Deux jours de grève pour les Architectes de Montréal

Les deux jours de grève des architectes de la Ville de Montréal ont été pour le moins bruyants.

La cinquantaine de membres du Syndicat des employées et employés professionnels-les et de bureau – unité des Architectes de la Ville de Montréal (SEPB-571 – UAVM) ont fait du piquetage mardi devant l’hôtel de ville de l’arrondissement Ville-Marie et le lendemain devant l’hôtel de ville de Montréal sur Notre-Dame.

Les Architectes sont sans contrat de travail depuis près de trois ans.

Voici un résumé vidéo de la journée de mercredi.

 

« Le nouveau gouvernement et l’ensemble des élus doivent travailler ensemble pour le bien commun » ‒ Magali Picard, présidente de la FTQ

La Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ) prend acte de l’élection d’un gouvernement minoritaire du Parti québécois et invite l’ensemble des élus, les oppositions, à se mettre au travail rapidement et à oeuvrer ensemble pour le bien commun de tous les Québécois et Québécoises, et ce, peu importe les allégeances politiques. La guerre tarifaire, la hausse du coût de la vie, la crise du logement et de l’itinérance, la violence envers les femmes, les changements climatiques et les défis démographiques ne sont que quelques-uns des dossiers qui doivent faire l’objet d’une attention immédiate.

« Les Québécoises et Québécois restent profondément attachés à une société qui prend soin de son monde dans un Québec où tout le monde peut vivre dignement. Nos réseaux publics ont certainement besoin d’attention, mais ce n’est pas une surenchère de coupes qui fera en sorte que la population obtiendra de meilleurs services à un meilleur coût », déclare la présidente de la FTQ, Magali Picard.

Pour ce faire, le gouvernement québécois doit reprendre le dialogue social avec la société civile incluant les organisations syndicales. « Le verdict de cette élection démontre clairement que les politiques de division et d’opposition de l’ancien gouvernement ont été rejetées par les Québécoises et les Québécois. La FTQ rappelle que les sociétés les plus démocratiques sont les sociétés qui ont les plus hauts taux de syndicalisation. C’est entre autres grâce à la qualité du dialogue social que le Québec moderne s’est construit et c’est en poursuivant dans cette veine que nous pourrons relever les défis devant nous », ajoute la présidente de la FTQ, Magali Picard.

La FTQ demande aux élus de se mettre au travail rapidement. « Le nouveau gouvernement doit abroger les lois adoptées sans consultations et qui s’attaquent aux travailleuses et travailleurs. Ici, on parle plus particulièrement de la Loi 14, qui brise l’équilibre des forces lors de négociations de conventions collectives en limitant le droit de grève, et la Loi 4 sur la gouvernance, qui s’ingère dans la vie démocratique des syndicats », réclame le secrétaire général de la FTQ, Olivier Carrière.

Le gouvernement doit également s’attaquer, en collaboration avec l’ensemble des acteurs de la société civile, à la mise en place d’une véritable politique industrielle québécoise misant sur nos forces et nos valeurs. Pour la FTQ, le gouvernement du Québec doit agir comme chef d’orchestre et miser sur les ressources et les atouts du Québec afin de nous affranchir de notre dépendance envers les États-Unis.

« Le résultat de cette élection confirme également qu’il est grand temps de réformer le mode de scrutin afin que tous et toutes puissent être représentés équitablement à l’Assemblée nationale selon le pourcentage des votes obtenus par chacune des formations. Lorsqu’un gouvernement renie sa parole, comme ce fut trop souvent le cas dans ce dossier, c’est le cynisme de la population à l’endroit des élus qu’il entretient », concluent les leaders syndicaux.

Projet de loi C-39: des gains réels, mais un droit de grève à la merci du ministre

La Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ) s’inquiète du projet de loi C-39, déposé ce lundi, qui remet entre autres en question le droit de grève pour les secteurs sous compétence fédérale.

D’emblée, la FTQ souligne l’amélioration du Code canadien du travail à quelques égards. Par exemple, l’élimination d’une pratique de réattribution de contrat (en anglais « contract flipping ») et l’ajout d’une procédure facilitant l’accès à une première convention collective sont des éléments positifs. Rappelons que le « contract flipping » dans le secteur aéroportuaire est un stratagème qui permet à un employeur de changer de sous-traitant dans le but d’éliminer l’accréditation syndicale et la convention collective en place. Avec le projet de loi C-39, l’accréditation et le contrat de travail devront suivre le nouveau fournisseur. Mais ces avancées ne peuvent en aucun cas servir de monnaie d’échange contre une atteinte au droit de grève, protégé par la Charte canadienne des droits et libertés.

