Discours prononcé par Serge Cadieux, directeur québécois du SEPB-Québec, à l’occasion du congrès des TCA-Canada portant sur la négociation

Nouvelle

Consoeurs, Confrères,

Mes premiers mots sont d’abord pour remercier le confrère président, Buzz Hargrove, pour l’invitation qu’il m’a faite de venir m’adresser aux syndicalistes de mon syndicat d’origine. Je suis particulièrement heureux d’être ici parmi vous à l’occasion de votre 20e anniversaire à titre de Syndicat National. Nous, au SEPB-COPE, avons célébré le 1er anniversaire de notre indépendance face au Syndicat international le 20 juin dernier.

Au mois de novembre 2004, nous avons tenu le premier congrès de notre nouveau Syndicat National et, à cette occasion, nous avons été honorés d’avoir la présence de votre président, le confrère Buzz Hargrove, mon très bon ami, votre directeur québécois Luc Desnoyers, votre président fondateur, le confrère Bob White, et un autre ancien TCA, le secrétaire-trésorier du CTC, le confrère Hassan Hussef.

Notre Syndicat National est très reconnaissant de l’aide et de la solidarité dont a fait preuve votre syndicat à l’occasion de notre lutte pour obtenir notre indépendance face au Syndicat international. Merci encore à vos dirigeants et plus particulièrement à votre président, le confrère Buzz Hargrove, votre secrétaire-trésorier, le confrère Jim O’Neil, et votre directeur québécois, le confrère Luc Desnoyers.


LA SITUATION DU MOUVEMENT SYNDICAL AU QUÉBEC ET SA SPÉCIFICITÉ

Je vais maintenant vous parler de la situation du mouvement syndical au Québec, les luttes qu’il doit livrer et de sa spécificité.

Tout d’abord, le Québec est l’endroit en Amérique du Nord où le taux de syndicalisation est le plus élevé. Selon les dernières données disponibles par Statistique Canada, le taux de syndicalisation au Québec en 2004 était de 40 % comparativement à 27,8 % en Ontario, et 31,8 % pour le taux moyen au Canada. Aux Etats-Unis, le taux de syndicalisation est de moins de 15 %. Même si le Québec demeure la province canadienne la plus syndiquée à 40 %, c’est aussi celle où le taux de syndicalisation a le plus baissé comparativement à l’année 2003, passant de 41,2 % à 40 %. (1,2 point de pourcentage, soit une baisse de 3 %). Dans la majorité des autres provinces, entre 2003 et 2004, le taux de syndicalisation est resté sensiblement le même; moins de 0,5 point de pourcentage en plus ou en moins. Le nombre de syndiqués au Québec en 2004 s’est établi à 1 280 800 soit 22 700 de moins que l’année précédente mais presque 178 000 de plus qu’il y a cinq ans. La répartition des effectifs syndicaux au Québec est répartie comme suit : la FTQ représente environ 43 % des syndiqués, les syndicats indépendants 23 %, la CSN 21 %, la CSQ 9 % et la CSD 4 %. C’est la spécificité du Québec d’avoir quatre centrales syndicales comparativement à une seule pour le reste du Canada.

Cette baisse du taux de syndicalisation inquiète vivement le mouvement syndical québécois. Elle est notamment attribuable aux nombreuses pertes d’emplois syndiqués survenues dans le secteur manufacturier, entre autres, l’aéronautique, l’aluminium, le vêtement, le textile et le meuble. Par ailleurs, l’emploi est en croissance dans des secteurs largement non syndiqués, et même dans des entreprises anti-syndicales comme Wal-Mart.

Enfin, on ne peut pas dire que le gouvernement actuel du Québec a soutenu le mouvement syndical par ses législations, bien au contraire. Déjà en 2003, à l’occasion de la campagne électorale au Québec, Jean Charest avait déclaré, lors d’un discours prononcé à Sherbrooke, que le taux de syndicalisation au Québec était beaucoup trop élevé qu’il devrait se situer dans la moyenne canadienne, soit environ 32 %. Il faut comprendre que Jean Charest est un conservateur de droite qui a été récupéré du Parti conservateur du Canada par les fédéralistes du Québec pour diriger le Parti libéral du Québec croyant qu’il pouvait sauver le Canada et empécher la souveraineté du Québec.

