Droits piétinés : résister pour préserver notre avenir collectif

ʟᴇᴛᴛʀᴇ ᴏᴜᴠᴇʀᴛᴇ

 

En cette Journée internationale des travailleuses et des travailleurs, nous prenons la parole publiquement parce que le silence n’est plus tolérable. Partout au Québec, les droits économiques, les droits du travail et le filet social reculent à un rythme inquiétant. Ce qui est en jeu, c’est notre capacité collective à vivre dignement, à nous loger, à accéder à des services publics de qualité et à participer pleinement à la vie démocratique.

 

Depuis trop longtemps, les travailleuses et les travailleurs subissent les contrecoups de décisions politiques qui affaiblissent leurs protections et réduisent leur pouvoir d’agir. Les projets de loi du gouvernement ont successivement fragilisé la négociation collective, instauré des régimes discriminatoires en matière de santé et de sécurité du travail – notamment dans les secteurs névralgiques de l’éducation, de la santé et des services sociaux – et imposé une lourdeur administrative inutile aux organisations syndicales. Ces choix ne sont pas anodins, tous déséquilibrent le rapport de force au détriment des personnes qui assurent la vitalité de nos milieux de travail.

 

À cela s’ajoutent des compressions sévères dans les services publics et des réorganisations mal planifiées qui désorganisent les équipes, alourdissent les charges de travail et nuisent à la qualité des services offerts à la population. Récemment, une nouvelle offensive législative menace de rendre les chantiers de construction encore plus dangereux, et d’affaiblir ou de faire stagner les conditions de travail dans plusieurs secteurs en abolissant les décrets de conventions collectives.

 

Les atteintes aux droits fondamentaux se multiplient. Au bout du compte, c’est le pouvoir collectif des travailleuses et des travailleurs qui est directement attaqué. Ces reculs touchent de façon disproportionnée les femmes et les gens vulnérables qui occupent des emplois précaires, entre autres les personnes travailleuses migrantes ou demandeuses d’asile. Lorsque les droits s’effritent, ce sont toujours les mêmes qui en paient le prix fort.

 

Logement, filet social, transition juste : des droits fondamentaux

 

Les problèmes auxquels nous faisons face dépassent le seul cadre du travail. La crise du logement, par exemple, impose un fardeau financier sans cesse croissant à des ménages déjà fragilisés. Avec la hausse rapide des loyers, les évictions abusives et le manque criant de logements sociaux, se loger devient un combat quotidien, indissociable de celui pour les conditions de travail. Pouvoir se loger dignement doit être reconnu comme un droit fondamental et non comme un privilège.

 

Parallèlement, l’effritement du filet social compromet l’accès à des services publics universels et de qualité. Le sous-financement chronique de la santé, des services sociaux, de l’éducation et de la fonction publique, combiné à l’ouverture croissante au privé, creuse les inégalités et met une pression insoutenable sur les travailleuses et les travailleurs qui tiennent ces réseaux à bout de bras. En ne prenant pas ses responsabilités face au financement de la mission des groupes communautaires autonomes, l’État empêche ceux-ci daméliorer les conditions de vie et de travail des personnes qui en ont le plus besoin. Il contribue donc à l’appauvrissement des femmes, celles-ci occupant la majorité des emplois de ce secteur essentiel pour la démocratie, et même pour l’économie. Défendre le filet social, c’est défendre un modèle de société fondé sur la solidarité et la redistribution équitable de la richesse.

 

À l’heure où se conjuguent des crises économique, climatique et sociale, la nécessité d’une transition juste est indéniable. Elle ne peut se faire en sacrifiant les droits des travailleuses et des travailleurs ou les conditions de vie de celles et ceux qui sont déjà parmi les plus vulnérables. Il faut lutter contre les changements climatiques sans que cela se fasse au détriment de celles et ceux qui peinent déjà à joindre les deux bouts. Une société véritablement équitable veille à ce que nul ne soit laissé pour compte.

