements technologiques et l’IA ne fait pas exception. Elle est là pour de bon, le défi c’est de se l’apprivoiser, d’apprendre à travailler avec ce nouvel outil, mais surtout de s’assurer qu’elle profite aussi aux travailleuses et travailleurs. Parce que le progrès technologique devrait aussi pouvoir rimer avec progrès social », conclut le secrétaire général.