Après avoir été élu en avril 2003, le gouvernement anti-syndical de Jean Charest passait à l’action sur le plan législatif pour livrer les commandes de ses petits amis du patronat et du milieu des affaires. Dès la première session parlementaire à l’automne 2003, il faisait voter sous le bâillon des lois anti-syndicales, notamment ; des modifications au Code du travail pour empêcher le transfert de l’accréditation et de la convention collective chez le nouvel employeur dans les cas de concessions partielles d’entreprise et de sous-traitance. Pourtant, les dispositions du Code du travail régissant les concessions partielles d’entreprises étaient en vigueur au Québec depuis 1961. Les jugements rendus par les tribunaux au Québec et même par la Cour suprême du Canada sur l’application de ces dispositions avaient apporté une stabilité juridique pour les accréditations et les conventions collectives dans les cas de concessions partielles d’entreprises et de sous-traitance et, par la même occasion, une relative paix industrielle au Québec.

Pour des raisons strictement idéologiques et pour faire plaisir à ses amis du milieu des affaires, le gouvernement Charest a choisi de remettre en cause la paix industrielle qui régnait au Québec et ce, dans le but de réduire l’accès à la syndicalisation. Dans la poursuite de cet objectif, son gouvernement a même voté une loi interdisant la syndicalisation des travailleuses et travailleurs des garderies en milieu familial et des travailleuses et travailleurs qui gardent à domicile des aînés ou des personnes en perte d’autonomie. Cette loi a été adoptée quelques mois seulement après que les tribunaux québécois en soient venus à la conclusion que ces travailleuses et travailleurs avaient droit à la syndicalisation en vertu du Code du travail du Québec.

Dans le secteur de la santé et des services sociaux, ce même gouvernement anti-syndical adoptait une loi qui remettait en cause toutes les accréditations syndicales existant dans ce secteur, mettant ainsi de côté les centaines de décisions rendues par les tribunaux du travail au cours des 35 dernières années qui définissaient les unités d’accréditations dans les établissements de santé et des services sociaux au Québec.

Cette loi a pour effet de créer un nouveau régime de représentation syndicale en fonction de cinq catégories de personnel avec, pour chaque établissement, l’obligation qu’un seul syndicat représente les travailleuses et travailleurs d’une catégorie et l’interdiction qu’une unité de négociation soit composée de plus d’une catégorie de personnel. Dans la réalité, cela veut dire une vaste campagne de maraudage entre les différents syndicats représentant des travailleuses et travailleurs du secteur de la santé et des services sociaux, une bataille que doivent se livrer une dizaine de syndicats.

Il y a environ 250 000 travailleuses et travailleurs qui sont visés par cette loi. Leur convention collective étant expirée depuis le 30 juin 2003, il est pratiquement impossible pour les syndicats impliqués de négocier le renouvellement des conventions collectives et ce, tant et aussi longtemps que les différents votes d’allégeance syndicale ne seront pas terminés.
Comment voulez-vous négocier une convention collective quand vous ne savez même pas qui vous allez représenter ou, même pire, représentez-vous encore un groupe de travailleuses et travailleurs après le résultat du vote? Au moment où je vous parle, l’opération des votes d’allégeance tenue par la Commission des relations du travail du Québec n’est pas encore terminée. Le processus devrait se terminer à l’automne 2005.


MOBILISATION DU MOUVEMENT SYNDICAL AU COMPLET

Devant ces attaques au droit à la syndicalisation et à la négociation, le mouvement syndical québécois s’est mobilisé pour tenter de faire reculer le gouvernement Charest. L’automne 2003 a donné lieu à plusieurs manifestations des différentes centrales syndicales. En novembre 2003, la FTQ et ses syndicats affiliés érigeaient des lignes de piquetage étanches devant les trois principaux ports du Québec, soit le port de Montréal, le port de Québec et le port de Trois-Rivières, empêchant ainsi toute activité économique transigeant par ces ports pendant 48 heures. Des barrages ont aussi été érigés sur plusieurs routes menant dans différentes régions du Québec pour empêcher le transport de marchandises et ainsi paralyser l’activité économique des différentes régions.

