Le réseau d’éducation a besoin de prévisibilité, pas de surprises

(Lettre ouverte de la Coalition des partenaires en éducation, dont fait partie la FTQ, parue dans Le Journal de Montréal, le 28 août 2025.)

L’éducation est une forme de contrat social, celui qui fait de l’égalité des chances un socle commun. C’est un pilier fondamental de notre société, une promesse faite à chaque enfant, à chaque famille, à chaque génération. Pourtant, année après année, notre réseau d’éducation est contraint de fonctionner dans un climat d’incertitude budgétaire qui varie selon les aléas et les choix politiques et qui fragilise tout le système. C’est ce que nous dénonçons aujourd’hui d’une voix commune. Il faut faire les choses autrement. Pour nos jeunes, leurs parents; pour l’avenir du Québec.

En cette rentrée scolaire 2025, un moment central dans la vie de nos jeunes, de centaines de milliers de familles et du personnel à pied d’œuvre dans le réseau, tout le monde travaille avec ardeur pour que tout se déroule bien. Mais à quel prix? Nous posons sérieusement la question.

Impossible d’entamer cette nouvelle année scolaire sans revenir sur la saga des coupes budgétaires du début de l’été.

D’une part, la marche arrière du gouvernement demeure partielle et ne règle en rien les problèmes déjà présents dans le réseau. Plus encore, les conditions imposées avec ce retour d’investissements budgétaires – telles que la reddition de comptes accrue et le resserrement administratif – accentuent le manque de prévisibilité dans le financement du réseau et constituent un écueil pour une planification stratégique. C’est vrai pour l’année qui débute, alors inutile de parler à moyen et long terme.

Une chose est claire pour nous : il faut garantir plus de prévisibilité au réseau d’éducation.
À quand des investissements cohérents et prévisibles en éducation qui ne se retrouvent pas, année après année, à la merci des budgets et des agendas politiques?

La prévisibilité budgétaire n’est pas un caprice administratif : c’est une condition de base pour garantir la cohérence, la continuité et la qualité des services éducatifs. On demande beaucoup de choses à l’école, mais on ne lui donne pas les moyens d’y arriver.

Cette incertitude génère également un stress inutile sur les différentes équipes et mobilise des énergies précieuses. Elle mine la confiance et l’efficacité du réseau. Le personnel en subit les contrecoups et les élèves en paient le prix, alors qu’ils devraient être au cœur de toutes les décisions.

En juin dernier, les réactions aux coupes ont été vives et promptes. Les voix se sont multipliées pour dénoncer ces décisions insensées. La pression était forte, le gouvernement a senti l’opposition de la population et c’est ce qui l’a fait reculer. Mais comment en est-on arrivé là?

Pour un gouvernement qui a dit, à maintes reprises, que l’éducation est une priorité, comment se fait-il qu’il ne ressente pas toute l’importance que revêt l’éducation pour les Québécoises et les Québécois?

Non seulement les compressions et les coupes en éducation sont inacceptables, mais les investissements actuels restent insuffisants pour couvrir les coûts réels engendrés par la hausse du nombre de jeunes dans nos écoles et nos centres, par les besoins des élèves en situation de handicap ou en difficulté d’adaptation ou d’apprentissage (HDAA), par l’état de vétusté de nombreux établissements, et par les dépenses de fonctionnement qui continuent de peser lourdement sur le financement et le fonctionnement de nos écoles et centres. Après des années de compressions par les gouvernements précédents, les dommages sont tangibles et préoccupants, ce qui souligne l’urgence de maintenir des investissements à la hauteur des besoins, de façon constante, année après année.

Cessons de jouer sur les mots et avec les chiffres : diminuer les investissements, c’est couper. L’éducation mérite mieux.

Nous demandons donc aujourd’hui au gouvernement qu’il réaffirme clairement la place centrale qu’elle occupe dans notre société. C’est une chose de le dire, ce que nous demandons, ce sont des décisions cohérentes, cesser la gestion au jour le jour et un engagement à offrir plus de prévisibilité pour le réseau.