 

Enfin, rappelons que les contre-pouvoirs sont essentiels. Les organisations syndicales, communautaires, de défense des droits humains, étudiantes et citoyennes jouent un rôle fondamental dans la défense des droits de la population et dans la vitalité de notre démocratie. Les affaiblir, c’est fragiliser l’équilibre social tout entier.

 

Nous affirmons haut et fort en cette Journée internationale des travailleuses et des travailleurs qu’il est temps de résister. Résister aux reculs, se mobiliser collectivement et revendiquer un modèle de société fondé sur la justice sociale, la solidarité et le respect des droits. C’est ensemble, et seulement ensemble, que nous pourrons défendre nos acquis et construire un avenir plus équitable.

 

Signataires

 

  • Robert Comeau, président de l’Alliance du personnel professionnel et technique de la santé et des services sociaux (APTS)
  • France-Isabelle Langlois, directrice générale d’Amnistie internationale Canada francophone
  • Éric Gingras, président de la Centrale des syndicats du Québec (CSQ)
  • Caroline Senneville, présidente de la Confédération des syndicats nationaux (CSN)
  • Luc Vachon, président de la Centrale des syndicats démocratiques (CSD)
  • Mélanie Hubert, présidente de la Fédération autonome de l’enseignement (FAE)
  • Christopher Zéphyr, présidence de la Fédération étudiante collégiale du Québec (FECQ)
  • Julie Bouchard, présidente de la Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec (FIQ)
  • Magali Picard, présidente de la Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ)
  • Véronique Laflamme, porte-parole du Front d’action populaire en réaménagement urbain (FRAPRU)
  • Michael Bizzarro, co-coordonnateur du Mouvement autonome et solidaire des sans-emploi (MASSE)
  • Gabrielle Renaud, Mouvement d’éducation populaire et d’action communautaire du Québec (MÉPACQ)
  • Claudia Fiore-Leduc, porte-parole pour le Réseau québécois de l’action communautaire autonome (RQ-ACA)
  • Christian Daigle, président général du Syndicat de la fonction publique et parapublique du Québec (SFPQ)
  • Guillaume Bouvrette, Syndicat de professionnelles et professionnels du gouvernement du Québec (SPGQ)
  • Stéphanie Vallée, présidente de la Table des regroupements provinciaux d’organismes communautaires et bénévoles
  • Flora Dommanget, présidente de l’Union étudiante du Québec (UEQ)

Le droit de s’asseoir : une avancée majeure pour la santé et la sécurité au travail

Montréal, le 28 avril 2026. –  En ce 28 avril, Journée internationale de commémoration des victimes d’accidents et de maladies du travail, le SEPB-Québec tient à souligner que tous les efforts doivent être mis en place afin d’offrir un milieu de travail sain et sécuritaire. La FTQ nous rappelle également que chaque décès, chaque blessure et chaque maladie professionnelle rappellent une vérité simple : la prévention sauve des vies.

 

Plus que jamais, il est essentiel de parler de santé et sécurité au travail, alors que le gouvernement actuel bafoue encore des droits de base, aux travailleuses et aux travailleurs, en adoptant récemment, entre autres, une loi limitant l’accès aux mécanismes de prévention dans plusieurs secteurs, dont l’éducation. Plusieurs milliers de syndiquées du SEPB-Québec, majoritairement des femmes, sont ainsi touchées dans tout le soutien scolaire.

 

Par ailleurs, cette Journée internationale de commémoration des victimes d’accidents et de maladies du travail nous permet également de nous rappeler un coup fumant réalisé par le SEPB-Québec en matière de prévention en santé et sécurité au travail : le fameux dossier des bancs !