Par leur mobilisation, les travailleuses et travailleurs affiliés à la FTQ ont réussi à paralyser les activités économiques du Québec pendant une période de 48 heures, démontrant ainsi leur ferme volonté d’empêcher ce gouvernement de droite de saccager le tissu social au Québec. Plusieurs autres actions ont été menées par la FTQ et les autres centrales syndicales au Québec pour tenter de faire reculer le gouvernement Charest. Même si le gouvernement n’a pas reculé et il a quand même adopté ses lois anti-syndicales, les différentes centrales syndicales et leurs syndicats affiliés ont maintenu la pression sur le gouvernement et les travailleuses et travailleurs sont demeurés mobilisés pour faire reculer le gouvernement ou, à défaut, s’assurer qu’il ne sera pas réélu à la prochaine élection. Le 1er mai 2004 a donné lieu à la plus grande manifestation du mouvement syndical québécois où plus de 100 000 travailleuses et travailleurs ont manifesté pour dénoncer les politiques de droite du gouvernement de Jean Charest.

Parallèlement aux attaques dirigées contre le mouvement syndical, le gouvernement a décidé au même moment de rompre sa promesse électorale de maintenir à 5 $ le réseau québécois de garderies pour le faire passer à 7 $ avec une nouvelle formule d’indexation par la suite. Cette décision de revenir sur une promesse électorale a provoqué un mécontement dans la population en général et soulevé la mobilisation des parents et des groupes populaires.

Après seulement 8 mois au pouvoir, le gouvernement de Jean Charest commençait sérieusement à perdre la confiance de la population, perte de confiance qui n’a jamais cessé de s’accentuer depuis décembre 2003. Le 18 décembre 2003, un sondage de la maison CROP révélait que 80 % de la population québécoise appuyait les groupes sociaux dans leur lutte face au gouvernement Charest. Ce sondage révélait aussi que 61 % des Québécois se disaient insatisfaits du gouvernement Charest. Le même sondage révélait que si des élections avaient eu lieu entre le 5 et le 15 décembre 2003, le PQ aurait repris le pouvoir avec 41 % des intentions de votes des Québécois contre 36 % pour les libéraux et 20 % pour L’ADQ.

En janvier 2004, un nouveau sondage, réalisé pour Radio-Canada par la maison de sondage SOM, confirmait la baisse vertigineuse de la popularité du gouvernement Charest avec un taux d’insatisfaction atteignant 69,1 %, ce qui est pratiquement un record pour un gouvernement québécois qui est élu depuis moins d’un an. Le dernier sondage réalisé par CROP et publié dans le journal La Presse, le 2 juin 2005, révèle que 77 % des Québécois sont insatisfaits du gouvernement libéral de Jean Charest. S’il y avait eu des élections au Québec entre le 19 et le 30 mai 2005, le Parti québécois aurait pris le pouvoir avec 46 % des intentions de votes, 5 %
des québécois comparativement à 27 % pour le Parti libéral et 23 % pour L’Action démocratique du Québec.

La situation du Parti libéral ne risque pas de s’améliorer dans les mois à venir puisqu’un affrontement est imminent dès la rentrée de l’automne avec les quelque 550 000 travailleuses et travailleurs des secteurs public et parapublic. Les syndicats ayant remporté une victoire importante devant les tribunaux en janvier 2004 contre le gouvernement et contre des grandes entreprises du secteur privé sur l’application de la loi sur l’équité salariale exigent que le gouvernement employeur procède aux ajustements salariaux découlant de cette loi et qu’il accorde une augmentation de salaire pour le renouvellement de la convention collective. Le SEPB-Québec a été un des syndicats les plus impliqués dans cette contestation judiciaire.

Le gouvernement du Québec propose un cadre financier de 12,6 % sur 6 ans incluant les ajustements salariaux découlant de la Loi sur l’équité salariale, tandis que les syndicats demandent des augmentations de 12,5 % pour 3 ans excluant les ajustements salariaux découlant de la Loi sur l’équité salariale. Il est important de noter que la Loi sur l’équité salariale exigeait des employeurs que l’équité salariale soit réalisée en novembre 2001. Ce qui n’a pas été réalisé en totalité pour les travailleuses et travailleurs des secteurs public et parapublic. L’équité salariale est une chose et le renouvellement de la convention collective en est une autre. Selon une étude produite par l’Institut de la statistique du Québec, le salaire des employés de l’État est inférieur de 12 % à celui des autres salariés Québécois, et qu’ils occupent de plus en plus des emplois précaires : plus de 50 % d’entre eux ont un statut précaire (à temps partiel, sur appel, occasionnel, à contrat).

