Le Centre de services scolaire Marie-Victorin, en pleine croissance depuis plusieurs années, prévoit pourtant des réductions de services en adaptation scolaire d’une dizaine de postes pour la prochaine année, une situation inacceptable selon le Syndicat des employées et employés professionnels-les et de bureau, section locale 578 (SEPB-578).
Selon le plan d’effectifs, les préposé(e)s aux élèves handicapés (PEH) verraient leurs heures réduites de 207 par semaine, soit l’équivalent de près de six postes à temps plein. Du côté des techniciennes et techniciens en éducation spécialisée (TES), la réduction est d’un peu plus de 130 heures par semaine, soit l’équivalent de près de quatre postes à temps plein.
« Ces coupures surviennent alors que le nombre d’élèves qui ont besoin de ces services est en croissance. C’est un choix budgétaire qui va avoir un impact à long terme sur ces élèves, affirme le président du syndicat, Jean-François Labonté. Les élèves visés, précise-t-il, sont ceux ayant des besoins particuliers : limitations fonctionnelles, troubles du comportement, troubles du spectre de l’autisme, déficiences physiques ou intellectuelles, qui dépendent directement de cet accompagnement pour leur place en classe ».
Le syndicat met ces chiffres en parallèle avec un rapport récent du Vérificateur général du Québec, qui dénonçait l’absence de planification entourant l’octroi de plus de 2,2 milliards de dollars dans la filière batterie, sans objectifs, échéanciers, ni mécanismes de suivi adéquats. « On exige une rigueur budgétaire absolue quand il s’agit de donner des services à des élèves handicapés, mais aucune rigueur comparable quand il s’agit de milliards donnés à des entreprises privées », déplore M. Labonté.
Le syndicat pointe aussi vers les choix budgétaires du gouvernement de Christine Fréchette, qui a succédé à François Legault à la tête de la Coalition avenir Québec en avril dernier. Aucun ajout d’argent frais n’est prévu pour répondre à la croissance des besoins. Dans les derniers mois, des baisses d’impôt aux entreprises ont été mises en place par le gouvernement. Ces baisses d’impôts, présentées comme une aide à la population, profiteront surtout aux contribuables les plus favorisés, et diminueront les revenus disponibles pour les services publics, dont les services aux élèves les plus vulnérables.
Un enjeu électoral?
Pour le SEPB-578, ce contexte illustre un recul du principe d’égalité des chances qui fonde le système scolaire québécois depuis des décennies : l’accès au soutien dépendra de plus en plus du budget disponible plutôt que des besoins réels des élèves. « Bâtir de nouvelles écoles ne suffit pas. Ce sont les personnes qui y travaillent qui font la différence entre l’inclusion et l’exclusion », insiste M. Labonté.
Le syndicat invite la population à réclamer une réflexion collective sur le système d’éducation québécois, dans le cadre d’états généraux sur l’éducation, et à bien réfléchir au choix de leur prochain gouvernement. À l’approche des élections générales du 5 octobre, il espère que la question sera abordée durant la campagne.
« Au-delà des chiffres, il y a des élèves, nos enfants », conclut M. Labonté.
