Vidéo: première journée de grève des juristes de Montréal

Les 120 juristes de Montréal ont déclenché mercredi matin (11 décembre 2019) la première d’une série de journées de grèves à utiliser à des moments stratégiques. Les syndiqués membres du Syndicat des employés et employées professionnels et de bureau (SEPB-571), affiliés à la FTQ, réclament un rattrapage salarial avec les procureurs provinciaux.

Le manque à gagner salarial est de 3,6 %.

« Lors de la signature de la convention collective de 2014, nous avions obtenu la parité avec les procureurs provinciaux, à la demande de la Ville, mais en cinq ans, un nouvel écart s’est creusé et maintenant la partie patronale n’est plus intéressée par la parité, c’est un manque de respect flagrant », lance Jean-Nicolas Loiselle, président du syndicat des juristes de Montréal (SEPB-571).

Le recours aux firmes d’avocats externes explose

Pendant que cet écart salarial se creuse, la Ville de Montréal dépense sans compter les deniers publics lorsque vient le temps de recourir aux services de firmes d’avocats externes. Entre 2013 et 2015, la Ville dépensait moins de 1 million de dollars par année en frais juridiques externes. Aujourd’hui, ces dépenses ont plus que doublé, passant à 2,4 millions de dollars.

« Pour la même expertise, les citoyens de Montréal paient deux fois plus cher pour les services d’un avocat externe de 15 ans d’expérience qu’il leur en coûterait pour ce même avocat à l’interne », ajoute M. Loiselle.

Le recours à une expertise interne compétente est un rempart efficace contre la collusion.

Dans ce contexte, le syndicat s’interroge sérieusement sur les motivations de la Ville de Montréal derrière la diminution significative de la rémunération de ses avocats et l’augmentation du recours aux services de firmes d’avocats externes pour la conseiller.

« Ce n’est pas juste une question d’équité, mais également de saine administration des fonds publics », conclut M. Loiselle.

Le 28 novembre dernier, les juristes de Montréal ont voté dans une proportion de 99 %, en faveur d’un mandat de grève pouvant aller jusqu’à la grève générale illimitée.

Les négociations vont reprendre le 17 décembre 2019 devant une médiatrice qui a été nommée par le ministère du Travail.