Projet de loi n° 40 sur l’abolition des commissions scolaires : le gouvernement Legault identifie la mauvaise cible

Le SEPB-Québec rejette le projet de loi n° 40 sur l’abolition des commissions scolaires tel que présenté par le gouvernement caquiste. « Tout n’est pas parfait dans les commissions scolaires, mais ce projet de loi ne s’attaque pas aux réelles priorités en éducation. Il n’y a rien dans ce projet de loi pour attirer des candidats qualifiés, passionnés par le secteur de l’éducation en cette période de pénurie de personnel. Il n’y a rien non plus pour retenir le personnel qui abandonne de plus en plus leur emploi pour travailler dans d’autres entreprises qui accordent de meilleures conditions de travail. Il faut que le gouvernement attire des candidats représentant des modèles forts pour nos jeunes, ce qui passe inévitablement par l’amélioration des conditions de travail », explique le directeur exécutif du SEPB-Québec, Pierrick Choinière.

Une fonction vitale pour notre société, mais un travail qui reste invisible

Plus de 90 % de nos membres dans ce secteur sont des femmes (secrétaires d’école, éducatrices en service de garde, préposées aux élèves handicapés, surveillantes, etc.). Ces dernières occupent des postes traditionnellement féminins et peu reconnus. Elles sont plus de 67 % à occuper des emplois précaires. Donc, l’amélioration de notre système scolaire passe aussi invariablement par la reconnaissance.

« Est-ce que le ministre de l’Éducation comprendra la détresse engendrée par la précarité, en leur accordant de meilleures conditions d’emploi, en mettant fin à la surcharge de travail, en embauchant de nouveaux collègues et en offrant de meilleurs salaires ? Malgré leur fonction vitale, ces professions semblent encore bien invisibles », affirme le président du SEPB-578, Jean-François Labonté.

Un projet de loi qui n’améliorera pas les services

Un projet de loi visant l’abolition des commissions scolaires tel que présenté par le gouvernement Legault n’apparaît pas le meilleur moyen pour rendre le système actuel plus efficace.

La mission de l’école québécoise est d’instruire, socialiser et qualifier. Il est bien, difficile de répondre à cette mission avec l’état actuel du système d’éducation québécois. Ce n’est pas le projet de loi du gouvernement Legault qui va changer les choses et améliorer les services.

Même son de cloche du côté de la Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ) « Pour nous, il s’agit encore une fois d’un brassage inutile de structure qui n’apportera aucune amélioration des services offerts aux élèves. Notre crainte, c’est que cette réforme va au contraire concentrer plus de pouvoirs aux mains du ministre de l’Éducation, sans égard aux spécificités locales ou régionales », déclare le président de la FTQ Daniel Boyer.

« En jouant encore une fois de façon inutile avec les structures, on fragilise le réseau scolaire. Le personnel scolaire est à bout de souffle et on ne voit rien dans ce projet de loi qui va améliorer la réussite scolaire de nos enfants. Par ailleurs, on ne comprend pas la logique du ministre dans toute cette opération. D’un côté, il enlève le droit à la communauté francophone d’élire son représentant scolaire, mais de l’autre, il le maintient pour la communauté anglophone. Ça nous semble fort peu cohérent », conclut le président de la FTQ.