 

À la suite d’une saga judiciaire de plusieurs années impliquant les salarié.e.s du Archambault Berri ainsi qu’une quinzaine de succursales Renaud-Bray, toutes syndiquées au SEPB-574, la Cour supérieure du Québec leur donnait gain de cause. En fait, la Cour maintenait la décision du TAT liée à l’article 170 du Règlement sur la santé et la sécurité du travail (RSST), précisant que « la possibilité pour les travailleurs d’avoir accès à des bancs est nécessaire pour protéger leur santé et assurer leur sécurité et leur intégrité physique », déclarant donc que l’inspectrice de la CNESST était justifiée d’émettre l’avis de correction et d’offrir des bancs à la disposition des caissiers, caissières et libraires.

 

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Source : Le Monde Ouvrier, Journal de la fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ), nº 125, mars-avril 2018.

Interdiction du port de signes religieux – Des dizaines de travailleuses menacées de perdre leur emploi

Montréal, le 16 avril 2026. – La Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ) dénonce une fois de plus l’impact de l’entrée en vigueur de la loi sur l’interdiction du port de signes religieux dans le réseau de l’éducation. Déjà, on s’inquiète pour l’avenir des dizaines de travailleuses et travailleurs qui vivent dans l’incertitude et dans la crainte de perdre leur emploi.

Par exemple, les membres du personnel de soutien dans les centres de services scolaires, ciblés par cette loi discriminatoire, ont reçu des lettres de leur administration les menaçant de perdre leur emploi s’ils refusaient de ne plus porter tout objet s’apparentant à un signe religieux. « Dans ce secteur, nos membres, en très grande majorité des femmes, sont présentes dans plus de quarante classes d’emplois telles que le personnel en service de garde, les techniciennes en éducation spécialisée, les préposées aux élèves handicapées, les secrétaires d’école, etc. Déjà, plusieurs centaines sont impactées par cette mesure qui aura des conséquences sur leur carrière et le travail qu’elles aiment », déclare la présidente de la FTQ, Magali Picard.

« Il ne faut pas être un génie pour comprendre que les congédiements à venir visent principalement les femmes, souvent diplômées et surqualifiées. Tout cela ne peut qu’avoir des effets négatifs et considérables sur des milliers d’élèves, de parents et le personnel de ces établissements, ainsi que sur tout le réseau de l’éducation. Nous sommes déjà en pénurie de main-d’œuvre, maintenant nous risquons des bris de service », ajoute la présidente.

En ce qui a trait aux droits acquis, ce sont les ressources humaines des centres de services scolaires qui auront à juger de la recevabilité ou non de la demande, ce qui nous apparaît très arbitraire.

« La FTQ demande à la nouvelle première ministre, Christine Fréchette, de bien analyser les conséquences de cette loi, qui discrimine encore une fois les femmes, et de l’abroger. Les administrations publiques ont tous les outils nécessaires pour intervenir dans les cas d’abus, de débordements ou d’activités susceptibles de compromettre l’éducation de nos enfants. Le Québec doit rester une société accueillante et ouverte sur le monde. Nous sommes prêts à en discuter en tout temps, mettons fin à cette hypocrisie, Madame la Première Ministre », conclut la présidente de la FTQ.

Adoption du projet de loi no 3 – Un recul historique pour les droits des travailleuses et travailleurs

Québec, le 2 avril 2026 – L’adoption aujourd’hui du projet de loi no 3 par l’Assemblée nationale – qui constitue un recul historique pour les droits des travailleuses et travailleurs et un legs honteux du gouvernement Legault en toute fin de législature – est dénoncée d’une même voix par l’APTS, la CSD, la CSN, la CSQ, la FAE, la FTQ, le SFPQ et le SPGQ.

« Il faut énormément de culot pour s’entêter comme le fait ce gouvernement, alors qu’il n’a plus de premier ministre ni d’appui de la population. Sans compter l’absence de consensus social et toutes les mises en garde émises par les organisations syndicales, les organisations de la société civile et les expert·e·s universitaires, qui ont démontré les nombreuses failles de ce projet de loi. L’application du texte adopté créera en effet un carcan administratif aussi inutile qu’insensé pour nos organisations et nos milieux de travail, et la CAQ devra en porter l’entière responsabilité », dénoncent conjointement les porte-paroles Robert Comeau (APTS), Luc Vachon (CSD), Caroline Senneville (CSN), Éric Gingras (CSQ), Mélanie Hubert (FAE), Magali Picard (FTQ), Christian Daigle (SFPQ) et Guillaume Bouvrette (SPGQ).