Coalition des partenaires en éducation

  • Éric Gingras, CSQ
  • Richard Bergevin, Fédération des syndicats de l’enseignement (FSE-CSQ)
  • Éric Pronovost, Fédération du personnel de soutien scolaire (FPSS-CSQ)
  • Carolane Desmarais, Fédération du personnel professionnel de l’éducation du Québec (FPPE-CSQ)
  • Magali Picard, FTQ
  • Caroline Senneville, Confédération des Syndicats Nationaux (CSN)
  • Heidi Yetman, Association provinciale des enseignantes et enseignants du Québec (APEQ)
  • Francis Côté, Fédération québécoise des directions d’établissement d’enseignement (FQDE)
  • André Bernier, Association québécoise du personnel de direction des écoles (AQPDE)
  • Sylvain Martel, Regroupement des comités de parents autonomes du Québec (RCPAQ)
  • David Meloche, Association des commissions scolaires anglophones du Québec (ACSAQ)
  • Amélie Duranleau, Société québécoise de la déficience intellectuelle (SQDI)
  • Kathleen Legault, Association montréalaise des directions d’établissement scolaire (Amdes)
  • Bianca Nugent, Coalition de parents d’enfants à besoins particuliers du Québec (CPEBPQ)
  • Lili Plourde, Fédération québécoise de l’autisme (FQA)
  • Evelyne Alfonsi, Association des administrateurs des écoles anglophones du Québec (AAEAQ)
  • Mélanie Laviolette, Fédération des comités de parents du Québec (FCPQ)
  • Katherine Korakakis, Association des comités de parent anglophone du Québec (ACPA) Jean Trudelle, Debout pour l’école
  • Patrick Gloutney, SCFP-Québec
  • Michelle Poulin, secteur de l’éducation du SCFP-Québec.
  • Manon Cholette, Conseil national du soutien scolaire (CNSS-SEPB)
  • Marie Deschênes, Union des employés et employées de service, section locale 800 (UES800–FTQ)
  • Frédéric Brun, Fédération des employées et employés de la Fédération des services publics – CSN (FEESP-CSN)
  • Benoit Lacoursière, Fédération nationale des enseignantes et enseignants du Québec (FNEEQ-CSN)

Manifestation aujourd’hui devant le bureau du premier ministre: coupes en éducation, un autre échec de la CAQ

La Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ) dénonce fermement les coupes annoncées de plus d’un demi-milliard de dollars en éducation par le gouvernement Legault et son ministre de l’Éducation, Bernard Drainville, qui fragilisent encore davantage un réseau déjà à bout de souffle. Aujourd’hui, alors que des travailleurs et travailleuses, tout comme des dizaines de parents inquiets, manifestent devant le bureau du premier ministre, la FTQ tient à leur exprimer toute sa solidarité et invite ses membres à se mobiliser.

« Ce qu’on vit présentement, c’est le résultat de l’incompétence de la CAQ. Depuis son arrivée au pouvoir, on voit la dégradation de l’ensemble de nos services publics. C’est ce qui arrive quand un gouvernement se vote une augmentation de salaire de 30 % tout en échouant dans ses projets économiques comme Northvolt. C’est un gouvernement en fin de vie qui échoue à redresser la barre et qui est prêt à hypothéquer l’avenir d’une génération entière. Sans oublier toutes les personnes déjà épuisées à qui on demandera encore plus avec encore moins », déclare le secrétaire général de la FTQ, Denis Bolduc.

Les compressions budgétaires annoncées auront des conséquences directes sur la réussite des élèves, particulièrement les plus vulnérables, et sur les conditions de travail déjà précaires de milliers de travailleuses et travailleurs. Des postes essentiels en éducation spécialisée et en soutien scolaire sont menacés, alors que la CAQ prétend valoriser l’éducation. Pour la FTQ, ces choix budgétaires illustrent un profond mépris envers les services publics et les personnes qui les portent à bout de bras. L’éducation ne devrait jamais être la variable d’ajustement comptable d’un budget en souffrance d’un gouvernement.

« Tout cela est le résultat des mauvais choix et du manque de vision de ce gouvernement d’affairistes qui a choisi de baisser les impôts, de vider les coffres de l’État avec des chèques-cadeaux pour se faire élire et qui nous annonce vouloir se payer un troisième lien de plus de 10 milliards de dollars, tout en mettant fin au dialogue social en adoptant à la va-vite le projet de loi no 89 qui limite le droit de grève, attaquant ainsi directement les travailleurs et travailleuses du Québec. Franchement, si ce n’était pas pathétique, c’en serait risible. En éducation, les gens dans nos écoles vivent la réalité sur le terrain : c’est un climat d’incertitude et d’épuisement. Chaque coupe, chaque contrat non renouvelé, c’est un service de moins pour un élève et une surcharge pour le personnel qui reste. C’est inacceptable. Nous sommes solidaires des membres qui manifestent aujourd’hui devant le bureau de François Legault. La CAQ doit entendre raison et offrir des services publics accessibles, de qualité et à la hauteur des besoins de la population », conclut Denis Bolduc.