« Contrairement à ce que nous avons proposé, l’article 107 est maintenu et consacre le pouvoir du ministre du Travail de mettre fin à un conflit de travail sur la base de son opinion quant à “l’intérêt national” sans critère objectif sur cette définition. C’est un pouvoir de vie ou de mort sur le droit de grève dans tous les secteurs de compétence fédérale. Un droit suspendu à la seule opinion du ministre n’est plus un droit constitutionnel, c’est une faveur qu’on vous accorde », déclare la présidente de la FTQ, Magali Picard.

« Les droits fondamentaux des travailleuses et travailleurs du Canada ne doivent pas faire les frais de la présente guerre commerciale avec les États-Unis. Alors qu’environ 95 % des négociations collectives sous compétence fédérale se terminent sans conflit de travail, le gouvernement fédéral utilise l’argument de l’attractivité des capitaux pour venir briser l’équilibre du rapport de force. Les employeurs n’ont plus aucun intérêt à en arriver à une entente négociée. Ils vont s’assoir sur leurs deux mains et attendre “l’opinion du ministre” sans faire le moindre effort de négociation », ajoute le secrétaire général de la FTQ, Olivier Carrière.

« La FTQ souhaite maintenir un dialogue constructif avec le gouvernement Carney afin d’éviter cette dérive législative et sa porte sera toujours ouverte afin de trouver une voie de passage acceptable pour toutes et tous. Entretemps, Ottawa doit retirer du projet de loi C-39 tout mécanisme permettant au ministre de suspendre ou de mettre fin à une grève ou à un lock-out. Nous allons suivre de près le cheminement de C-39 à la Chambre des communes et allons nous mobiliser, avec nos affiliés et nos partenaires du mouvement syndical canadien, pour empêcher les reculs sur le droit de grève », concluent les leaders syndicaux.

Sans contrat de travail depuis près de 3 ans: les Architectes accentuent les moyens de pression

Sans convention collective depuis le 31 décembre 2023, les Architectes de la Ville de Montréal (SEPB-571) entament de nouveaux moyens de pression pour faire bouger les choses.

Initiée par les Architectes et menée conjointement par les syndiqué.e.s des professionnel.les, des scientifiques et des cols blancs, nous sommes conviés à une mobilisation afin de supporter les syndiqué.e.s, le lundi 21 septembre à partir de 17h, à la Place Vauquelin, sur le terrain de l’Hôtel de ville de Montréal. Nous pourrons alors profiter du conseil municipal tenu ce soir-là pour attirer l’attention sur leur situation.

En résumé :   

QUOI : Mobilisation des Architectes de la ville de Montréal  

QUAND :  Lundi, 21 septembre 2026, à 17h 

OÙ :  Hôtel de ville de Montréal, au 275 Rue Notre Dame Est, Montréal
(À proximité de la station de métro Champs de Mars)  

Point de rendez-vous : Place Vauquelin

Lettre d’opinion: de la loi 21 aux lois 94 et 9, non à l’instrumentalisation de la laïcité!

Un regroupement d’organismes de syndicats et de citoyens ont publié sur Pivot une lettre d’opinion concernant l’instrumentalisation de la laïcité par la CAQ. Pour voir la lettre et ses signataires cliquez ici. 

À l’heure où se multiplient et se normalisent des discours visant les personnes migrantes et immigrantes, racisées, autochtones et musulmanes, il est urgent de réaffirmer une vision de la démocratie fondée sur l’égalité réelle, l’inclusion, la dignité humaine et le respect des droits et libertés fondamentales.

Dans ce contexte et depuis une trentaine d’années, la laïcité agit au Québec comme un puissant catalyseur du récit national. Nous défendons la laïcité comme principe démocratique reposant sur deux buts : la liberté de conscience et donc, l’égalité citoyenne;  et deux moyens : la neutralité de l’État et la séparation des religions et de l’État. Nous dénonçons toutefois la manière dont cette laïcité a progressivement été détournée pour devenir un instrument de contrôle et d’exclusion.