Les conventions collectives des quelque 550 000 travailleuses et travailleurs des secteurs public et parapublic sont échues depuis le 30 juin 2003. Une mobilisation comme rarement il nous a été donné de voir depuis les années 1970 dans les secteurs public et parapublic est actuellement en cours. Déjà au printemps dernier, les enseignants des niveaux primaire, secondaire et collégial, de même que les professionnels et le personnel de soutien tenaient des journées de grève rotatives pour forcer le gouvernement à régler leur convention collective avant l’été. Les syndicats dans le secteur de l’éducation exigent, entre autres, que le gouvernement investisse dans des services professionnels pour les élèves en difficulté. Les sondages démontrent que la population québécoise est sympathique aux revendications des syndicats du secteur de l’éducation.

Parallèlement aux grèves dans le secteur de l’éducation, les syndicats représentant les fonctionnaires à l’emploi du gouvernement ont eux aussi déclenché plusieurs journées de grèves tournantes dont, entre autres, au ministère du Revenu. À l’automne prochain se joindront à ce mouvement de grève, s’il n’y a pas d’entente sur le renouvellement des conventions collectives, les travailleuses et travailleurs du secteur de la santé et des services sociaux. C’est sans compter les travailleuses des Centres de la petite enfance qui tentent, elles aussi, de renouveler leur convention collective et qui ont exercé plusieurs journées de grève au printemps et ont donné le mandat à leur syndicat de déclencher une grève générale qui pourrait bien avoir lieu à la rentrée des classes en septembre prochain. Si le gouvernement de Jean Charest s’entête à maintenir sa dernière proposition salariale, l’automne 2005 sera le théâtre d’un affrontement majeur entre les quelque 550 000 travailleuses et travailleurs des secteurs public et parapublic et le gouvernement du Québec.

Dans un autre ordre d’idées, l’hiver 2005 a donné lieu à un affrontement entre le gouvernement et les associations étudiantes collégiales et universitaires du Québec. Le gouvernement voulait soustraire 103 millions de dollars au régime actuel de bourses, ce qui aurait eu pour effet d’endetter davantage nos étudiants ou tout simplement d’empêcher les étudiants les plus démunis de poursuivre leurs études. Forte de l’appui de l’opinion publique québécoise et de l’ensemble des groupes populaires et des syndicats, la mobilisation du mouvement étudiant québécois a réussi à faire reculer le gouvernement, qui a réinvesti les sommes d’argent dans le régime des prêts et bourses. Il s’agit d’une belle victoire pour la jeunesse, nous savons tous que l’éducation est une condition essentielle pour assurer le développement social et économique d’une société.
Les politiques de droite du gouvernement de Jean Charest sont majoritairement réprouvées par la population québécoise. Ces attaques menées par le gouvernement de Jean Charest depuis son élection en avril 2003 ont eu pour résultat une montée du militantisme syndical et social.

Si l’on prend le dossier de Wal-Mart, les TUAC du Québec mènent une bataille sans précédent pour tenter de syndiquer les employés exploités de cette multinationale anti-syndicale. La décision de Wal-Mart de fermer son magasin syndiqué de Jonquière, mettant au chômage quelque 200 travailleuses et travailleurs, parce qu’ils avaient exercé leur droit fondamental de se syndiquer a profondément choqué la population du Québec en général. Au Québec, des municipalités où Wal-Mart voulait s’installer ont même adopté des décrets lui interdisant d’ouvrir un magasin sur leur territoire. Les différents syndicats affiliés à la FTQ se sont mobilisés pour venir en aide financièrement aux travailleuses et travailleurs de Wal-Mart – Jonquière ayant perdu leur emploi. Le plan adopté par les syndicats de la FTQ garantit aux travailleuses et travailleurs le maintien de leur salaire pendant un an. De leur coté, les TUAC tentent de relocaliser les travailleuses et travailleurs dans des emplois syndiqués de la région.