Un rassemblement citoyen contre les coupes annoncées par le ministre Bernard Drainville et pour la défense de notre réseau public d’éducation aura lieu de 16 h 30 à 18 h 30 devant le bureau du premier ministre François Legault à L’Assomption.

Restrictions budgétaires en éducation: une décision odieuse et irresponsable

Le Conseil national du soutien scolaire (CNSS-SEPB) dénonce avec vigueur les restrictions budgétaires d’un demi-milliard annoncées par la CAQ la semaine dernière. « C’est une décision odieuse et irresponsable », affirme la présidente du CNSS, Manon Cholette.

Le CNSS représente près de 8000 employé-es de soutien scolaire affiliés au Syndicat des employées et employés professionnels-les et de bureau – (SEPB-Québec–FTQ). « Chez nos membres, c’est l’incompréhension et l’indignation. Plus que jamais nos élèves ont besoin de soutien, plus que jamais nos infrastructures ont besoin de réparation. Nos membres tiennent le réseau scolaire à bout de bras depuis trop longtemps et c’est en ce moment que choisit la CAQ pour annoncer des coupures massives qui vont jeter au tapis tout le réseau. C’est non seulement irresponsable, c’est carrément cruel », lance sans détour, Mme Cholette.

Les élèves seront les premiers à payer le prix 

Il est faux de croire que le milieu scolaire peut faire plus avec moins et qu’en améliorant nos procédés, il est possible de gagner un demi-milliard en efficacité. En fait la réalité est tout autre, avec les différents problèmes dans nos écoles, dont la violence, nous avons besoin d’un réinvestissement massif et non l’inverse.

« Nous redoublons déjà d’ingéniosité pour offrir un service acceptable aux enfants, il y a des limites à mettre la responsabilité sur les épaules de nos membres. Les premiers qui seront touchés sont les élèves les plus vulnérables. Les élèves handicapés ou en difficulté d’adaptation ou d’apprentissage seront les premiers à ressentir les effets des compressions. Est-ce le genre de société dans laquelle on veut vivre? Une société où on délaisse les plus vulnérables pour une question de chiffre dans une colonne d’un fichier Excel? Bernard Drainville nous fait de plus en plus penser à Elon Musk aux États-Unis qui s’est mis à couper pour couper sans évaluer les impacts. Il ne lui manque que la tronçonneuse », conclut Mme Cholette.

Dans le contexte, le CNSS et les syndicats du scolaire du SEPB se joignent au mouvement Ensemble, unis pour l’école.

Adoption du projet de loi 89: un bouleversement aux lourdes conséquences pour le Québec

Le projet de loi 89, adopté aujourd’hui, aura de lourdes conséquences pour l’ensemble de la main-d’œuvre du Québec. « Le premier ministre et son ministre du Travail n’ont vraisemblablement pas saisi l’ampleur des dégâts qu’occasionnera sa nouvelle législation. Il s’agit d’une journée sombre pour les travailleuses et les travailleurs », dénoncent les porte-paroles Robert Comeau de l’APTS, Luc Vachon de la CSD, Caroline Senneville de la CSN, Éric Gingras de la CSQ, Mélanie Hubert de la FAE, Julie Bouchard de la FIQ, Magali Picard de la FTQ, Christian Daigle du SFPQ et Guillaume Bouvrette du SPGQ.

Des conséquences pour toutes les personnes salariées du Québec

Il ne fait aucun doute pour les organisations syndicales que les impacts du projet de loi se feront sentir bien au-delà des personnes syndiquées. « Nous le répétons, les gains obtenus par la négociation exercent une pression positive sur les milieux non syndiqués, obligeant les employeurs à s’ajuster pour demeurer compétitifs. C’est à l’ensemble de la main-d’œuvre québécoise que le gouvernement s’attaque en limitant la capacité des travailleuses et des travailleurs à défendre et à améliorer leurs conditions de travail », déplorent les porte-paroles.

