Réaction de la FTQ au dépôt du projet de loi sur la réforme de la Loi sur les normes du travail

Les libéraux cèdent encore au lobby des patrons

Montréal, le 20 mars 2018. – La Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ) ne peut cacher sa déception face à l’abandon des jeunes travailleurs et travailleuses dans le projet de loi no 176 sur la réforme de la Loi sur les normes du travail. Québec veut interdire les clauses de disparité de traitement, aussi appelées « clauses orphelins », mais refuse de corriger la situation pour ceux et celles qui en sont déjà victimes. « En maintenant les clauses de disparité de traitement pour les travailleurs et travailleuses qui subissent déjà l’odieux d’être discriminés, le gouvernement libéral vient légaliser ce qu’il veut interdire et abandonne les jeunes générations de travailleurs. Il ne fait que corriger à moitié une injustice. Pourtant, ce même gouvernement s’était prononcé, lors d’un vote unanime, en faveur d’une motion de Québec solidaire visant à “interdire les clauses de disparité de traitement fondées sur la date d’embauche des salariés”. Pourquoi le gouvernement revient-il sur sa parole ? Le projet de loi no 176 ne correspond pas à l’engagement des libéraux. Cela revient à dire aux jeunes travailleurs et travailleuses qu’ils peuvent continuer à vivre de la discrimination, c’est inacceptable. Dans les faits, le gouvernement accorde une amnistie aux employeurs délinquants qui discriminent leurs salariés », déclare le secrétaire général de la FTQ, Serge Cadieux.

Une « clause orphelin » pour les orphelins

« Québec doit refaire ses devoirs et corriger le tir. Pourtant, en 1999, le gouvernement n’a pas hésité à interdire les “clauses orphelins” dans les échelles salariales. Pourquoi le gouvernement libéral refuse-t-il de faire de même pour les régimes de retraite, les assurances et les avantages sociaux ? », s’interroge le secrétaire général.

Du positif pour les travailleurs et travailleuses

Par contre, l’ajout d’une troisième semaine de vacances après trois ans de travail pour la même entreprise, la reconnaissance des proches aidants en ajoutant des congés de compassion et la reconnaissance du harcèlement sexuel comme étant du harcèlement psychologique doivent être salués. « Il s’agit là d’une action positive qui fera du Québec une société encore plus juste et plus à l’écoute des besoins de sa population. Toutefois, la gestion des plaintes de harcèlement sexuel ne doit pas être confiée à la Commission des droits de la personne comme le laisse entendre le projet de loi. Elle n’a pas les ressources ou l’expertise pour répondre à ce mandat », de mentionner le président de la FTQ, Daniel Boyer.

En ce qui a trait aux agences de placement, le gouvernement corrige une injustice en encadrant la relation triangulaire entre les agences, les employeurs et les employés. « Lorsqu’il y a des problèmes de relation de travail, l’agence et l’employeur se renvoient la balle, ce qui fait que les employés ne peuvent obtenir justice. Avec ce projet de loi, l’agence et l’employeur devront être solidairement responsables en cas de litige pécuniaire. Les employeurs-agence seront tenus de payer les travailleurs et travailleuses au même salaire que ceux qui œuvrent chez l’employeur-client, ce qui doit être salué », ajoute le secrétaire général.

La FTQ en mode solution

« Enfin, la FTQ a bien l’intention de participer à la commission parlementaire sur le projet de loi no 176 afin de le bonifier. Par exemple, dans le cas des clauses de disparité de traitement, il faut que la loi prévoie un délai pour y mettre fin à l’échéance des conventions collectives pour les syndiqués et d’un an pour les non-syndiqués. Nous souhaitons que le gouvernement entende la voix des travailleurs et travailleuses et adopte rapidement d’ici la fin de la session ce projet de loi. C’est une question de justice et d’équité; la partisanerie doit céder le pas au gros bon sens », conclut Daniel Boyer.

La FTQ, la plus grande centrale syndicale au Québec, représente plus de 600 000 travailleurs et travailleuses.