Les lois 21, 94 et 9 s’inscrivent dans une continuité politique qui remonte à l’ancien projet de loi 94 sur les accommodements raisonnables et les services publics à visage découvert, au projet de loi 60 sur la Charte des valeurs québécoises et au projet de loi 62 sur la neutralité religieuse. Loin de constituer des initiatives isolées, elles participent à un même registre politique où l’islam et les personnes musulmanes sont construits comme des objets de suspicion et de préoccupation.

Pourtant, il importe de rappeler que la loi 21 n’a pas fait la laïcité au Québec. Celle-ci était déjà opérante dans les institutions. La véritable nouveauté de cette loi réside plutôt dans le détournement de la notion de laïcité afin de procéder à l’exclusion légalisée des femmes musulmanes qui pratiquent le couvrement islamique.

L’adoption de la loi 21 n’a pas non plus été une avancée historique, comme aiment le répéter plusieurs acteurs et actrices de la scène politique. Cette loi et ses prolongements ont plutôt marqué une sérieuse rupture dans l’histoire contemporaine des droits et libertés au Québec, et même au Canada. Car le recours préventif à la clause dérogatoire de manière répétée et agressive touche à la capacité même des groupes minoritaires d’utiliser les chartes pour protéger leurs droits lorsque ceux-ci deviennent politiquement impopulaires. Or, ces chartes ont précisément été conçues pour protéger contre les excès du pouvoir majoritaire.

Cette instrumentalisation de la laïcité produit des conséquences cruelles sur une partie de la population québécoise, pour reprendre les termes du Juge Marc-André Blanchard en Cour supérieure du Québec. En effet, des femmes sont humiliées et exclues de professions pour lesquelles elles sont qualifiées, et dont le Québec a grandement besoin. Des étudiantes ont abandonné des projets professionnels ou réorienté leurs études. Des familles ont quitté le Québec. Des communautés entières vivent avec le sentiment d’être constamment observées et suspectées dans les garderies, les écoles, les cégeps et même dans les universités, simplement parce qu’elles existent. Des associations étudiantes ont exprimé des inquiétudes quant à la mise hors la loi de leurs pratiques religieuses pourtant protégées par les libertés fondamentales. Leurs apparences, leurs pratiques religieuses et leurs opinions politiques sont devenues un problème à résoudre. Même les professeur·es

ne sont pas épargné·es par ces politiques qui contribuent à fragiliser leur liberté académique, en particulier par la loi 9.

Ces conséquences dépassent largement les pertes d’emploi ou les obstacles professionnels. Elles relèvent d’un processus de « mort sociale » par lequel certaines citoyennes sont progressivement déclassées de la société. Cela survient lorsqu’un groupe n’est plus reconnu dans sa pleine humanité ni dans sa légitimité à appartenir à la société. Cette mort sociale s’observe chez une personne à travers trois dimensions étroitement liées : la rupture de l’identité sociale, la rupture des liens sociaux et la rupture dans le rapport au corps. Autrement dit, elle affecte à la fois la manière dont ces femmes se perçoivent, la manière dont elles sont reliées aux autres et la manière dont leurs corps portent les traces de l’exclusion.

Depuis des années, les femmes musulmanes qui pratiquent le couvrement islamique alertent la société québécoise sur les effets de ces politiques. Pourtant, leurs voix demeurent largement ignorées alors même qu’on légifère sur leurs corps et qu’on suspend leurs droits et libertés. Une loi qui exclut des femmes en raison de leur apparence ne saurait être qualifiée de féministe! Elle repose plutôt sur une logique coloniale, raciste et paternaliste où l’État prétend savoir ce qui est bon pour elles tout en refusant de les consulter et de les écouter.

Ces femmes, enseignantes, éducatrices spécialisées, psychothérapeutes, psychoéducatrices, orthophonistes, ergothérapeutes et professionnelles de nombreux autres secteurs, s’inquiètent des répercussions de ces lois sur leur pratique. Malgré les obstacles rencontrés, elles continuent de faire tout ce qui est en leur pouvoir pour préserver leur dignité, leur capacité d’agir et leur place dans la société québécoise. Elles interpellent leurs ordres professionnels, rencontrent leurs syndicats, écrivent des lettres, participent aux mobilisations citoyennes, manifestent, contestent devant les tribunaux et investissent les espaces médiatiques, académiques et communautaires. Ces gestes témoignent d’une volonté persistante de demeurer présentes dans l’espace public malgré les tentatives de les en exclure.