Une menace à la paix industrielle

Les règles entourant le recours et l’exercice de la grève permettaient jusqu’ici de maintenir l’équilibre fragile, mais essentiel entre les travailleuses, les travailleurs et les patrons. Les organisations syndicales ne s’expliquent pas pourquoi Jean Boulet a voulu tout bouleverser, si ce n’est pour assujettir l’ensemble des personnes salariées au bon vouloir des employeurs et pour faire plaisir au patronat ainsi qu’à un conseil des ministres aux tendances antisyndicales. « L’encadrement entourant l’exercice du droit de grève, qui était somme toute limitatif, offrait aux travailleuses et aux travailleurs la possibilité d’améliorer leurs conditions à l’intérieur de balises claires. Le ministre semble s’être trouvé des prétextes pour bafouer leurs droits et, de ce fait, il menace la paix industrielle », évoquent les représentants syndicaux. « Il nous semble clair que les limitations au droit de grève contenues dans cette législation ne passeront pas le test des tribunaux. Les constitutions, tant canadienne que québécoise, ainsi que l’arrêt Saskatchewan sont sans équivoque à ce propos. Les droits syndicaux sont aussi des droits humains. »

Des gains obtenus grâce aux luttes

Au fil des décennies, de nombreuses avancées sociales bénéficiant à l’ensemble de la société ont été obtenues grâce aux luttes menées par les travailleuses et les travailleurs syndiqués. L’équité salariale, l’implantation du réseau des CPE, le salaire minimum, les congés parentaux sont quelques-uns des gains obtenus grâce à la mobilisation syndicale. « Ce sont nos moyens de pression et nos grèves qui ont permis à des millions de Québécoises et de Québécois de bénéficier de ces droits. Priver les travailleuses et les travailleurs de leur capacité à lutter, c’est freiner les progrès de toute la société québécoise », insistent les porte-paroles.

« Le lien de confiance est rompu »

Dès l’évocation par Jean Boulet de ses intentions, à la fin 2024, les organisations syndicales ont invité le ministre du Travail à la prudence. « Nous avons rapidement saisi que le ministre ne serait pas ouvert à la discussion afin de trouver des solutions satisfaisantes pour tous. D’ailleurs, nous nous expliquons mal cette volte-face complète de la part du ministre du Travail, qui a drastiquement

changé de ton à partir de ce moment : il a choisi de rompre le dialogue avec les travailleuses et les travailleurs du Québec. Le lien de confiance est rompu », concluent les porte-paroles.

Le 28 avril, ne les oublions pas: la FTQ souligne le Jour commémoratif des personnes décédées ou blessées au travail

La Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ) souligne le Jour commémoratif des personnes décédées ou blessées au travail ce 28 avril. Encore une fois, il faut dénoncer le trop grand nombre de victimes d’accidents du travail ou de maladies professionnelles. En 2024, c’est 246 travailleurs et travailleuses qui ont perdu la vie en pratiquant leur profession, c’est 36 victimes de plus qu’en 2023.

« Encore cette année, le monde du travail est en deuil. On ne peut comprendre nos gouvernements qui font la sourde oreille aux revendications des travailleurs et travailleuses dans le but de mieux les protéger dans leurs milieux de travail. On ne le répètera pas assez souvent, la prévention doit être au cœur de nos préoccupations », déclare le secrétaire général de la FTQ, Denis Bolduc.

« 246 décès, c’est le plus grand nombre de personnes décédées depuis les 10 dernières années. Pour la FTQ, plus ça change, plus c’est pareil. En 2021, le gouvernement de la CAQ nous a imposé un nouveau régime en santé et sécurité au travail qui devait agir sur la prévention, mais on attend toujours que les mécanismes censés protéger les travailleurs et travailleuses soient mis en place. Combien faudra-t-il encore de victimes pour que ce gouvernement se réveille ? », questionne le secrétaire général

Réforme du régime de négociation dans le secteur public: réaction de la FTQ au projet de loi no 100

La Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ) accueille positivement le projet de loi no 100 sur la réforme du régime de négociation dans le secteur public et compte bien participer aux consultations à venir afin de bonifier le texte de loi.

« Cela fait plus de 20 ans que la FTQ réclame une réforme du régime de négociation actuel et nous saluons l’ouverture de la présidente du Conseil du trésor qui a bien compris les enjeux et l’importance d’une telle réforme. Bien sûr, tout n’est pas parfait et nous allons prendre le temps d’étudier ce projet de loi avant de commenter plus à fond », déclare la présidente de la FTQ, Magali Picard.

« Aussi, nous devons souligner que, par ce projet de loi, la présidente du Conseil du trésor confirme qu’il n’y aura pas fusion d’accréditations syndicales dans le secteur de la santé à la suite de la création de Santé Québec, ce qui n’aurait pas été souhaitable en plus d’être catastrophique pour le réseau et la population », conclut la présidente.

