Les représentants des ventes de Pages Jaunes en lockout

Philippe Orfali
Lundi, 10 septembre 2018 20:33

Le Journal de Montréal

Le syndicat représentant les 140 employés mis en lock-out lundi soir chez Pages Jaunes à Montréal accuse l’entreprise d’avoir agi sans même avoir présenté une offre salariale aux travailleurs.

« C’est un véritable lock-out sauvage comme on n’en plus voit plus de nos jours », a affirmé Kateri Lefebvre, la directrice du Syndicat des employés professionnels et de bureau (SEPB), affilié à la FTQ, en entrevue au Journal.

« On est complètement sous le choc et nous ne parvenons pas à comprendre comment un employeur peut agir ainsi sans même avoir fait une (offre concrète) », a-t-elle poursuivi.

Les travailleurs touchés assurent la vente de publicités pour les diverses plateformes électroniques et papiers de Pages Jaunes à partir de Montréal.

Au cours de discussions tenues au cours des dernières semaines, l’entreprise, en restructuration depuis plusieurs années, aurait notamment tenté de retirer la question salariale de la convention collective. Les négociations avançaient bien dans la journée précédant l’annonce de lock-out, a affirmé Mme Lefebvre.

«Inflexibles»

Page Jaunes soutient plutôt avoir pris cette décision en raison de « l’inflexibilité » du syndicat. L’éditeur d’annuaires et de sites web dit avoir été incapable de s’entendre avec celui-ci malgré plusieurs séances de négociations et le recours à un conciliateur.

« Cette décision est l’une des nombreuses mesures que la compagnie a dû prendre au cours de la dernière année pour assurer son redressement et sa pérennité dans un environnement d’affaires en constante évolution », a indiqué dans un communiqué le PDG de Pages Jaunes, David A. Eckert.

Pages Jaunes est « entièrement disponible pour retourner à la table de négociations, à condition que la partie syndicale manifeste une volonté sincère et qu’elle accepte que le marché dans lequel nous évoluons a radicalement changé », a-t-il soutenu.

Pendant le lock-out, c’est le personnel-cadre de la société qui assurera le service généralement offert par ces employés syndiqués.

Les employés des ventes de Pages Jaunes sont syndiqués depuis au moins une trentaine d’années.

La compagnie montréalaise avait déjà annoncé l’élimination de 500 emplois en janvier, et vendu les plateformes en ligne DuProprio et RedFlagDeals, récemment.

Les revenus de Pages Jaunes ont chuté de 30,3 millions $ au 2e trimestre, pour s’élever à 163,2 millions $, en baisse de 15,7 % par rapport au même trimestre en 2017.