Lorsqu’une société normalise l’exclusion d’un groupe en particulier, lorsque le recours à la clause dérogatoire devient un outil politique ordinaire, lorsque des libertés fondamentales sont suspendues, c’est l’ensemble du cadre démocratique de cette société qui est fragilisé.

Nous nous opposons à l’instrumentalisation de la laïcité parce qu’une démocratie se juge moins à la manière dont elle protège sa majorité qu’à la manière dont elle traite ses minorités.

Départ du ministre du travail Jean Boulet: la FTQ commente

La Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ), prend acte de l’annonce du ministre du Travail Jean Boulet et ministre responsable des Relations canadiennes à l’effet qu’il ne solliciterait pas de renouvellement de mandat.  La FTQ ne peut que dresser un bilan négatif de son passage au poste de ministre du Travail.

Pour notre organisation syndicale, il est clair que le mandat du ministre était de retirer le plus de droits possibles aux travailleurs et travailleuses en faisant adopter des lois visant à favoriser les employeurs.

On retiendra de son passage en politique, qu’il a tout simplement poursuivit sa carrière d’avocat patronal.  Il est responsable des pires reculs dans le Code du travail depuis les années 1970.  Son passage laissera de lourdes séquelles en relation de travail.  Est-il nécessaire de rappeler qu’il est le champion du plus long lock-out décrété au Québec en mettant à la rue en 2015 les travailleurs et travailleuses de l’usine Delastek à Shawinigan, lock-out qui a duré près de 3 ans.

Jean Boulet a choisi d’être l’avocat des patrons au Conseil des ministres. Il laisse en héritage un dialogue social fragilisé, brisé et en miettes qu’il faudra reconstruire.

Coupures de service en adaptation scolaire au Centre de services scolaire Marie-Victorin

Le Centre de services scolaire Marie-Victorin, en pleine croissance depuis plusieurs années, prévoit pourtant des réductions de services en adaptation scolaire d’une dizaine de postes pour la prochaine année, une situation inacceptable selon le Syndicat des employées et employés professionnels-les et de bureau, section locale 578 (SEPB-578).

Selon le plan d’effectifs, les préposé(e)s aux élèves handicapés (PEH) verraient leurs heures réduites de 207 par semaine, soit l’équivalent de près de six postes à temps plein. Du côté des techniciennes et techniciens en éducation spécialisée (TES), la réduction est d’un peu plus de 130 heures par semaine, soit l’équivalent de près de quatre postes à temps plein.

« Ces coupures surviennent alors que le nombre d’élèves qui ont besoin de ces services est en croissance. C’est un choix budgétaire qui va avoir un impact à long terme sur ces élèves, affirme le président du syndicat, Jean-François Labonté. Les élèves visés, précise-t-il, sont ceux ayant des besoins particuliers : limitations fonctionnelles, troubles du comportement, troubles du spectre de l’autisme, déficiences physiques ou intellectuelles, qui dépendent directement de cet accompagnement pour leur place en classe ».

Le syndicat met ces chiffres en parallèle avec un rapport récent du Vérificateur général du Québec, qui dénonçait l’absence de planification entourant l’octroi de plus de 2,2 milliards de dollars dans la filière batterie, sans objectifs, échéanciers, ni mécanismes de suivi adéquats. « On exige une rigueur budgétaire absolue quand il s’agit de donner des services à des élèves handicapés, mais aucune rigueur comparable quand il s’agit de milliards donnés à des entreprises privées », déplore M. Labonté.

Le syndicat pointe aussi vers les choix budgétaires du gouvernement de Christine Fréchette, qui a succédé à François Legault à la tête de la Coalition avenir Québec en avril dernier. Aucun ajout d’argent frais n’est prévu pour répondre à la croissance des besoins. Dans les derniers mois, des baisses d’impôt aux entreprises ont été mises en place par le gouvernement. Ces baisses d’impôts, présentées comme une aide à la population, profiteront surtout aux contribuables les plus favorisés, et diminueront les revenus disponibles pour les services publics, dont les services aux élèves les plus vulnérables.

Un enjeu électoral?

Pour le SEPB-578, ce contexte illustre un recul du principe d’égalité des chances qui fonde le système scolaire québécois depuis des décennies : l’accès au soutien dépendra de plus en plus du budget disponible plutôt que des besoins réels des élèves. « Bâtir de nouvelles écoles ne suffit pas. Ce sont les personnes qui y travaillent qui font la différence entre l’inclusion et l’exclusion », insiste M. Labonté.