Cette nouvelle attaque du gouvernement contre les droits des travailleuses et des travailleurs s’ajoute à une longue série de reculs : l’atteinte au droit de grève avec la Loi visant à considérer davantage les besoins de la population en cas de grève ou de lock-out (Loi 14), qui affaiblit le pouvoir de négociation et la capacité d’améliorer les conditions de travail; l’imposition d’un régime discriminatoire en santé et sécurité du travail dans les réseaux de l’éducation ainsi que de la santé et des services sociaux avec la Loi modifiant la Loi sur les services de santé et les services sociaux et modifiant diverses dispositions législatives (Loi 28), les compressions draconiennes dans les services publics ainsi que des réorganisations mal planifiées. Les atteintes aux droits fondamentaux se multiplient. Au bout du compte, c’est le pouvoir collectif des travailleuses et des travailleurs qui est attaqué directement.

« Le gouvernement ne cache même plus son mépris pour les droits des travailleuses et des travailleurs, des personnes les plus vulnérables de notre société et de la classe moyenne. Ce n’est pas en s’attaquant aux associations qui les défendent qu’on va améliorer la qualité de vie de ceux et celles qui en ont besoin. Le projet de loi est adopté, mais nous ne baisserons pas les bras et comptons utiliser tous les moyens à notre disposition pour protéger leurs droits et contrer les politiques antidémocratiques d’un gouvernement en fin de régime. Nous sensibiliserons la population et talonnerons les partis de l’opposition. Ce doit être un enjeu important durant les prochaines élections », ajoutent les porte-paroles.

Le texte de loi adopté sera maintenant analysé en détail par les organisations syndicales, qui évalueront les recours possibles afin d’assurer la protection des droits des travailleuses et travailleurs du Québec.

La CAQ refuse des investissements majeurs en transport collectif

Drummondville, le 31 mars 2026 – Les porte-parole de la FTQ et la CSN sont sidérés d’apprendre que, faute d’entente-cadre, la CAQ laissera délibérément dormir la part qui revient au Québec dans le Fonds pour le transport en commun du Canada.

 

Ainsi, le Québec ne recevra absolument rien pour le développement de son transport collectif, alors que l’Ontario a déjà encaissé plus de deux milliards de dollars.

 

Une fois de plus, la CAQ nous fait la démonstration des impasses dans lesquelles elle entraîne le Québec dans la plupart des négociations avec le fédéral. Un juste retour fiscal pourrait bénéficier aux usagères et aux usagers du transport, mais aussi aux automobilistes, puisque l’augmentation du transport en commun améliore la fluidité sur les routes.

 

C’est là une autre preuve du désintérêt complet de la CAQ envers le transport collectif et public : des sommes importantes sont disponibles et le Québec est la seule province à ne pas en profiter. C’est impensable ! L’inaction de la CAQ prive les collectivités québécoises du financement qu’elles réclament pour développer leurs réseaux de transport collectif. Quand on sait à quel point les besoins sont criants et que les sociétés de transport sont contraintes de couper dans leurs services et de reporter des projets essentiels en raison du manque de financement, on ne peut qualifier autrement que d’irresponsable le laxisme de ce gouvernement.

 

De plus, il est clairement établi que la principale source d’émission de gaz à effet de serre (GES) au Québec est attribuable au transport. Alors que l’Ontario investit les deux tiers de son budget de transport dans le développement du transport collectif, le Québec fait l’inverse : il consacre les deux tiers de l’enveloppe budgétaire du transport au réseau routier.