En mai dernier, les différents syndicats affiliés à la FTQ ont fourni au TUAC une quarantaine d’organisateurs pour mener un blitz de signatures de cartes de membre des travailleuses et travailleurs du magasin Wal-Mart de Gatineau. Cette opération de solidarité des différents syndicats affiliés à la FTQ a permis au TUAC de déposer une nouvelle requête en accréditation fortement majoritaire. Les travailleurs de l’atelier mécanique ont obtenu leur accréditation. La CRT doit maintenant décider de l’accréditation des 200 travailleuses et travailleurs du magasin. Les TUAC sont aussi accrédités au magasin Wal-Mart de St-Hyacinthe. Ce magasin est le sinon le plus rentable de sa chaîne de magasins au Canada.
Si Wal-Mart décide de fermer son magasin le plus rentable au Canada, la riposte du mouvement syndical devra être des plus énergiques. Wal-Mart, ce n’est pas seulement la bataille des TUAC, c’est aussi la bataille du mouvement syndical au complet, c’est la bataille des sociaux démocrates face au capitalisme sauvage.

Comme vous pouvez le constater, ce ne sont pas les défis et les luttes qui manquent au Québec. Je suis personnellement confiant que la mobilisation du mouvement syndical et des groupes populaires nous permettra, aux prochaines élections générales au Québec, de nous débarrasser de ce gouvernement de droite pour élire un gouvernement plus respectueux des droits sociaux et des droits des travailleuses et travailleurs.

Comme vous le savez, ce qui nous distingue du reste du Canada, c’est la volonté ferme de plusieurs québécoises et québécois de faire du Québec un pays souverain.

Plusieurs raisons motivent ces québécoises et québécois, je ne tenterai pas ici de vous convaincre qu’ils ont raison. Je me contenterai de vous dire qu’il ne s’agit pas d’une aspiration passagère. La question de l’indépendance du Québec est au coeur du débat politique canadien et québécois depuis plus de 35 ans. Les quatre centrales syndicales québécoises, soient la FTQ, la CSN, la CSQ et la CSD sont favorables à la souveraineté du Québec. Cette vision est partagée par la presque totalité des syndicats affiliés à la FTQ, tant les syndicats nationaux que les syndicats internationaux. Votre syndicat au Québec est un des syndicats les plus actifs et les plus militants pour la souveraineté du Québec. La presque totalité des groupes populaires au Québec partagent cet objectif de pays.

Il n’y a pas que des désavantages pour les sociaux-démocrates du Canada advenant la souveraineté politique du Québec. Le jour où le Québec sera un pays souverain et qu’il ne fera plus partie de la Fédération canadienne, le NPD voit ses chances de pouvoir un jour former le gouvernement du Canada considérablement augmentées. Tant et aussi longtemps que le Québec fera partie de la Fédération canadienne, les chances du NPD de former le gouvernement du Canada sont pratiquement nulles. Dans toute l’histoire du NPD ou de son prédécesseur, seulement un candidat sous la bannière du NPD a été élu au Québec. Il s’agit de Philip Edmonston avant que le Bloc québécois n’existe comme parti politique fédéral. Le Québec est probablement la seule province au Canada où le NPD ne possède aucune assise politique.

Au Québec, le parti politique qui se rapproche le plus du NPD est le Parti québécois. C’est d’ailleurs sous un gouvernement du Parti québécois que notre Code du travail a été modifié pour interdire les briseurs de grève. C’est aussi un gouvernement formé par le Parti québécois qui a adopté la première Charte des droits et libertés de la personne, la Loi sur l’équité salariale et plusieurs autres lois favorables aux travailleuses et travailleurs ainsi qu’aux personnes les plus démunies. Quoi qu’il en soit, un travailleur qu’il soit canadien ou qu’il soit québécois, demeure un travailleur et il aspire à vivre dans une société plus juste, plus égalitaire, plus respectueuse de son environnement et ouverte sur le monde et les différentes cultures.

Consoeurs, confrères, ces valeurs fondamentales que nous tous du mouvement syndical partageons, maintiendront, j’en suis convaincu, nos liens de solidarité et de fraternité, et ce, peut importe l’avenir politique du Québec et du Canada.

Merci !

Bon vingtième anniversaire et bon congrès !