Le syndicat invite la population à réclamer une réflexion collective sur le système d’éducation québécois, dans le cadre d’états généraux sur l’éducation, et à bien réfléchir au choix de leur prochain gouvernement. À l’approche des élections générales du 5 octobre, il espère que la question sera abordée durant la campagne.

« Au-delà des chiffres, il y a des élèves, nos enfants », conclut M. Labonté.

Droits piétinés : résister pour préserver notre avenir collectif

ʟᴇᴛᴛʀᴇ ᴏᴜᴠᴇʀᴛᴇ

 

En cette Journée internationale des travailleuses et des travailleurs, nous prenons la parole publiquement parce que le silence n’est plus tolérable. Partout au Québec, les droits économiques, les droits du travail et le filet social reculent à un rythme inquiétant. Ce qui est en jeu, c’est notre capacité collective à vivre dignement, à nous loger, à accéder à des services publics de qualité et à participer pleinement à la vie démocratique.

 

Depuis trop longtemps, les travailleuses et les travailleurs subissent les contrecoups de décisions politiques qui affaiblissent leurs protections et réduisent leur pouvoir d’agir. Les projets de loi du gouvernement ont successivement fragilisé la négociation collective, instauré des régimes discriminatoires en matière de santé et de sécurité du travail – notamment dans les secteurs névralgiques de l’éducation, de la santé et des services sociaux – et imposé une lourdeur administrative inutile aux organisations syndicales. Ces choix ne sont pas anodins, tous déséquilibrent le rapport de force au détriment des personnes qui assurent la vitalité de nos milieux de travail.

 

À cela s’ajoutent des compressions sévères dans les services publics et des réorganisations mal planifiées qui désorganisent les équipes, alourdissent les charges de travail et nuisent à la qualité des services offerts à la population. Récemment, une nouvelle offensive législative menace de rendre les chantiers de construction encore plus dangereux, et d’affaiblir ou de faire stagner les conditions de travail dans plusieurs secteurs en abolissant les décrets de conventions collectives.

 

Les atteintes aux droits fondamentaux se multiplient. Au bout du compte, c’est le pouvoir collectif des travailleuses et des travailleurs qui est directement attaqué. Ces reculs touchent de façon disproportionnée les femmes et les gens vulnérables qui occupent des emplois précaires, entre autres les personnes travailleuses migrantes ou demandeuses d’asile. Lorsque les droits s’effritent, ce sont toujours les mêmes qui en paient le prix fort.

 

Logement, filet social, transition juste : des droits fondamentaux

 

Les problèmes auxquels nous faisons face dépassent le seul cadre du travail. La crise du logement, par exemple, impose un fardeau financier sans cesse croissant à des ménages déjà fragilisés. Avec la hausse rapide des loyers, les évictions abusives et le manque criant de logements sociaux, se loger devient un combat quotidien, indissociable de celui pour les conditions de travail. Pouvoir se loger dignement doit être reconnu comme un droit fondamental et non comme un privilège.

 

Parallèlement, l’effritement du filet social compromet l’accès à des services publics universels et de qualité. Le sous-financement chronique de la santé, des services sociaux, de l’éducation et de la fonction publique, combiné à l’ouverture croissante au privé, creuse les inégalités et met une pression insoutenable sur les travailleuses et les travailleurs qui tiennent ces réseaux à bout de bras. En ne prenant pas ses responsabilités face au financement de la mission des groupes communautaires autonomes, l’État empêche ceux-ci daméliorer les conditions de vie et de travail des personnes qui en ont le plus besoin. Il contribue donc à l’appauvrissement des femmes, celles-ci occupant la majorité des emplois de ce secteur essentiel pour la démocratie, et même pour l’économie. Défendre le filet social, c’est défendre un modèle de société fondé sur la solidarité et la redistribution équitable de la richesse.

 

À l’heure où se conjuguent des crises économique, climatique et sociale, la nécessité d’une transition juste est indéniable. Elle ne peut se faire en sacrifiant les droits des travailleuses et des travailleurs ou les conditions de vie de celles et ceux qui sont déjà parmi les plus vulnérables. Il faut lutter contre les changements climatiques sans que cela se fasse au détriment de celles et ceux qui peinent déjà à joindre les deux bouts. Une société véritablement équitable veille à ce que nul ne soit laissé pour compte.

