Le point sur la création d’un syndicat canadien autonome

2005-05-28
Nouvelle

1. Mise en situation

1.1 Lors de la réunion du comité exécutif du Syndicat international tenue en Floride en janvier 2004, il a été porté à notre attention que notre syndicat international recherchait notre consentement à une augmentation très importante de la cotisation syndicale à être versée au syndicat des États-Unis. Cette augmentation est de l’ordre de 2,00 $ par membre par mois étalée sur 3 ans. Dès ce moment, Maurice Laplante, vice-président représentant le Québec, a signifié que le Québec n’était pas en mesure de supporter une telle augmentation de la cotisation syndicale.

1.2 La décision du Québec repose sur les motifs suivants :

  • ->les sections locales et le SEPB-Québec n’ont pas les moyens d’assumer une telle hausse de cotisation syndicale;
  • ->les sections locales ne reçoivent aucun service professionnel du Syndicat international;

1.3 Le comité national canadien (CNC) a adopté à l’unanimité, le 23 mars 2004, une résolution à l’effet de refuser toute augmentation de cotisation et de négocier avec le Syndicat international un arrangement financier et politique acceptable pour les Canadiens.

1.4 Lors de la réunion du CNC tenue à Vancouver le 23 mars 2004, le président du Syndicat international a lui-même proposé et encouragé la création d’un syndicat canadien autonome.

1.5 Un comité de négociation représentant les membres canadiens du SIEPB a été formé par le CNC afin de négocier un arrangement financier et politique acceptable pour les membres canadiens.

Malgré plusieurs tentatives, les négociations avec le Syndicat international n’ont pas pu dégager une solution acceptable pour les membres au Canada.

1.6 En avril 2004, lors de la réunion du comité exécutif du Syndicat international, le président, monsieur Michael Goodwin, a proposé des amendements aux statuts du Syndicat en vue de leur adoption au congrès du Syndicat international qui aura lieu en juin 2004 et qui limiteront de façon radicale le droit des sections locales canadiennes et leurs personnes déléguées de participer à la vie démocratique du Syndicat international.

2. Création d’une structure canadienne autonome

2.1 Suite à de nombreuses rencontres, un consensus des sections locales canadiennes est intervenu afin que celles-ci assument leur pleine autonomie financière et politique, et à sa rencontre des 15 et 16 mai à Ottawa, le CNC a voté à l’unanimité pour entreprendre une démarche en vue de la création d’une structure nationale canadienne autonome.


3. Comment ?

3.1 Tout simplement par l’application d’une disposition prévue aux statuts et règlements du Syndicat international qui offre aux Canadiens la possibilité de créer, au Canada, une structure indépendante de celle des Américains dans la mesure où une majorité canadienne en exprime le désir.

3.2 En conséquence, une opération d’adhésion à ce projet a été déclenchée partout au Canada.


4. Quels sont les avantages de ce projet ?

4.1 La création d’un syndicat canadien autonome avec de meilleures ressources financières, s’occupant prioritairement des réalités canadiennes, est en soi plus avantageux pour les membres canadiens.

4.2 Sans porter de jugement sur les besoins justifiant une augmentation de la cotisation syndicale pour les syndiqués américains, force est d’admettre que le contexte, la réalité et les défis ne sont pas les mêmes. Nous ne pouvons plus continuer à concilier ces différences.

4.3 Le fait de ne plus envoyer une cotisation au Syndicat international aux États-Unis permettra aux sections locales canadiennes d’utiliser davantage cet argent à la défense des intérêts des membres canadiens.

4.4 Enfin, il est grand temps de prendre en main la gestion intégrale de nos ressources financières ainsi que le développement organisationnel de notre syndicat canadien autonome.


5. Serons-nous isolés ?

5.1 NON ! Nous continuerons d’être affiliés à la FTQ, au Congrès du travail du Canada (CTC) ainsi qu’aux conseils régionaux.

5.2 La démarche que nous entreprenons n’est pas unique, bien au contraire. En effet, nous constatons que depuis 20 ans, les syndicats internationaux ayant des membres aux Canada se séparent afin de créer des syndicats canadiens et américains distincts. Au CTC, nous constatons qu’aujourd’hui 70% des syndicats qui y sont affiliés sont des syndicats canadiens comparativement à 30% il y a 20 ans.

5.3 Il est important de savoir que le CTC ainsi que la FTQ nous ont accordé leur plein appui dans le cadre de cette démarche.


6. Le service aux membres sera-t-il diminué ?

6.1 NON ! Nous maintiendrons tous les services actuellement offerts aux membres sans augmentation de la cotisation actuelle.


7. Qu’en est-il des prestations lors d’une grève ou d’un lock-out ?

7.1 Le syndicat canadien autonome maintiendra les prestations actuellement en vigueur et entend proposer des améliorations au fonds de défense.


Recommandation

Le comité exécutif du SEPB-Québec, constitué de la grande majorité de ses sections locales, a voté à l’unanimité une résolution supportant la création, comme le prévoit les statuts et règlements du Syndicat international, d’une structure canadienne autonome. Les sections locales se sont engagées à expliquer et recommander à tous leurs membres de signer cette autorisation de mettre en place ce projet.


Échéance très serrée

Il est important que cette opération s’effectue avant le 11 juin 2004 afin de signifier massivement notre appui à nos personnes dirigeantes dans la démarche d’autonomie canadienne. Cet exercice permettra à nos personnes dirigeantes de se présenter au congrès du Syndicat international avec un mandat clair et décisif.

C’EST LE TEMPS D’AGIR ET DE S’IMPLIQUER POUR L’AVENIR DE NOTRE ORGANISATION SYNDICALE AU CANADA !