 

 « La création du Fonds pour le transport en commun du Canada a été annoncée en 2024. C’est incompréhensible et révoltant que le gouvernement du Québec n’ait pas encore d’entente-cadre comme en a l’Ontario. Pendant ce temps, on retarde la création d’emplois pour la fabrication et pour l’opération des tramways et des autres véhicules de transport collectif. Ce laxisme explique en partie le report de l’atteinte des cibles de réduction de GES du Québec. Ce n’est cependant pas surprenant, étant donné le bilan désastreux de la CAQ en matière de transport collectif », affirment conjointement Caroline Senneville, présidente de la CSN, et Olivier Carrière, secrétaire général de la FTQ.

 

 Il n’y a aucun plan pour soutenir réellement les sociétés de transport. Nous réclamons un transport collectif et public abordable, efficace et accessible à toutes et à tous.

 

Le financement du transport collectif n’est pas une ligne de dépense comptable à réduire : c’est un service public indispensable. La logique de la recherche de rentabilité à tout prix ne tient pas la route pour les services publics. Demandons-nous aux hôpitaux et aux écoles d’être rentables ? Non ! Alors, pourquoi appliquer cette logique au transport en commun ? C’est une question de vision et de projet de société.

 

Nous réclamons un financement suffisant et pérenne, en ce qui concerne les opérations des sociétés de transport et le développement d’une offre à la hauteur des besoins en mobilité durable et abordable.

Ces aberrations doivent cesser. L’inaction ne fera qu’aggraver la situation.

 

« Diriger le Québec par improvisation a ses limites. Les besoins sont criants. Les solutions existent. L’argent est sur la table. Ce qu’il manque, c’est la volonté politique », de conclure Caroline Senneville et Olivier Carrière.

 

Ensemble, la CSN et la FTQ représentent près d’un million de personnes syndiquées.

Un budget sans surprise : la FTQ a hâte de passer à autre chose

La Fédération des travailleurs et des travailleuses (FTQ) éprouve une déception prévisible face au budget déposé aujourd’hui par le ministère des Finances. La centrale déplore l’absence de vision structurante pour soutenir les travailleurs et travailleuses dans un contexte de turbulences économiques.

« Il y a peu de choses dans ce budget qui répondent aux attentes des travailleurs et des travailleuses. On s’y attendait considérant que le budget du ministre des Finances était déjà rédigé lorsque nous l’avons rencontré. On tient compte que très partiellement de l’augmentation des inégalités sociales, de la crise de l’habitation, de l’incertitude économique actuelle ou encore de l’urgence de lutter contre les changements climatiques. Il s’agit d’une autre illustration de la déconnexion de la CAQ par rapport aux attentes et aux besoins de la population québécoise », déclare la présidente de la FTQ, Magali Picard.

Le gouvernement a annoncé quelques nouvelles dépenses et investissements dans des domaines importants pour la société québécoise, ce qui est toujours bienvenu. Cela dit, la centrale déplore le manque de vision et d’ambition de ce budget. Par exemple, la conversion de 5000 places de garde non subventionnées en place subventionnées apparaît comme une bonne nouvelle, mais l’idéal serait un réseau complet et accessible de centres de la petite enfance (CPE). Nous disons oui à un soutien additionnel pour le secteur forestier, mais quand le Québec aura-t-il une véritable politique industrielle ?

L’augmentation du niveau des dépenses sera très faible au cours des prochaines années, ce qui laisse présager un retour à l’austérité. Les dépenses en santé et services sociaux se situeront à un niveau acceptable pour 2026-2027, mais augmenteront peu pour l’année subséquente. En éducation, les augmentations apparaissent insuffisantes et entraîneront des impacts négatifs sur les services. Il s’agit là de choix politiques considérant les sommes importantes versées au Fonds des générations et l’absence de nouveaux revenus, particulièrement auprès des plus riches. Le gouvernement aurait également pu mettre sur pied un régime public et universel d’assurance médicaments, ce qui aurait permis des économies de plusieurs milliards de dollars par année.