 

Enfin, rappelons que les contre-pouvoirs sont essentiels. Les organisations syndicales, communautaires, de défense des droits humains, étudiantes et citoyennes jouent un rôle fondamental dans la défense des droits de la population et dans la vitalité de notre démocratie. Les affaiblir, c’est fragiliser l’équilibre social tout entier.

 

Nous affirmons haut et fort en cette Journée internationale des travailleuses et des travailleurs qu’il est temps de résister. Résister aux reculs, se mobiliser collectivement et revendiquer un modèle de société fondé sur la justice sociale, la solidarité et le respect des droits. C’est ensemble, et seulement ensemble, que nous pourrons défendre nos acquis et construire un avenir plus équitable.

 

Signataires

 

  • Robert Comeau, président de l’Alliance du personnel professionnel et technique de la santé et des services sociaux (APTS)
  • France-Isabelle Langlois, directrice générale d’Amnistie internationale Canada francophone
  • Éric Gingras, président de la Centrale des syndicats du Québec (CSQ)
  • Caroline Senneville, présidente de la Confédération des syndicats nationaux (CSN)
  • Luc Vachon, président de la Centrale des syndicats démocratiques (CSD)
  • Mélanie Hubert, présidente de la Fédération autonome de l’enseignement (FAE)
  • Christopher Zéphyr, présidence de la Fédération étudiante collégiale du Québec (FECQ)
  • Julie Bouchard, présidente de la Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec (FIQ)
  • Magali Picard, présidente de la Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ)
  • Véronique Laflamme, porte-parole du Front d’action populaire en réaménagement urbain (FRAPRU)
  • Michael Bizzarro, co-coordonnateur du Mouvement autonome et solidaire des sans-emploi (MASSE)
  • Gabrielle Renaud, Mouvement d’éducation populaire et d’action communautaire du Québec (MÉPACQ)
  • Claudia Fiore-Leduc, porte-parole pour le Réseau québécois de l’action communautaire autonome (RQ-ACA)
  • Christian Daigle, président général du Syndicat de la fonction publique et parapublique du Québec (SFPQ)
  • Guillaume Bouvrette, Syndicat de professionnelles et professionnels du gouvernement du Québec (SPGQ)
  • Stéphanie Vallée, présidente de la Table des regroupements provinciaux d’organismes communautaires et bénévoles
  • Flora Dommanget, présidente de l’Union étudiante du Québec (UEQ)

Le droit de s’asseoir : une avancée majeure pour la santé et la sécurité au travail

Montréal, le 28 avril 2026. –  En ce 28 avril, Journée internationale de commémoration des victimes d’accidents et de maladies du travail, le SEPB-Québec tient à souligner que tous les efforts doivent être mis en place afin d’offrir un milieu de travail sain et sécuritaire. La FTQ nous rappelle également que chaque décès, chaque blessure et chaque maladie professionnelle rappellent une vérité simple : la prévention sauve des vies.

 

Plus que jamais, il est essentiel de parler de santé et sécurité au travail, alors que le gouvernement actuel bafoue encore des droits de base, aux travailleuses et aux travailleurs, en adoptant récemment, entre autres, une loi limitant l’accès aux mécanismes de prévention dans plusieurs secteurs, dont l’éducation. Plusieurs milliers de syndiquées du SEPB-Québec, majoritairement des femmes, sont ainsi touchées dans tout le soutien scolaire.

 

Par ailleurs, cette Journée internationale de commémoration des victimes d’accidents et de maladies du travail nous permet également de nous rappeler un coup fumant réalisé par le SEPB-Québec en matière de prévention en santé et sécurité au travail : le fameux dossier des bancs !

 

À la suite d’une saga judiciaire de plusieurs années impliquant les salarié.e.s du Archambault Berri ainsi qu’une quinzaine de succursales Renaud-Bray, toutes syndiquées au SEPB-574, la Cour supérieure du Québec leur donnait gain de cause. En fait, la Cour maintenait la décision du TAT liée à l’article 170 du Règlement sur la santé et la sécurité du travail (RSST), précisant que « la possibilité pour les travailleurs d’avoir accès à des bancs est nécessaire pour protéger leur santé et assurer leur sécurité et leur intégrité physique », déclarant donc que l’inspectrice de la CNESST était justifiée d’émettre l’avis de correction et d’offrir des bancs à la disposition des caissiers, caissières et libraires.

 

Consultez l’article complet

 

Source : Le Monde Ouvrier, Journal de la fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ), nº 125, mars-avril 2018.