La CAQ : un Boulet contre les travailleuses et les travailleurs

Les centrales syndicales du Québec – la Centrale des syndicats démocratiques (CSD), la Confédération des syndicats nationaux (CSN), la Centrale des syndicats du Québec (CSQ) et la Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ) –, en collaboration avec l’Union des travailleurs et travailleuses accidenté(e)s de Montréal (UTTAM) et leurs alliés, ont émis la déclaration commune suivante à la suite de la manifestation tenue ce midi, sur le parvis de l’Assemblée nationale.

« Au plus grand bonheur de tous les patrons québécois, le ministre du Travail Jean Boulet et le gouvernement de la Coalition avenir Québec (CAQ) ont déposé l’infâme projet de loi 89 (PL-89), qui vise clairement à casser le droit de grève de tous les salarié-es syndiqués du Québec.

« En commission parlementaire, des experts neutres et réputés ont unanimement mis en garde le ministre contre les dangers que représentent son projet de loi pour l’équilibre des relations de travail et pour le maintien de la paix industrielle. Aucun de ces experts indépendants n’a d’ailleurs trouvé de mérites au PL-89. Pourtant, que ce soit devant l’unanimité des experts ou devant les répétés appels au dialogue lancés par le monde syndical, le ministre Boulet et la CAQ persistent et signent. Leur refus d’entendre les critiques et de rencontrer les centrales syndicales dans ce dossier est incompréhensible et troublant : le mouvement syndical ne peut pas participer seul au dialogue social.

« Alors que les associations patronales applaudissent le PL-89, le mouvement syndical demande unanimement son retrait. Cette seule donnée devrait suffire à faire la démonstration au ministre que son projet de loi est déséquilibré et met en péril le délicat équilibre des relations du travail au Québec.

« Puisque la manifestation a été tenue en marge du Sommet SST 2025, ajoutons que, malgré une adoption unanime de la version finale du Règlement sur les mécanismes de prévention et de participation en établissement en septembre 2024 par le conseil d’administration de la Commission des normes, de l’équité, de la santé et de la sécurité du travail (CNESST), le gouvernement refuse toujours d’entériner ce règlement afin qu’il entre en vigueur. Ce faisant, il refuse de reconnaître la réussite d’un dialogue social entre les syndicats et les associations patronales, et prive tous les milieux de travail d’un règlement essentiel pour bien protéger celles et ceux qui enrichissent le Québec.

« Pour nous, il n’y a pas mille et une solutions : le ministre Boulet et la CAQ doivent changer de cap. »

Budget provincial : couper en éducation, une décision inacceptable et scandaleuse

Le Conseil national du soutien scolaire du syndicat des employées et employés professionnels-les et de bureau — (CNSS-SEPB-Québec–FTQ) dénonce avec une grande vigueur les coupes budgétaires en éducation annoncée par la CAQ lors du dépôt de son budget cette semaine.

La présidente du CNSS, Manon Cholette ne décolère pas, « un gouvernement un tant soit peu responsable ne devrait jamais au grand jamais couper en éducation. Le secteur scolaire c’est la fondation de notre société, nos membres façonnent l’avenir des jeunes au quotidien et la CAQ leur enlève les moyens de bien faire leur travail, comment peut-on en arriver là? », demande-t-elle.

Ne vous laissez pas berner. La CAQ annonce une augmentation de 2,2% des dépenses en éducation, mais dans les faits cette augmentation anémique représente une diminution face aux défis auxquels font face nos membres.

« Les infrastructures sont en décrépitude depuis des années, la violence dans les écoles est un problème criant. De plus en plus d’élèves demandent une attention particulière, nous aurions souhaité des annonces qui nous auraient permis de garder la tête hors de l’eau. Au lieu de ça, on nous annonce une enveloppe budgétaire qui au mieux favorisera le statu quo et au pire fera sombrer le milieu scolaire dans un marasme plus important », ajoute Mme Cholette.

Renforcement de la Loi 21, un autre coup dur

Comme si ce n’était pas suffisant, la CAQ a également annoncé qu’elle comptait renforcer la Loi 21 afin de favoriser davantage la laïcité dans le réseau scolaire. Le CNSS estime que cette initiative n’aura pour effet que d’empirer la pénurie d’employé.es qui sévit actuellement dans le réseau.