« Au Québec, il y a du monde qui travaille fort, puis qui n’y arrive plus. Il y a des familles qui coupent dans l’épicerie et des gens qui travaillent à temps plein sans joindre les deux bouts. Nos membres, comme l’ensemble des Québécois et Québécoises, n’ont pas besoin d’un gouvernement spectateur. Ils ont besoin d’un gouvernement qui protège les emplois et qui améliore leur qualité de vie », ajoute la présidente de la FTQ.

Après deux mandats caquistes, la FTQ est prête à passer à autre chose et à contribuer activement à élaborer des solutions pour les défis auxquels fait face la société québécoise.

« C’est inhabituel de dire ça en mars alors que le printemps approche, mais on attend avec impatience d’être en octobre pour que soient enfin déclenchées les élections. À la FTQ, on est déjà passé au prochain appel. On se prépare à travailler avec le prochain gouvernement, peu importe sa couleur politique. Il y a un besoin urgent de rétablir le dialogue social qui a été mis à mal par ce gouvernement. Ce n’est pas un caprice syndical, mais une façon intelligente de faire face aux turbulences et de bénéficier de l’expertise du terrain », précise la présidente de la FTQ.

Fin de l’étude détaillée du projet de loi 3 : Le gouvernement s’apprête à adopter une des pires lois de l’histoire du Code du travail

Montréal, le 26 février 2026 – La CSN, la CSQ et la FTQ déplorent l’adoption prochaine du projet de loi 3 par le gouvernement caquiste, alors que se terminait hier l’étude détaillée. À quelques mois des élections, le gouvernement préfère déséquilibrer davantage les relations de travail pour des motifs essentiellement idéologiques plutôt que de répondre aux priorités de la population, comme la crise du coût de la vie et l’accès aux services publics.

Si l’adoption de certains amendements vient clarifier sa portée, la Loi visant à améliorer la transparence, la gouvernance et le processus démocratique de diverses associations en milieu de travail demeure une nouvelle attaque de ce gouvernement contre les droits des travailleuses et des travailleurs. Ironiquement, l’ajout de nombreuses contraintes administratives qu’engendrerait le projet de loi 3 coûterait cher aux syndiqué-es. Cette bureaucratisation inutile de l’organisation syndicale nuira nécessairement à la défense des droits des travailleuses et des travailleurs. Pour les trois grandes centrales, c’est au rôle d’acteur social des organisations syndicales que s’en prend le gouvernement qui souhaite les empêcher de lutter pour des gains profitant à la population.

Rappelons que le projet de loi 3 du ministre Jean Boulet s’ajoute à la loi 14, qui freine le droit de grève des salarié-es. En plus de ces atteintes aux droits des travailleuses et des travailleurs, le gouvernement met de l’avant plusieurs projets de loi préoccupants, comme le projet de loi 1 et le projet de loi 9, au point où le Barreau du Québec et la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse (CDPDJ) s’inquiètent publiquement d’une dérive autoritaire et d’un effritement de l’État de droit.

« Ce gouvernement laissera deux choses derrière lui : les pires lois contre les travailleuses et les travailleurs adoptées depuis des décennies et une inaction incompréhensible face aux enjeux qui préoccupent la population. Avec la démission de François Legault, nous aurions souhaité que ce gouvernement change de cap et se concentre sur les priorités des citoyennes et des citoyens. Il a plutôt préféré faire plaisir aux patrons en allant de l’avant avec ce projet de loi que nous jugeons inconstitutionnel », déclarent Caroline Senneville, présidente de la CSN, Éric Gingras, président de la CSQ, et Magali Picard, présidente de la FTQ.

