Crise des médias: la SEPB-Québec et la FTQ estiment que Québec doit agir

La Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec et le SEPB-Québec, face à la crise que traversent les médias, les médias écrits en particulier, demandent au gouvernement du Québec d’agir rapidement afin de sauver cette industrie. Pour la FTQ, en plus de mettre en péril l’information de qualité, cette crise représente un grand défi pour notre démocratie. Comme si ce n’était pas suffisant, nos médias sont littéralement vampirisés par les géants du Web qui s’approprient le contenu journalistique sans payer la moindre redevance.

Devant la Commission de la culture et de l’éducation sur l’avenir des médias, le président de la FTQ Daniel Boyer a livré un vibrant plaidoyer en faveur des médias.

« Nos gouvernements, et en particulier le gouvernement du Québec, doivent tracer une ligne et intervenir rapidement pour assurer l’avenir de nos médias. Ne pas faire payer ni taxes et impôts aux géants du Web, c’est comme si nos gouvernements encourageaient le travail au noir. Une société démocratique ne peut survivre sans des médias d’information en santé », déclare le président de la FTQ, Daniel Boyer.

Encadrer les GAFA

« Par exemple, les gouvernements ont le pouvoir d’agir et peuvent encadrer le siphonnage publicitaire des géants du Web, les GAFA (Google, Amazon, Facebook, Apple), qui profitent actuellement d’un avantage concurrentiel sans précédent, tout en accaparant le contenu journalistique sans payer aucune redevance aux producteurs de cette même information. C’est du jamais vu et cela doit être corrigé de façon urgente afin de donner un peu d’air à nos médias. Nos gouvernements doivent également mettre en place des programmes d’aide de façon à faciliter la production de contenus journalistiques de qualité », ajoutent d’une même voix Denis Bolduc, président du SCFP-Québec, Renaud Gagné, directeur québécois d’Unifor, et Pierrick Choinière-Lapointe, directeur exécutif du SEPB-Québec, syndicats affiliés à la FTQ.

« L’information n’est pas un bien de consommation comme les autres, c’est un bien public, il faut en être conscient. Les gouvernements ont une obligation morale et démocratique de soutenir l’information. La crise que traverse entre autres Groupe Capitales Médias, qui s’est mis sous la protection de la Loi sur les arrangements avec les créanciers des compagnies et qui assure une couverture journaliste dans plusieurs villes (Québec, Sherbrooke, Granby, Trois-Rivières, Saguenay – Lac-Saint-Jean, Ottawa – Gatineau), nous indique clairement qu’il y a un grand danger quant à la survie même de ces journaux. Par ailleurs, si jamais le pire devait arriver, fermeture ou vente, le gouvernement, comme principal créancier, devra porter une attention particulière au danger que représente la concentration de la presse », conclut le président de la FTQ, Daniel Boyer.