« Ne nous cachons pas la tête dans le sable, le renforcement de la Loi 21 vise principalement un groupe formé surtout de femmes. Ces dernières sont nombreuses à occuper un poste dans nos centres de services et commissions scolaires et si on les oblige à choisir entre leur foi et leur travail, nous allons les perdre », dénonce Mme Cholette.

Le manque de personnel dans les centres de services et commissions scolaires du Québec est criant. Le recrutement et la rétention du personnel sont difficiles parce que les conditions de travail ne sont pas alléchantes.

« Le gouvernement a gelé les embauches pendant plusieurs mois et voilà qu’il se propose de lancer un ultimatum à nos collègues au risque d’en perdre plusieurs. C’est un enjeu de dignité pour nos membres et au niveau des ressources humaines c’est une grave erreur stratégique », conclut Mme Cholette.

À propos du CNSS

Le CNSS représente près de 8000 employé.es du soutien scolaire des Commissions scolaires anglophones, New Frontiers, Riverside (SEPB-576) et Sir Wilfrid-Laurier (SEPB-577) de même que les Centres de services francophones Marie-Victorin (SEPB-578) et Marguerite-Bourgeoys (SEPB-579).

Budget provincial: la CAQ nous enfonce dans l’austérité et les compressions

La Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ) note clairement dans le budget déposé par le ministre des Finances du Québec un sous-financement dans les secteurs de la santé, de l’éducation et de l’ensemble des services sociaux. Une évaluation conservatrice nous indique que juste pour maintenir le taux de croissance des dépenses des coûts de système avec les besoins actuels, il manque 1,7 milliard de dollars dans le budget. C’est clair, le gouvernement nous dirige droit sur le mur de l’austérité et des compressions budgétaires. 

Aussi, on ne voit rien dans ce budget pour soutenir les PME, ainsi que les travailleurs et travailleuses à atténuer les effets collatéraux de la guerre commerciale que nous livre l’administration Trump. Les mesures annoncées sont plutôt concentrées vers les grandes entreprises exportatrices, ce qui nous apparaît comme étant un minimum. 

« Par ailleurs, on ne peut que déplorer le manque d’ambition du gouvernement pour lutter contre la vie chère, la crise du logement et de l’itinérance. Dans les faits, le déficit prévu de 13,6 milliards de dollars est la somme des échecs de ce gouvernement. Ce n’est pas ça un projet de société », déclare la présidente de la FTQ, Magali Picard. 

« Ce que propose le gouvernement ce sont encore des coupes dans les services publics en prétendant que cela ne va pas affecter les services à la population. On a déjà joué dans ce mauvais film et ça s’appelle l’austérité budgétaire qui ne fera qu’entraîner l’accroissement des inégalités sociales et économiques », déclare la présidente de la FTQ. 

« Par ailleurs, Québec annonce des investissements de 700 millions dans le transport en commun, c’est un début. Aussi, on note une contradiction avec les investissements prévus de 171 millions sur 5 ans dans les services de garde, alors qu’on prévoit sabrer de 166 millions dans le programme d’infrastructures de ces mêmes services de garde, ça ne tient pas la route », de poursuivre la présidente. 

« Enfin, la FTQ aurait souhaité un véritable dialogue social avec le gouvernement afin de bâtir un budget à la hauteur des défis qui nous attendent dans les prochains mois. Vie chère, menace tarifaire, réalité des régions, services publics pour ne nommer que ceux-là », conclut la présidente de la FTQ.

Campagne électorale fédérale: la FTQ fera entendre sa voix

La Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ), comme c’est le cas lors des élections précédentes, fera entendre la voix des travailleurs et travailleuses. Les campagnes électorales c’est aussi l’occasion pour la société civile, dont les organisations syndicales, de faire connaître leurs préoccupations et c’est ce que nous allons faire.

« Alors que le pays est menacé dans son identité et son économie, nous ne pouvons rester silencieux. Au terme de cette campagne électorale, la population, les travailleurs et travailleuses auront un choix à faire qui sera déterminant pour notre avenir et nous comptons bien être de ce débat. Ce n’est pas vrai que nous allons rester silencieux », déclare la présidente de la FTQ, Magali Picard.

« Nous avons toujours défendu une société plus juste et plus équitable, et la FTQ ne se privera pas pour lever les drapeaux rouges lorsque nos valeurs et nos acquis sociaux seront menacés. Il serait dangereux de sous-estimer l’importance de cette élection pour notre avenir », conclut la présidente de la FTQ, Magali Picard