« Les organisations syndicales ont toujours été au rendez-vous pour améliorer la vie des Québécoises et des Québécois. Est-il besoin de rappeler que les luttes syndicales ont permis le développement des CPE, la mise en place de l’équité salariale et le déploiement de nos services publics, notamment en éducation et en santé ? Avec ces projets de loi qui attaquent les travailleuses et les travailleurs, la CAQ tente de museler les contre-pouvoirs. Nos organisations demandent aux candidats à la succession de François Legault de s’engager à ne pas adopter ce projet de loi. Dans les derniers jours, ils se sont distancés de certaines mauvaises décisions du gouvernement, notamment quant à l’abolition du PEQ. Il n’est pas trop tard pour en faire autant avec le projet de loi 3. Les autres partis politiques doivent aussi s’engager à retirer cette loi », de conclure les présidences des trois grandes centrales syndicales.

Manifestation des architectes de la Ville de Montréal

Sans contrat de travail depuis plus de deux ans, les Architectes de la Ville de Montréal manifestent leur mécontentement face à la lenteur des négociations aujourd’hui devant l’hôtel de ville.

La cinquantaine de membres du Syndicat des employées et employés professionnels-les et de bureau – unité des Architectes de la Ville de Montréal (SEPB-571 – UAVM) sont dans une impasse alors que le processus de médiation n’a pas permis d’en arriver à une entente.

« Nos conditions sont inférieures à celles d’autres grandes villes comparables comme Laval et Longueuil et même d’autres professionnels de la Ville. Ce que nous demandons, c’est simplement l’équité pour pouvoir attirer et garder des professionnels compétents au service des citoyens. La Ville offre une baisse des conditions. On sait qu’une des priorités de la direction générale est la valorisation de sa fonction publique, ce n’est pas en dévaluant le travail professionnel des architectes qu’elle y arrivera », explique Louis Philippe Lauzé, président de l’unité des architectes de la Ville de Montréal (SEPB-571).

Le télétravail est également un des enjeux de la négociation alors que la Ville ferme la porte à double tour à une entente encadrant le télétravail, mais avance des projets d’aménagement de bureau où elle réduit significativement le nombre de bureaux disponibles.

Protéger l’expertise interne

Le syndicat souligne l’importance de préserver l’expertise interne alors que des millions de dollars sont octroyés annuellement en contrats à des firmes externes.

« Nous tentons de négocier une clause qui encadrerait le recours à la sous-traitance. Personne ne connaît la Ville, ses infrastructures et son parc immobilier comme les architectes. Les millions de dollars qui s’envolent des poches des contribuables pour enrichir des firmes privées sont, selon nous, des dépenses qui seraient mieux investies dans l’expertise interne, une expertise qui est déjà là, au sein de l’appareil municipal », ajoute M. Lauzé.

L’unité des architectes regroupe une cinquantaine de membres aux expertises variées, dont le champ d’action couvre plusieurs sphères d’activité, notamment: le développement durable, la protection du patrimoine culturel, la rédaction et la gestion de la réglementation liées aux bâtiments, l’accompagnement aux citoyens lors des demandes de permis et le rôle-conseil auprès de la Ville.

Les professionnel.le.s de la STM votent en faveur de l’entente de principe

Les membres du SEPB-610 (professionnel.le.s de la Société de transport de Montréal (STM)), ont voté à 91% en faveur de l’entente de principe intervenue le 31 décembre dernier entre le 610 et la direction de la STM.

Les membres ont été nombreux à se prononcer sur cette entente de principe, le taux de participation atteignant 86%.

Pour la première fois de leur histoire, les professionnel.le.s de la STM s’étaient engagés dans un mouvement de moyens de pression qui a culminé avec une grève du temps supplémentaire de 16 jours.

« Nous sommes satisfaits de cette entente qui prévoit une véritable sécurité d’emploi, encadre davantage la sous-traitance, maintient les acquis et offre plus de flexibilité dans l’aménagement du temps de travail », explique Marc Glogowski, président du SEPB-610.

Les syndiqué.e.s ont obtenu les dispositions nécessaires qui leur assurent une sécurité d’emploi à la STM pour toute la durée de la convention collective.

À cela s’ajoutent des augmentations salariales composées de 16,5% condensées en 4,5 ans et plusieurs gains tant monétaires que normatifs.

Les négociations se sont échelonnées sur plus d’un an.